10.04.2008
Sous-bois, maison et paysage

Très intéressante proposition, au Centre National d’exposition, de l’artiste Marie-France Boisvert, originaire du Saguenay. Je ne la connais pas du tout, elle termine une maîtrise en création à l’Université du Québec à Chicoutimi.
L’ensemble s’intitule Lieux limites. Dans la grande salle, elle présente une haute structure faite de palettes de bois empilées jusqu'au plafond dans un désordre apparent. Sur les murs de cette même salle, de grandes toiles reprennent la thématique du bois, cette fois par la représentation de l'arbre, de la forêt. Le thème commun à tous ces éléments (naturels ou fabriqués par l’hommes) me semble être celui de l’humidité, de l’humus faudrait-il dire, que l’on sent presque se dégager des pièces. Comme si les racines de l’oeuvre, autrement dit les sources vives de la création, affleuraient dans ces images d’où pourtant la représentation humaine est absente.
Cette absence - ou alors autre chose - vient labourer le regard, en quelque sorte. Un bouleversement amorcé au moment où le visiteur regarde les dessins en noir et blanc exposés dans l'espace qui forme portique à la grande salle. On peut y distinguer des souches, des branches, des structures empilées aussi qui finalement évoquent des livres, des tours de livres, même il y a deux tours (peut-être trois, à droite) sur l'un des dessins... peut-on parler de “tours jumelles”?
Marie France Boisvert m’a semblé travailler à partir d’une véritable inspiration, ses créations ont quelque chose qui sort de l’ordinaire. Allez voir, elle est là jusqu’au 8 juin.
Émilie Rondeau
Dans l’autre salle quand je suis passée, il y avait une autre exposition pas mal, malheureusement terminée depuis le 30 mars, d’Émilie Rondeau intitulée Hiver. Un thème exploité de plusieurs façons: l’hiver vu de l’extérieur, de l’intérieur, en bleu ou en couleurs. L'artiste applique des techniques variées comme le dessin, l’impression, l’animation, à des photos et vidéos de paysages. Un peu hétéroclite, ce work in progress mérite tout de même l’attention. Comme vous le voyez sur les photos, la maison (intérieur et extérieur) occupe une place de choix dans ce travail.

