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03/03/2011

Recto-Verso: sous la jupe des marionnettes

recto-verso,vicky côté,salle murdock,patrick simardExpérience un peu troublante dimanche dernier (27 février): je suis allée voir un spectacle... et nous étions deux spectateurs dans la salle: moi et le facteur culturel! Les six concepteurs et artisans auraient pu annuler, mais ils ont décidé de jouer... pour nous deux:  c'était très bon, et j'ai finalement aimé l'expérience.

Heureusement, c'était à la salle Murdock, qui est plutôt petite.

Le spectacle: Recto-Verso, conçu par Vicky Côté, dont je suis le travail depuis quelques années, et Patrick Simard. Les deux artistes (entourés de quelques collaborateurs) assurent la conception, l'écriture, la scénographie, et bien entendu l'interprétation de cette courte pièce divisée en deux parties. D'abord, un spectacle de marionnettes: au bar-discothèque le Boa, barman, disc-jockey, employés et clients se recto-verso,vicky côté,salle murdock,patrick simardrencontrent, se confient, s'affrontent, vivent des drames grands et petits, des histoires d'amour, entre les cocktails, la musique, le karaoké et la danse.

Les marionnettes qui représentent ces personnages sont grossièrement bricolées, pas vraiment jolies, l'ambiance est à la fois glauque, trash... et sympathique. On sent que tout ça est à prendre au second degré, c'est relativement amusant et tout se termine bien...

Mais justement, ce n'est pas fini. Voici que commence la deuxième partie: les deux manipulateurs, invisibles jusque-là, se présentent au public, décrochent tous les rideaux et tissus qui les dissimulaient pendant la représentation, enlèvent leurs vêtements noirs, sous lesquels ils portent un costume blanc. Et ils rejouent le même spectacle, mais cette fois, on les voit, on voit le détail de leur travail: deux êtres humains accroupis dans un espace réduit, obligés, pour suivre la bande sonore qui défile implacablement, de lever le bras, de changer d'accessoires, de se déplacer, de se toucher, de ne pas parler, de faire vite. Un travail, un travail comme un autre,  routinier ou ennuyeux par moment.

recto-verso,vicky côté,salle murdock,patrick simardIls vivent eux-mêmes, en direct devant nous, une tranche de leur propre vie: moments de complicité, tentative de rapprochement, colère, réconciliation. Tenus au silence, ils s'expriment par petits gestes ou regards, en contradiction ou en accord avec ceux qui sont commandés par le spectacle.

Fascinante, cette présentation de l'histoire sous l'histoire, cette mise en abyme qui met en parallèle, par un jeu de similitudes et  de contrastes, l'aventure humaine supposée être la vraie, tandis que celle des marionnettes serait une fiction. Mais nous sommes au théâtre, donc dans la fiction de toute façon. Il faudrait donc peut-être établir une gradation dans la teneur fictionnelle (de chacun des deux univers): question intéressante pour les théoriciens, non?

À la fois comique et troublant, Recto-Verso est réalisé avec peu de moyens financiers (comme en général les productions régionales), mais beaucoup d'intelligence, d'astuce et d'imagination. Comme on dit, c'est simple mais il fallait y penser.

Encore du beau travail, bien fait, par des créateurs qui croient à leur art.

Il reste quatre représentations: aujourd'hui (jeudi), vendredi et samedi à 20 heures, et dimanche à 14 heures.

Le Quotidien a parlé du spectacle.

17/01/2011

La galaxie Quidam

quidamRoueSoleil.jpgL'homme dans la roue (photo Patrice Laroche, Le Soleil)

 

Quidam à Chicoutimi: je n'allais pas manquer ça. J'ai vu ce spectacle du Cirque du Soleil l'année de sa création, en 1996 à Québec. Voici mon billet:

 

96QuidamBillet.jpgJ'y donc allée samedi, avec mon âme d'enfant: nous avons beaucoup aimé. Comme toujours au Cirque du Soleil, il faut entrer dans le jeu, écouter, regarder, s'abandonner totalement.

afficheQuidam.jpgLes numéros lents, zen ou dramatiques (contorsion aérienne avec soie, équilibre sur canne, équilibre à deux) alternent avec les numéros dynamiques à couper le souffle (cordes lisses, cordes volantes, cordes à sauter, diabolo). Ceux que j'ai nommés sont les meilleurs à mon avis, mais ils sont tous bons, chacun a son charme particulier.

