03.05.2008
Invitation à l'Auberge
L’Auberge du Cheval blanc de Ralph Benatzky: c’est l’opérette que présente la Société d’art lyrique du Royaume
du 7 au 11 mai 2008, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.
Je vous invite donc, chers lecteurs de ce blogue, à assister à ce spectacle joyeux, coloré, plein de surprises, ainsi que le promet le metteur en scène Éric Chalifour. Sur la photo, Geneviève Couillard-Després, qui joue Josépha, la belle aubergiste. À droite, l'affiche d'une mise en scène présentée au théâtre du Châtelet, à Paris en 1960.
Chanteurs et acteurs, choristes, musiciens: je connais la plupart d’entre eux et tous sont formidables, allumés, et répètent sans relâche depuis des semaines et même des mois.
Allez voir sur le site de la SALR pour la distribution et l'horaire des représentations.
Ou encore sur le réseau reservatech pour acheter des billets.
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La SALR
Je me promets depuis longtemps de parler ici de la Société d’art lyrique du Royaume. Cette organisation, qui a 21 ans d’existence,
présente chaque année un spectacle musical, la plupart du temps une opérette, en français, entièrement montée au Saguenay, avec des chanteurs saguenéens et/ou québécois.
Quand j’étais journaliste, je suivais de près les activités de cette organisation qui est l’un des joyaux de l’art lyrique au Québec, et dont les artisans sont toujours animés d’une immense passion pour la musique et le spectacle. De petites équipes dynamiques et allumées arrivent à faire des choses formidables, avec des moyens fort limités. Nous (je dis nous car depuis ma retraite je fais partie du conseil d’administration de la SALR) n’avons pas les budgets d’un Robert Lepage ni même de l’Opéra de Québec...
Mais la tradition de l’opérette annuelle, dans notre région, remonte à bien plus loin encore, en fait à 1971 alors qu’un petit groupe de personnes se sont réunies pour présenter l’Auberge du Cheval Blanc, de Ralph Benatzky, à l’auditorium Dufour, dans le cadre du Carnaval Souvenir de Chicoutimi. Comme cet événement - aujourd’hui disparu - avait pour but de souligner 100 ans d’histoire, l’idée de préparer un spectacle écrit il y a environ 100 ans a fait son chemin.
À cette époque, il n’était pas vraiment question de subvention: tout se faisait à la bonne franquette, avec des gens intéressés à le faire, qui ne demandaient pas de salaire.
Plusieurs acteurs et musiciens de la région y ont fait leur marque à différentes époques: Olivette et Ghislain Bouchard, Stan d’Haese et Madeleine Gauthier, Alva Chiasson, Roger Girard, le chef d’orchestre Normand Laprise, pour ne nommer que ceux-là. Le baryton Jean-François Lapointe, qui y a fait ses débuts sur scène en 1983, est revenu chanter dans de nombreuses productions et a occupé plusieurs fonctions (metteur en scène, directeur musical, président, directeur général) à la SALR dans les années 1990.
Les temps ont changé, mais la tradition s’est maintenue, chaque année, il y a eu une opérette à Chicoutimi.Depuis l’an dernier, alors que nous présentions La Veuve joyeuse, c’est à Jonquière, mais en fait Chicoutimi et Jonquière sont une seule et même ville maintenant: Saguenay.
Sur la photo: quatre des interprètes de l'Auberge du Cheval blanc 2008: Marie-Ève Munger, ThomasMacleay, Geneviève Couillard-Després et Patrick Mallette.
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01.05.2008
Cher hiver...
23:03 Publié dans Tranche de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.04.2008
Te quiero... Juan !
Quels artistes! Quels chanteurs! Je parle de Juan Diego Florez, le beau Péruvien qui nous a tous charmés, autant les hommes que les femmes, par sa prestation dans la Fille du régiment, de Gaetano Donizetti, mise en scène de Laure
nt Pelly, présentée au Metropolitan Opera de New York et diffusée en direct au cinéma Jonquière, le samedi 26 avril. Une superbe voix de ténor, pure et souple, pas hyper puissante, mais déliée, impeccablement juste, agile et performante. Son grand air parsemé de contre-uts a été applaudi à tout rompre au Met, et même dans la salle à Jonquière.