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17.01.2008
Saltimbanco si !
J’ai été voir, ou plutôt revoir Saltimbanco, le spectacle du Cirque du Soleil, que j’ai vu pour la première fois lors de sa création en 1992, à Québec probablement.
Évidemment, dans un aréna comme le centre Georges-Vézina de Chicoutimi, le chapiteau si caractéristique du CDS nous manque un peu, à la fois pour l’atmosphère et parce que les numéros de voltige sont forcément un peu moins spectaculaires. De plus, mercredi après-midi, la salle était bien vide. Seulement la moitié des sièges occupés au parterre où je me trouvais, et presque personne dans les gradins du fond. J’ai donc pu me déplacer à ma guise pour obtenir la meilleure vue possible.
Ceci dit, j’ai bien aimé le spectacle en général. En fait je ne souvenais pas du tout de ce que j’ai vu la première fois. Très beaux costumes, image d’une troupe dynamique, allumée, impertinente, des artistes à la fois sympathiques et agiles à un point inimaginable.
Bizarrement, les numéros que j’ai le plus aimés étaient les plus dépouillés: une simple jonglerie avec de petites balles blanches, un cycliste qui fait tout et n’importe quoi avec son vélo, des acrobates au sol qui prennent des positions improbables. La beauté, le charme. Belle performance aussi, mais plus brouillonne en apparence, avec beaucoup de monde sur la scène, des acrobates qui s’élancent de la balançoire russe pour retomber sur leurs pieds, atterrissant sur un matelas tenu par leurs collègues.
Le duo des boleadoras, ces cordes terminées par un poids que font tourner un homme et une femme, est intéressant au point de vue de la performance, mais son style, western, ne cadre pas avec l’esprit et la scénographie de Saltimbanco, malgré le petit clin d’oeil au numéro du mime.
J’ai bien aimé les numéros de ce mime déguisé en jeune garçon. Il a trouvé un partenaire idéal dans un spectateur bedonnant aux cheveux blancs qui est vraiment entré dans son jeu et nous a donné des moments hilarants. Moments tout à fait incompréhensibles cependant pour les quelques jeunes enfants qui se trouvaient dans la salle.
Musique en direct, intéressante, parfois tonitruante et dérangeante. Quand elle devient plus tendre et romantique dans le numéro des bungees, on apprécie davantage cette partie où les artistes se laissent tomber au bout de leurs filins élastiques, même si le coefficient de difficulté est sans doute moins élevé que pour d'autres numéros.
Bref un beau spectacle, j’en ai vu quatre ou cinq du Cirque du Soleil, celui-ci était le premier, d’autres étaient peut-être mieux structurés et plus impressionnants, mais la première fois... c’est la première fois, que voulez-vous!
Surtout si on ne s'en rappelle pas! (hi hi)
La majorité des gens du Saguenay n’ont jamais vu un spectacle du Cirque du Soleil: c’est donc fort bien qu’ils aient ainsi accès à l’un des fleurons de la culture québécoise. Les billets coûtent cher, mais le prix est justifié par le personnel, le matériel et l’organisation indispensables pour assurer la réussite technique et la sécurité d’un tel spectacle.
En revanche, je trouve tout à fait inacceptable de payer 15$ pour le programme vendu à l’entrée: je n'en ai pas acheté, et je n'ai vu personne le faire.
20:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Québec, Saguenay
15.01.2008
Macbeth
J’ai donc été voir Macbeth samedi dernier au cinéma Jonquière, en direct du Metropolitan Opera de New York. Contexte historique transposé au 20e siècle, avec un lit, un paravent, une lampe suspendue, des lustres qui montent et descendent, des arbres, une clairière, un sous-bois, on pense à la Roumanie, aux guerres, aux réfugiés, aux clochards. En général ça fonctionne assez bien, sauf pour quelques détails. Une jeep sur la scène: pas très original et ça n’apporte rien de neuf. Et l’image de la forêt armée est par trop simpliste.
Deux interprètes principaux magnifiques, qui rivalisent de présence, de puissance scénique et vocale: l’Ukrainienne Maria Guleghina et le baryton serbe Zelko Lucic (photo à gauche), impressionnants à tous égards, tellement bons que l’on croit à cette invraisemblable surenchère d’ambition et de folie meurtrière entre Macbeth et Lady Macb
eth. Belle performance également des deux ténors, Dimitri Pittas en Macduff, et Russell Thomas en Malcolm, qui offrent un très bon duo à la fin. Direction nerveuse et vivante du chef James Levine. Plus des interviews avec tout ce beau monde.
La bonne nouvelle s’est répandue à Saguenay: il y avait bien 30 personnes cette fois, j’en connaissais plusieurs, et tout le monde a trouvé l’expérience formidable.
Dans Le Devoir, le critique Christophe Huss déplore que cette prestation ait mis en lumière et en vedette le travail du régisseur et metteur en images (Gary Halvorson, c’est l’article qui m’a appris son nom, car je ne l’avais pas retenu) en nous le montrant en régie, devant ses consoles avant le début des scènes et des actes. Le journaliste lui reproche d'avoir tenté en quelque sorte de voler la vedette au spectacle qu'il était chargé de montrer.
Pour ma part j’aimais bien le voir suivre la partition et ses notes pour donner les indications aux musiciens: j’ai adoré observer son travail.
Chacun ses goûts.
20:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Québec, Saguenay
07.01.2008
L'opéra au cinéma
J’ai assisté à un opéra du Metropolitan! Au cinéma. À Jonquière. Une expérience extraordinaire! Il faut dire que l’oeuvre présentée était Roméo et Juliette, de Gounod, l’un des meilleurs opéras du répertoire français, pour la musique et les textes.
Donc, le cinéma Jonquière est entré dans la parade des cinémas du Québec et d’ailleurs en Amérique qui présentent, en direct et en haute définition, certains opéras du Met le samedi après-midi.