Une mise en scène théâtrale enveloppe le tout d'une atmosphère étrange, intemporelle. Musiciens, danseurs, comédiens, acrobates. Visages souriants ou graves, corps ramassés, étirés, tordus, tenant, soutenant, lançant d'autres corps, se déplaçant au sol ou voltigeant dans les airs. Images, chorégraphies, mini-scènes de théâtre, brèves apparitions de personnages énigmatiques. Magie, mystère, humanité, beauté. Conduite par l'homme sans tête à l'imperméable et au parapluie, la troupe nous emmène en voyage, en apesanteur, hors du temps et de l'espace.

___________________

Quelques notes (plus prosaïques) sur la représentation au centre Georges-Vézina, le samedi 15 janvier 2011 à 16 heures:

- La participation du public (spectateurs choisis au hasard) pour deux numéros: le premier, avec une jeune femme que tente de séduire un clown, a été un succès. Le suivant, tournage d'une scène de cinéma avec quatre spectateurs, fut un peu laborieux et s'est étiré en longueur, car le clown-cinéaste peinait à faire comprendre ses ordres à sa troupe improvisée.

quidamDiabolo.jpg- J'étais assise dans les gradins à l'arrière, et non au parterre comme les deux années précédentes (pour Saltimbanco et Alegria): j'avais une bien meilleure vue d'ensemble, et je sentais bien l'ambiance, l'émerveillement des gens autour de moi.

- En revanche, c'est incroyable comme on est tassé dans ces sièges d'aréna. De vraies sardines, surtout l'hiver avec les manteaux, les foulards, les chapeaux, qu'il faut enlever car il fait très chaud. Je devais retenir à deux mains mon manteau, posé sur mes genoux, pour éviter qu'il touche la tête du spectateur assis devant moi.

- C'était écrit sur le billet et affiché à l'entrée qu'il est interdit d'apporter des appareils photo et caméras vidéo dans la salle sous peine d'expulsion. Mais avant le début du spectacle, tout le monde consulte son iPod ou son téléphone cellulaire: il est très facile de prendre des photos (de piètre qualité cependant) avec ces appareils...

 

quidammeCOuple.jpg

- Pendant les deux semaines précédant le spectacle, rien, autour du centre Georges-Vézina, n'évoquait la présence du Cirque du Soleil à Chicoutimi. Il me semble que cela aurait été la moindre des choses.

- Aucune affiche, aucune banderole, même pas un message (en tout cas je n'en ai pas vu) sur le tableau électronique placé devant l'édifice. Quand je suis allée acheter mon billet au guichet, deux jours avant la représentation, seule une petite affiche dans une porte vitrée annonçait le spectacle. Tout le reste, affiches, publicités, flèches indicatrices, ne parlait que des Saguenéens (junior majeur).

D'ailleurs, les trois autres personnes qui se sont présentées au guichet pendant que j'y étais voulaient des billets pour un match des Sags. Comme si le cirque dérangeait tout ce beau monde. Bizarre....

16/12/2010

House et Holmes: frères en fiction

loupeHouse.jpgMoi qui écoute régulièrement la série Dr House (malgré ses passages enrageants) je ne m'étais jamais rendu compte des nombreuses similitudes qui existent entre le docteur Gregory House et le détective Sherlock Holmes. Lors d'un récent épisode que j'ai écouté à TVA, House a reçu en cadeau de Noël l'oeuvre complèle de Conan Doyle (le "père" de Sherlock Holmes).

Subtil indice glissé par David Shore, le créateur de la série télévisée, qui ne cache pas qu'il a voulu cette ressemblance entre son médecin et le célèbre détective

Quelque points communs entre les deux personnages, entre autres:

1- Leur nom: Holmes ressemble à "home", et House signifie "maison"
2- Le nom de leur meilleur ami: Watson, Wilson
3- Leur adresse: 221B Baker Street pour Holmes, et appartement 221B pour House
4- Tous deux utilisent une canne
5- La pipe de Sherlock, le cigare de Gregory
6- La cocaïne de Sherlock, la vicodine de Gregory
7- Leur méthode de travail: enquête, recherche des causes et déduction
8- Leur mission: traquer des éléments destructeurs: les criminels pour l'un, les virus, infections et autres microbes qui s'attaquent aux humains pour l'autre
9- Certains traits de caractère (pas tous): égoïste, solitaire, méprisant....
Il y en a d'autres, plus subtils, que l'on peut trouver en suivant ce lien (un bon site en français sur la série), ou encore celui-ci.