Et de Natalie Dessay, une formidable soprano capable d’assumer les plus grandes acrobaties vocales, par exemple de descendre une cascade d’arpèges tout en maniant le fer à repasser.
En plus ils se complètent parfaitement, lui en Tonio, amoureux un peu benet au jeu assez uniforme (!), mais dieu qu’il chante bien. Et son léger accent espagnol ajoute du charme à son phrasé. Une vraie machine à chanter: il disait en interview qu’il ne répète pas beaucoup, laissant entendre que c’est facile pour lui. Cela a l’air facile en effet... on l’écouterait pendant des heures.
Elle en Marie, dynamo survoltée, véritable Fifi Brindacier sur le 220: un jeu débridé, des mouvements dans tous les sens: artiste accomplie à tous points de vue, capable aussi de sensibilité et de retenue dans quelques airs un peu plus profonds.
Le reste de la distribution était aussi tout à fait à la hauteur.
Production brillante, joyeuse, drôle et fine, mise en scène moderne, fraîche, vivante et subtile.
Nous étions un bon petit groupe au cinéma Jonquière, peut-être une centaine, et tout le monde en est sorti enchanté, le sourire aux lèvres.
Une belle façon de terminer cette saison du Met, et nous avons eu un avant-goût de la prochaine saison de diffusion au cinéma: ça promet, j’espère qu’on aura tout ça à Jonquière.
Pour ceux qui voudraient se reprendre, la Fille du régiment sera rediffusé au cinéma Jonquière le samedi 10 mai à 13h30.
Si vous voulez voir des photos de l’équipe et des vidéos extraits de l’opéra (notamment le grand air Ah mes amis -Pour mon âme), allez sur le site de mon Jack.
Soirée bizarre
J’avais prévu assister, le soir, au concert de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec la soprano Nathalie Paulin, dans un beau programme du 20e siècle (Debussy, Poulenc...). Mais j’ai dû y renoncer, car je ne me sentais pas très bien: faible, nauséeuse. J’ai avalé une soupe, pris un bon bain chaud et passé le reste de la soirée en robe de chambre, à écouter le hockey et lire les journaux... Pas mon genre, d’habitude, mais vraiment, je me sentais patraque.
13:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.04.2008
Une émeute???
Il y a eu de la casse après la victoire du Canadien sur les Bruins. Des incidents disgracieux et déplorables, certes. On accuse la police
d'avoir manqué de vigilance et de prévoyance. Peut-être qu'en effet les policiers auraient pu intervenir plus vigoureusement. Mais alors on aurait déploré la violence policière...
Ce qui me chicote dans tout ça, ce ne sont pas ces débordements somme toute limités. C'est l'incroyable attention portée, autant par les amateurs que par les médias, à ce qui n'est après tout qu'un sport. Je ne parle pas de l'"émeute" de lundi, mais du hockey en général. C'est la même chose ailleurs, d'ailleurs, pour d'autres sports.
Je comprends fort bien que l'on soit partisan d'une équipe et que l'on souhaite sa victoire, que l'on festoie un peu en cas de succès (sur la photo, Tomas Plekanec et Carey Price). C'est mon cas, en ce qui concerne le Canadien (mais je préférais les Nordiques!) et parfois je m'énerve en écoutant un match. Mais une fois qu'il est terminé, c'est fini. Victoire ou défaite, cela n'affecte pas mon humeur. Il y a autre chose que le hockey dans la vie.
Pensez un peu... si tous les partisans du Canadien qui hurlent leur joie au Centre Bell et dans la rue consacraient la même énergie à lutter contre la pauvreté, la faim dans le monde, la violence contre les enfants ou les femmes...
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21.04.2008
Belle jeunesse
Dimanche, concert de la chorale Jeunesse en Choeur, fondée il y a 20 ans par Gisèle Munger, qui en est toujours la directrice. Comme son nom l’indique, elle est formée de jeunes, certains très jeunes, il y a aussi des adultes. Un bon concert, bien préparé et bien mené par la directrice et ses assistants. (J’ai pris des photos, mais elles ne sont pas bonnes, alors je ne peux en passer ici).
Tous ces gens, les jeunes solistes en particulier, ont de fort belles voix, chantent très juste, le répertoire est varié, accessible pour eux et pour le public.