Il n’y avait qu’une dizaine de personnes, en ce samedi 5 janvier, mais c’était presque la première représentation, et on n’en a pas du tout entendu parler dans les médias. J’espère que ça ca se répandre et que tous les mélomanes et amateurs d’opéra de la région vont s’y précipiter, comme les gens le font ailleurs au Québec depuis l’an dernier.
Roberto et les autres
Le ténor français Roberto Alagna incarnait Roméo : très bon chanteur, et rien de tel qu’un francophone pour chanter ce répertoire français!. Sa partenaire, la Russe Anna Netrebko, prononce assez mal le français, mais elle chante et joue fort bien. On ne peut pas en dire autant des rôles secondaires, tous assez mauvais à mon avis, exception faite d’Isabel Leonard, qui a obtenu une ovation méritée pour son air très réussi de Stephano.
Parmi les nombreux avantages de la diffusion au cinéma (j'en reparlerai d'ailleurs dans une future note): les gros plans permettent de suivre l’expression des chanteurs et d’avoir des vues en plongée. On nous offre des images de la salle, de l’orchestre, et même de ce qui se passe en coulisses pendant les changements de décors, ce qui est impossible quand on est dans la salle.
À l’entracte, entrevue réalisée par la diva Renée Fleming avec les deux vedettes, et un peu plus tard, avec le directeur musical, Placido Domingo. Elle lui demande s’il n’est pas épuisé car il chantait la veille au Met dans un autre opéra. Avec sérénité et ferveur, il répond que la musique, c’est sa passion, sa vie, alors il est heureux et pas fatigué. Belle tête blanche de patriarche, il aura 67 ans le 21 janvier prochain: quel artiste!
Courez-y
Bref, j’ai été enchantée, stimulée, bouleversée, ragaillardie par cette expérience, que je conseille à tous les amateurs d’opéra, de spectacle, de musique. (Un seul bémol: le son, qui faisait un peu ké-kanne par bouts, mais rien pour empêcher d’apprécier l’expérience). Allez sur le site de Ciné Entreprise pour connaître les titres et les dates de diffusion. Chaque opéra est présenté deux fois: une première fois en direct, et une autre fois en rediffusion. Au programme, jusqu'en mai: Hansel et Gretel, Macbeth, Manon Lescaut, Peter Grimes, La Bohème, La fille du régiment et Tristan et Isolde, de Wagner, qui dure cinq heures. Je ne sais pas si je vais me décider pour celui-là, mais j’aimerais bien faire l’expérience.
À noter: les représentations ne commencent pas toutes à la même heure. Comme la première diffusion est en direct, on commence à la même heure que le Met, entre midi 30 et 13h30 selon la durée de l’oeuvre.
Autres renseignements sur le site du Met.
08:52 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Québec, Saguenay
19.12.2007
Départ d'une pionnière
Pierrette Lamontagne Gaudreault vient de mourir à 85 ans.
Quand j’ai fait mes débuts comme journaliste, elle était très présente, pour ne pas dire omniprésente dans le milieu culturel saguenéen: elle avait fondé l’Institut des Arts au Saguenay toute seule ou presque (avec l’aide de son mari, un homme effacé et dévoué), elle faisait venir des artistes renommés pour y donner des cours de peinture, de danse de musique, d’abord dans sa propre maison à Jonquière, puis dans une école, puis elle a obtenu les fonds (fédéraux) pour bâtir le Centre culturel de Jonquière.
C’était une fonçeuse qui n’avait peur de rien ni de personne, une maîtresse femme qui savait obtenir ce qu’elle voulait.
J’ai eu souvent affaire à elle à titre de journaliste: elle pouvait me parler pendant des heures de la beauté de l’art, de la nécessité d’y initier les enfants, mais en ce qui concerne l’argent, les dates, les budgets, elle devenait évasive. Si j’insistais pour connaître le montant d’une dépense ou d’un investissement, elle se refermait comme une huître, devenait impatiente et me priait de changer de sujet. Ce n'est pas qu,ell avait des choses à cacher: simplement, cet aspect-là de son activité ne lui semblait pas très important.
Le Saguenay lui doit beaucoup, en fait, car le Centre culturel de Jonquière a été un ferment important pour le développement des aptitudes artistiques chez les jeunes, et il a été à l’origine de plusieurs carrières artistiques.
D’ailleurs, dans ces années-là (50-60), le théâtre, la danse et dans une moindre mesure, la musique, domaine où Chicoutimi était fort active, c’est à Jonquière que ça se passait.
Un jour, Chicoutimi a eu son centre culturel, mais c’était plusieurs années plus tard, avec une vocation différente, et en fait, ce centre culturel chicoutimien n’a jamais réellement existé dans la tête des citoyens. Peut-être parce qu’on (les fonctionnaires de la Ville et du gouvernement) s’est obstiné à le nommer Centre des arts et de la culture, plutôt que Centre culturel...
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17.07.2007
Le bois
Pendant ma petite escapade à Saint-Jean-Port-Joli, j'ai visité le Musée des Anciens Canadiens, consacré à l'histoire de la sculpture sur bois au Québec, et en particuler dans ce petit village où sont nés et ont travaillé les Frères Bourgault. On y trouve aussi des artistes plus modernes, qui ont tenté de renouveler le genre. Le musée est au sous-sol, sympathique bien que très petit. Au rez-de- chaussée, une boutique avec plein d'objets à vendre, les éternels "cossins" en bois, figurines, porte-coés, gobelets, bateaux, sculptés à la main, peut-être, mais en série, ce qui ne m'a pas incitée à acheter.
Je vous présente ici deux oeuvres du musée qui m'ont semblé sortir de l'ordinaire:

La Chimère, de Michel Desmeules, en noyer


Un autre genre de musée: le musée de la Moto, aussi à St-Jean-Port-Joli, annoncé par cette installation placée au bord de la route...

09:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