Autres liens intéressants:

Comparer les deux personnages comme exercice pédagogique
La page Facebook du Dr House


09/12/2010

Traces d'histoire

tracesCouleurRed.jpgJe me permets maintenant quelque chose que je ne pouvais pas faire du temps où je travaillais: assister à la dernière représentation d'un spectacle (plutôt qu'à la première ou même à l'avant-première), qui est souvent la meilleure car les artistes y donnent tout ce qu'ils peuvent.
En fin de semaine dernière, je l'ai fait pour deux spectacles, Traces et Le Déclin des soleils de glace. Très différents l'un de l'autre, ils présentent toutefois des caractéristiques communes: une petite salle, une petite scène, et surtout: talent, inventivité, maîtrise du médium, artistes totalement engagés dans leur travail.

Samedi dernier (4 décembre) donc, dernière représentation de Traces, spectacle monté par une équipe de créateurs allumés soutenue par le théâtre Côté-Cour qui agissait comme producteur.

Marc-André Perrier, bien connu dans la région comme comédien, signe ici son premier texte dramatique. Comme le spectacle s'inscrit dans la programmation de Saguenay capitale culturelle 2010, je m'attendais à une pièce historique sur Jonquière. Eh bien pas du tout.

  Fils spirituel de Michèle Lalonde (Speak White) et de Sol, le jeune auteur crie la révolte du peuple asservi par les patrons anglais, Alcan, Price et consorts, à coups de jeux de mots, de figures de style et de néologismes. Dans l'esprit du Refus Global, le texte prend la forme d'un délire verbal bien contrôlé, à la maniètre de Gaston Miron, de Gérald Godin, de tous les poètes qui ont forgé des mots pour réclamer la fin de l'asservissement, la libération et l'indépendance du peuple québécois.
boiesMoisan2.jpgLes comédiens Jonathan Boies, Sara Moisan et Patrick Simard (de gauche à droite sur la photo) se mettent en bouche de belle façon la superbe complexité de cette langue novatrice, sous l'efficace direction de la metteure en scène Marilyne Renaud.

Le spectateur doit demeurer attentif, ne pas perdre une syllabe: on en perd malgré tout, mais on a du plaisir. Seulement ensuite, on aimerait réentendre tous ces mots, ou mieux, les lire et les décortiquer lentement pour en goûter toute la richesse.

Une dizaine de tableaux un peu fous, vaguement chronologiques, évoquant parfois l'histoire de Jonquière, avec Marguerite Belley et la famille Price, mais il ne faut pas y chercher un spectacle historique: plutôt une vision, un cri, une complainte, des regrets, un peu d'espoir...

Assez percutant...

 

Lire aussi le mot de Jacques B Bouchard sur son blogue.

21/06/2010

Un parterre de bleuets

trophBleuets.jpgSamedi soir à la salle Pierrette-Gaudreault, premier Gala de l'Ordre du bleuet. On doit cette idée géniale et sa mise en oeuvre à deux bleuets d'adoption: Jérémie Giles, et  Christiane Laforge ont mis sur pied la Société de l'Ordre du Bleuet et, entourés d'une petite équipe de collaborateurs, mis sur pied  cet événement annuel destiné à souligner le dynamisme et la créativité des bleuets d'ici et d'ailleurs, dans le domaine culturel au sens large.

Plus de 200 personnes ont assisté à cette cérémonie sobre, émouvante, rondement menée.  Michel Simard, président et éditeur des journaux Le Quotidien et Progrès-Dimanche (mon ancien patron, donc) a participé activement à cette soirée dont il était président d'honneur, et l'animation était assurée par Marc Bergeron, animateur retraité de Radio-Canada.