Ils ont rendu hommage à Gisèle Munger, qui était bien entendu très émue.
C’était simple, sympathique, drôle par moments, comme la mise en scène de la chanson Le gâteau empoisonné (tirée d’Astérix), ou émouvant pendant la très belle chanson Un ami dans la vie (chantée entre autres par Luc Blackburn), entièrement composée et arrangée par des gens de la région, qui tient fort bien son rang dans le répertoire d’oeuvres pour chorales.
Ces jeunes amateurs manifestent un grand amour de la musique et, encouragés et guidés par leur directrice, ils le développent et le font partager grâce à la pratique régulière du chant.
Il y avait aussi la soprano Marie-Ève Munger (fille de Gisèle), toujours aussi agréable à voir et à entendre, avec son grand succès (“Les oiseaux dans la charmille”, la chanson d’Olympia, la poupée des Contes d’Hoffman), l’Ave Maria de Gounod, La Wally et la chanson de la diva du film Le cinquième élément (photo) avec ces incroyables vocalises, comme autant de citations d’opéras célèbres.
Un bel après-midi, somme toute.
17:19 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.04.2008
Meurtre légal
L’exécution d’un condamné à mort par injection de trois produits est déclarée légale aux États-Unis. Étrange pays où on tente de dissimuler, sous des dehors “humains” la barbarie du meurtre érigé en acte légal et permis.
Condamner à mort, c’est répondre à l’éventuelle sauvagerie d’un meurtre ou d’un crime commis par un individu par une sauvagerie encore plus grande: le meurtre institutionnel, décidé, approuvé et encadré par l’État.
Le bourreau est un criminel payé par l’État pour tuer tout en ayant l’air de faire autre chose: donner un spectacle, accomplir un devoir, endormir quelqu’un...
Si on tranchait la tête du condamné, en public, comme on le faisait autrefois, est-ce que le peuple accepterait cela? Il me semble que ça protesterait plus fort, mais je n’en suis pas certaine.
Les exécutions publiques sont encore monnaie courante dans nombre de pays, avec lesquels d’ailleurs les États-Unis font de bonnes affaires.
Tout procès qui aboutit à une condamnation à mort est à mon avis un simulacre de procès, y compris aux ÉU. Cependant je reconnais que c’est pire ailleurs, en Chine par exemple, et dans nombre d’autres pays où les “droits de l’homme" n’existent tout simplement pas.
Là se déroulent des exécutions sommaires, sans même un simulacre de procès, et nous avons bien peu d'informations sur le nombre et sur la cruauté de ces crimes.
22:38 Publié dans Tranche de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.04.2008
France et Andrée
Juste un petit fait, en passant, pour ceux et celles qui ne l'auraient pas encore noté:
France Boucher, l'incompétente présidente de l'Office de la langue française, qui s'est ridiculisée en tentant de faire avaler des couleuvres aux journalistes - et au public - à propos des études sur le français au Québec, eh bien c'est la fille d'Andrée Boucher, la défunte mairesse de Québec.
Voilà....
22:36 Publié dans Observation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.04.2008
Allergique à Wagner !
Tristan und Isolde, de Richard Wagner, production du Metropolitan projetée au cinéma Jonquière : sauf quelques bons passages de l’orchestre, dirigé, comme toujours, avec amour par James Levine, rien ne m’accroche.
En écoutant les belles voix de Deborah Voigt et de Robert Dean Smith (photos sur cette page) chanter leurs airs monotones, répétitifs, sans mélodie et sans charme, j’ai pensé que Wagner, en écrivant ses interminables opéras, n’avait qu’un seul but : abuser de la patience du public.
Le duo d’amour de Tristan et Iseult, la mort de Tristan, la colère d’Iseult: chacun de ces passages dure 45 bonnes minutes. Tout cela est interminable et pourrait se régler en 5 minutes comme tout bon air d’opéra. Impossible pour moi d’accéder à cette passion exprimée par une musique et un texte exacerbés, hypertrophiés, surdimensionnés. La subtilité, le non-dit, la concision, oubliez ça: Wagner ne connaît pas ça.