14 personnes ont été décorées de l'Ordre du Bleuet,  dont cinq à titre posthume. Si vous allez sur le site de l'ordre du bleuet, mis en ligne et tenu à jour par Christiane Laforge (qui a également rédigé tous les textes qui ont été lus lors de la cérémonie) vous trouverez la photo de chacun de ces récipiendaires et au moins un lien menant à une page web faisant état de ses réalisations. Ce n'est peut-être pas tout à fait complété encore, mais cela se fera au cours des jours qui viennent. Je vous cite simplement les noms:

Pierrette Gaudreault (la salle où nous étions porte son nom), Jean-Guy Barbeau, Monseigneur Victor Tremblay, Paul Tremblay, Ghislain Bouchard, à titre posthume. Ce sont des enfants ou conjoints qui ont reçu la décoration en leur nom.adieuGhislain.jpg

Et aussi: Olivette Hudon, Jean-Philippe Tremblay, Georges Coulombe, Gabrielle Gaudreault, Yvon Gaudreault, Carmen Gill, Hélène Beck, Albert Larouche et Ariane Blackburn (photo en bas  droite).

Toutes ces personnes, chacune à sa façon, ont contribué à développer et à enrichir la vie culturelle des bleuets, et plusieurs d'entre elles ont également rayonné hors de la région. On leur a remis une oeuvre de Jérémie Giles représentant des bleuets (photo ci-haut), une épinglette et un certificat.

Quelques notes:

- Si les récompenses étaient largement méritées, j'ai vu dans la salle un bon nombre de bleuets, hommes et femmes, fort actifs dans divers domaines et qui mériteront peut-être également cette décoration au cours des années qui viennent.

- Le public est d'ailleurs invité à suggérer des noms de candidats potentiels à cette prestigieuse récompense.

- Christiane Laforge a été la première récipiendaire de l'Ordre du Bleuet, en mai dernier.

- Tous les lauréats avaient été avisés à l'avance, sauf une: Olivette Hudon, qui croyait que seul son mari, le regretté Ghislain Bouchard, recevrait l'Ordre. Immédiatement après avoir reçu la décoration destinée à ce dernier, elle fut rappelée sur scène pour recevoir à son tour l'Ordre du Bleuet.

- Deux autres couples parmi les lauréats: Gabrielle et Yvon Gaudreault, Hélène Beck et Albert Larouche.

- Le quatuor Gardel a assuré de belle façon la partie musicale de la soirée, ponctuant les étapes et chaque remise de prix de mélodies de Vigneault, Léveillée et autres Québécois.arianeBlackburn.jpg

- Les musiciens ont fait une belle surprise à Jérémie Giles en interprétant l'une de ses compositions.

- Ce dernier a fait remarquer avec humour qu'il ne pouvait pas dire que Christiane Laforge a été son bras droit (il a perdu son bras gauche...).

- Enfin, chose qui n'a rien à voir: comme c'est souvent l'occasion dans ce genre de réunion, j'ai beaucoup entendu parler de cancer: une personne venait de se faire opérér, l'autre suivait des traitements, une troisième avait appris qu'un proche en souffrait, et ainsi de suite... Quelle terrible maladie!

06/06/2010

La culture, c'est capital(e)

galaCapitale.jpgLe Gala de la Capitale culturelle (Saguenay), vendredi au Palais Municipal, offrait un catalogue, une vitrine (une courtepointe, comme l'a écrit Daniel Côté dans Le Quotidien) de la culture au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

J'ai bien aimé
- Un spectacle court: deux heures pile
- Sept numéros bien comptés, évoquant autant de disciplines, plus les numéros d'ouverture et de fermeture
- Une occasion de voir, sur scène et en coulisses, en vedette, en figurants ou en techniciens, plus de 150 artistes et créateurs et d'ici, et d'apprécier toutes les facettes de leur talent
- Un témoignage de l'exceptionnelle vitalité culturelle de la région
Une bonne animation de Martin Giguère qui, si je ne m'abuse, avait écrit lui-même son texte

- L'apparition de Jean-Jules soucy sur son vélo stationnaire... en mouvement

artistesGala.jpg

- La mise en scène générale de Louis Wauthier: assez réussie, compte tenu des incroyables contraintes qu'impose la tenue d'un tel événement
- Chacun des quelque 200 noms inscrits sur le programme de la soirée: des gens de la région (artistes, techniciens, organisateurs, commanditaires) qui se donnent la main et collaborent pour créer, c'est fabuleux!!! (J'ai scanné la liste des artistes, cliquez pour lire les noms)


Les meilleurs numéros (selon moi)
- Celui sur les musées:  des images qui parlent par elles-mêmes sur fond de musique dynamique et créative
- Celui sur le cinéma, qui nous rappelle tout ce qui se tourne et que nous oublions trop facilement
- Celui sur le théâtre, où les comédiens (costumés) de diverses pièces produites par  les troupes de la région se donnaient la réplique (photo de Rocket Lavoie dans le Quotidien, que j'ai piquée à un blogueur...)

J'ai moins aimé
- Le "discours" (celui du spectacle) trop terre-à-terre, manquant un peu d'originalité

- Des longueurs et des redites dans certains numéros

- Les hésitations, flottements,  blancs de mémoire et autres désagréments dus au manque de temps (et de moyens) pour tout peaufiner


J'ai détesté
- Les Grandes gueules: nullissimes! Même pas capables de concocter une ou deux blagues bien senties pour la circonstance. Ils n'ont rien à voir avec la culture, ni avec la région. Ça ne les tentait pas d'être là.
- Insultant pour le public.

(en revanche)progrCapitale.jpg
... celui-ci a pu apprécier, par contraste,  le professionnalisme et la qualité des artistes de la région qui ont suivi ces trois prétendus humoristes

Je n'ai pas compris
- Un seul mot chanté par la jeune Mireille Mantha. Dommage, car c'était une composition d'une artiste de la région (Chantal-Éric Dumais)
- Pourquoi il n'y avait pas de musique classique... (mais j'ai une petite idée de la réponse)

Autres remarques

- Il y avait bien 2000 spectateurs, parmi lesquels sûrement beaucoup de non-initiés.
- C'est à ceux-là, qui connaissent peu ou pas du tout l'offre culturelle régionale, que le spectacle s'adressait surtout. Pour les gens qui suivent un peu ça, c'était du b-a-ba

- J'ai acheté mon billet à l'entrée, j'étais très bien placée
- Le Palais municipal est une salle parfaite... pour ce type d'événement, un spectacle à grand déploiement, mais certainement pas pour le théâtre, la chanson, la danse, la musique classique...

 

Conclusion

Encore une fois, CHAPEAU AUX ARTISTES!

16/03/2010

Animer le corps

julieDG.jpgMon séjour au festival Regard sur le court métrage au Saguenay s'est terminé dimanche après-midi d'une façon imprévue... et fort plaisante. Après les deux séances de projection de courts métrages, au Petit théâtre de l'UQAC, le public était invité à assister à une performance présentée dans la petite salle attenante.

À la fois danse et vidéo, l'événement mettait en présence la danseuse Julie Dubois-Gravel et le cinéaste Boran Richard (photographiés après la performance) entourés de quelques techniciens pour le son et la console informatique.
Pendant que le public s'installe, assis par terre, sur les chaises ou encore debout, la danseuse est couchée sur la scène et recouverte d'un drap blanc. Boran Richard retire très lentement et très progressivement le drap, prenant à chaque seconde ou presque une photo au moyen d'un iPod qu'il porte au poignet. Il filme aussi à certains moments avec une caméra, et fait des interventions avec un ordinateur portable placé sur la scène. Ensuite, avec ses mains, il imprime des mouvements à sa partenaire, de très petits déplacements progressifs de la tête, du bras, de la main, auxquels elle se plie docilement, gardant la posture qu'il lui a donnée. Il la met ensuite debout, tourne sa tête, son bras, sa main. Puis elle exécute elle-même des mouvements, surtout avec sa main droite, qu'elle recourbe en tous sens, pliant ses doigts en crochet.

Pendant ce temps, un film se crée, projeté sur l'écran disposé tout près: il montre ce que nous venons de voir, mais de façon différente: gestes brefs, saccadés, morcelés, recommencés, comme si la danseuse était agitée de mouvements frénétiques alors que dans la réalité, tout s'est déroulé avec une lenteur extrême.
Une expérience pour la danseuse: c'était un autre qui animait son corps, et l'animation à l'écran ajoutait encore une distance entre elle et ses propres mouvements.

Un exercice très intéressant qui soulève des questions, notamment sur la nature du mouvement, sur la perception, sur le maillage possible -ou impossible- entre le vivant et le numérique. La performance s'intitulait Animer le corps.