Dans le décor dépouillé et magnifiquement éclairé de cette production du Met, il ne se passe à peu près rien et les quelques actions au programme durent environ six secondes chacune. Le reste du temps, les chanteurs chantent, il faut les écouter. Ils chantent bien ceci dit, Mme Voigt a un beau visage expressif, lui un visage ingrat et une très belle voix. Ce sont d'ailleurs de superbes artistes, que je respecte totalement, et ils accomplissent là quelque chose de surhumain. 
J’y suis allée parce que j’étais curieuse, étant donné que tant de gens aiment, adorent Wagner. Maintenant je sais: je sais que je suis totalement insensible, sinon allergique à ce compositeur. Je suis contente d'avoir vu Tristan, contente d’être restée jusqu’à la fin (durée totale : cinq heures et dix minutes) malgré l’envie que j’avais, au moins jusqu’au milieu, de m’en aller (je connais quelqu’un qui l’a fait), d’ailleurs le dernier acte était le meilleur, et contente enfin de savoir que s’il y a d’autres opéras de Wagner présentés au cinéma, je pourrai décider en toute connaissance de cause de ne pas y assister.
Le concept de diffusion était spécial, avec des cadres virtuels superposés à l’image et divisant celle-ci en petites cases. Intéressant mais pas tout à fait convaincant. La responsable de cette captation a expliqué son travail lors d’une interview. Il y a aussi eu un reportage sur le montage du décor et du système d’éclairage sophistiqué.
J’ai aimé les interviews (réalisées par Susan Graham, que j’ai entendue une fois chanter à Montréal) avec Deborah Voigt affirmant que ça prend de bons souliers pour chanter Wagner, avec Michelle DeYoung, tellement grande qu’elle doit s’éloigner de Voigt pour éviter de mettre en évidence leur différence de taille, avec la responsable du casting qui disait la difficulté de recruter un Tristan à la dernière minute parmi les quelque 10 ténors dans le monde capables d’assumer le rôle (Ben Heppner, engagé pour le rôle, a été malade et a dû manquer quelques représentations).
En somme, j’ai mieux aimé les entractes que les actes!
19:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.04.2008
Sous-bois, maison et paysage

Très intéressante proposition, au Centre National d’exposition, de l’artiste Marie-France Boisvert, originaire du Saguenay. Je ne la connais pas du tout, elle termine une maîtrise en création à l’Université du Québec à Chicoutimi.
L’ensemble s’intitule Lieux limites. Dans la grande salle, elle présente une haute structure faite de palettes de bois empilées jusqu'au plafond dans un désordre apparent. Sur les murs de cette même salle, de grandes toiles reprennent la thématique du bois, cette fois par la représentation de l'arbre, de la forêt. Le thème commun à tous ces éléments (naturels ou fabriqués par l’hommes) me semble être celui de l’humidité, de l’humus faudrait-il dire, que l’on sent presque se dégager des pièces. Comme si les racines de l’oeuvre, autrement dit les sources vives de la création, affleuraient dans ces images d’où pourtant la représentation humaine est absente.
Cette absence - ou alors autre chose - vient labourer le regard, en quelque sorte. Un bouleversement amorcé au moment où le visiteur regarde les dessins en noir et blanc exposés dans l'espace qui forme portique à la grande salle. On peut y distinguer des souches, des branches, des structures empilées aussi qui finalement évoquent des livres, des tours de livres, même il y a deux tours (peut-être trois, à droite) sur l'un des dessins... peut-on parler de “tours jumelles”?
Marie France Boisvert m’a semblé travailler à partir d’une véritable inspiration, ses créations ont quelque chose qui sort de l’ordinaire. Allez voir, elle est là jusqu’au 8 juin.
Émilie Rondeau
Dans l’autre salle quand je suis passée, il y avait une autre exposition pas mal, malheureusement terminée depuis le 30 mars, d’Émilie Rondeau intitulée Hiver. Un thème exploité de plusieurs façons: l’hiver vu de l’extérieur, de l’intérieur, en bleu ou en couleurs. L'artiste applique des techniques variées comme le dessin, l’impression, l’animation, à des photos et vidéos de paysages. Un peu hétéroclite, ce work in progress mérite tout de même l’attention. Comme vous le voyez sur les photos, la maison (intérieur et extérieur) occupe une place de choix dans ce travail.

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