28/01/2010

La momie passe un taco

momie2.jpgVu récemment à l'émission Découverte de la SRC un reportage (qui n'est pas en ligne, pour des raisons de droit d'auteur, est-il précisé sur le site) relatant les les examens médicaux menés sur la momie de Nen-Oun-Ef (photo du haut), un joyau de  la collection du Musée de la civilisation de Québec, pièce maîtresse de l'exposition Fascinantes momies d'Égypte, actuellement en cours jusqu'en avril 2010.
Achetée en Égypte par l’abbé Louis-Nazaire Bégin "pour les élèves", cette momie est arrivée au Séminaire de Québec en 1868.  Déjà débandelettée, elle était couchée dans un cercueil portant une inscription en hiéroglyphes qui signifie: "Nen-Oun-Ef, fils de Perpaout qui vivait autrefois à Thèbes."
La momie, âgée de plus de 3 500 ans, a été scannée, passée au tomodensiomètre par l'équipe de radio-oncologie du CHUL, et on peut voir sur les lieux de l'exposition des documents vidéo montrant comment tout cela a été réalisé. Les chercheurs ont ainsi obtenu de précieux renseignements sur les étapes de son embaumement et sur l'état de  santé de Nen-Oun-Ef, notamment qu'il avait plus de 24 ans au moment de sa mort, qu'il souffrait d'arthrite, et qu'il avait reçu un coup à la machoire.
Contempler cette momie est très émouvantrencontre improbable entre moi et un être humain qui a vécu il y a quelques millénaires. Voilà l'une des réflexions que je me faisais lors de ma visite en mai dernier au Musée de la civilisation de Québec. Fascinantes momies d'Égypte est certes la plus intéressante des nombreuses expositions que j'au vues au fil des ans  sur l'Égypte et la civilisation des pharaons. Peut-être parce que, mettant l'accent sur un thème précis, celui des momies, elle l'approfondit vraiment, me permet de le comprendre et éclaire tous les autres renseignements donnés par les éléments de l'exposition.
La démarche va du particulier au général,  et pour mon pauvre esprit humain tellement limité, cela rend les choses plus accessibles. Car la démarche inverse, partir de grands principes abstraits, de faits très généraux (dates lointaines, longues périodes, tendances philosophico-socio-politiques) pour aboutir au particulier est plus difficile à suivre.momieDankhor.jpg
Cette exposition a aussi la vertu d'expliquer très bien l'attitude (que l'on peut considérer exemplaire) des Égyptiens envers la mort, ou plutôt les morts. Le corps resté sur terre était traité de façon à soutenir le mort dans son passage vers l'au-delà:  pleurer certes mais aussi espérer pour lui une belle vie qui soit la suite de sa vie sur terre. Même si on nlongChat.jpg'y croit pas vraiment, cela peut apporter une certaine consolation à la douleur.
De plus, cette lointaine civilisation  nous apparaît par certains aspects très proche de ce que nous sommes, car l'exposition montre bien que les enfants et les hommes n'ont pas changé dans leur volonté de raconter en images, de décorer, dans leur recherche de beauté et d'harmonie.
L'intérêt de l'exposition tient aussi à la valeur et à la qualité des artefacts présentés,  entre autres la momie du grand-prêtre Ankhhor (photo) et ses trois cercueils, la statue d'Osiris, et une momie de chat qui m'a particulièrement touchée. Liste des objets ici.
Il y avait d'ailleurs aussi un reportage sur le sujet dans un numéro récent de l'Actualité. Je ne le retrouve pas sur le site du magazine, mais je vous donne le lien vers  le site de l'égyptologue québécois Michel Guay.

17/01/2010

En attendant Carmen...

algarancarmen.jpg(photo: Ken Howard/Metropolitan Opera)

Je suis arrivée vers midi 15 samedi au cinéma Jonquière pour la diffusion de l'opéra Carmen, en direct du Metropolitan Opera,   je me suis placée dans la petite file qui attendait dehors, et au bout de quelques instants, la jeune employée nous a annoncé qu'il ne restait plus de places....
Cela  ne m'a pas trop surprise, je ferai une autre tentative pour la rediffusion le 13 mars.
Je suis donc revenue chez moi et  j'ai écouté cet opéra diffusé à la radio, sur Espace Musique,  ce qui m'a donné quelques idées et indices concernant cette production.
Maestro Yannick Nézet-Séguin entame l'intro avec une rapidité un peu déconcertante. Mais ça déboule bien malgré tout.yannickNS.jpg
Il est intervenu avant chaque acte, avec l'animatrice de la SRC Sylvia L'Écuyer pour donner des explications, claires et lumineuses, sur ce qui allait suivre.
Roberto Alagna,  le ténor français qui joue Don José (sur la photo ci-haut, avec Elina Garança qui chante Carmen),  est encore vocalement assez solide malgré quelques flottements, notamment le si bémol final de L'Air de la fleur ("et j'étais une chose à toi"),  qu'il a filé en voix de tête, comme il le faisait de propos délibéré il y a quelques années, mais là, on a l'impression que c'est parce qu'il ne peut pas l'envoyer à plein volume. Il semblait aussi un peu essoufflé dans les dernières scènes. Mais côté jeu, investissement, intensité, il semble très bon.
Et quel plaisir d'entendre la langue française chantée par un Français (bien qu'il soit de parents siciliens): les nuances, la diction, tout y est, sans effort apparent. (Les Italiens ou les Allemands doivent se dire la même chose quand ils entendent un Italien ou un Allemand chanter un opéra dans leur langue).

Une longue interview qu'il a accordée à Sylvia L'Écuyer a été diffusée après l'opéra: des propos intéressants et pertinents, mettant en lumière plusieurs détails de la nouvelle de Prosper Mérimée, qui ne sont pas présents dans le livret qu'en ont tiré Henri Meilhac et Ludovic Halévy (signataires de plusieurs livrets pour les oeuvres de Jacques Offebach) pour l'opéra de Bizet, mais qui, quand on les connaît, rendent plus manifestes les ressorts de l'action.
Sur Youtube ici (aux Chorégies d'Orange en 2004, avec la mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon) Roberto Alagna exécute plutôt bien les aigus de L'Air de la fleur, pas aussi facilement que Pavarotti, mais tout de même.

Aimez-vous les potins?

Au départ, c'est la femme de Roberto Alagna, la soprano roumaine Angela Gheorghiu qui devait jouer Carmen. Pour le Metropolitan Opera, c'était une affiche en or: le duo lyrique de l'heure, le célèbre couple de l'opéra français, ensemble sur scène, comme cela s'est produit très souvent déjà.

angelaRoberto.jpgAffiche d'autant plus dorée qu'ils se sont mariés sur la scène même du Metropolitan Opera, en 1996: Rudolph Giuliani, alors maire de New York, avait célébré leur union pendant l'entracte au cours d’une représentation de La Bohème.
Mais à la ville, M. Alagna et Mme Gheorghiu (photo prise en des temps plus heureux) sont en instance de divorce (du moins ils l'étaient l'automne dernier, maintenant, c'est moins certain). Et la soprano a annulé son engagement au Met pour les représentations où chante M. Alagna. (Elle devrait y être en avril et mai, pour chanter Carmen avec un autre ténor). Il leur aurait été difficile sans doute de jouer les tourments de l'amour malheureux.

C'est bizarre, les chanteurs et les acteurs: un couple d'amoureux peut très bien jouer les tourments de la passion, la jalousie, la mort, même si cela n'a rien à voir avec leur vraie vie. Un homme et une femme qui ne se connaissent pas peuvent aussi fort bien le faire, c'est très courant. C'est assez facile aussi pour un homme et une femme qui sont de bons amis dans la vie.

Mais pour un couple en difficulté, même s'ils sont des professionnels, cela peut devenir très compliqué, et dans certains cas, impossible.

Quelques liens pour cette Carmen:

Journaux québécois:     La Presse,    Le Devoir

Sur cette page, accès à plusieurs liens vers des critiques (en anglais) parues aux États-Unis

13/11/2009

Ubu Roi: dernières chances

petitUbu.jpgDernières représentations de la pièce Ubu Roi, d'Alfred Jarry, par les Têtes heureuses, aujourd'hui (vendredi), demain et dimanche au Petit Théâtre de l'UQAC. J'ai parlé de cette très intéressante production ici.

Plusieurs autres blogueurs et rédacteurs ont commenté la pièce.  En voici une petite liste:

Dario Larouche

Mike the Mike

Jacques B Bouchard

Le Quotidien

Christiane Laforge

Jean-François Caron (son texte commence par une critique de Catatonie, présentée par le Théâtre CRI jusqu'au 21 novembre)