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22/09/2016

Vitrail et retrouvailles

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Notre vitrail!
C'est avec émotion et ravissement que nous avons retrouvé, à la Pulperie de Chicoutimi, le beau triptyque qui surplombait le choeur de cette chapelle que nous avons beaucoup fréquentée.
Nous: 18 anciennes du cours classique au Collège du Bon Pasteur, récemment réunies à Chicoutimi pour notre conventum bisannuel. Un véritable Retour aux sources, 50 ans après la fin de notre "Philo II".

Le réputé verrier Guido Nincheri a créé ce vitrail pour la chapelle en 1927, lors de la construction du Pensionnat du Bon Pasteur (architecte: Armand Gravel). Le "cours classique" pour filles y a été dispensé à partir de 1947.
Notre vieux collège, rue du Séminaire, voisin de la Cathédrale, abrite maintenant les condos Le Chik. Lors des travaux de transformation, il y a quelques années, un groupe de personnes, mécènes, artistes, religieuses et administrateurs s'est donné la main pour sauver cette oeuvre de grande valeur.

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Le vitrail de Guido Nincheri dans son écrin original

 

Le vitrail fut démonté, entreposé dans la réserve de la Pulperie-Musée Régional, et ensuite remonté grâce aux bons soins du maître verrier Harold Bouchard et du technicien de la Pulperie Jean Rasmussen.

On lui a trouvé un emplacement magnifique: un grand mur intérieur de l'édifice 1921! Puisque le mur ne donne pas sur l'extérieur, ce sont  des diodes électroluminescentes (DEL) qui l'éclairent à toute heure. (Ma photo, ci-haut, ne lui rend pas vraiment justice: mieux vaut aller le voir sur place!)

Contenu

L'oeuvre foisonne de fins détails qui à eux seuls pourraient justifier une explication et analyse de plusieurs pages!
Disons seulement que l'Assomption de la vierge Marie est illustrée sur le panneau du centre. Les panneaux latéraux évoquent les oeuvres des Soeurs du Bon Pasteur: à gauche l'enseignement, avec l'ange de l'innocence, et à droite, l'accueil d'anciennes prisonnières, avec l'ange du repentir.

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Dans la partie inférieure, les modules latéraux représentent les coeurs de Jésus et de Marie.

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 Celui du centre porte un blason aux couleurs de la Vierge et une prière: "Trahé nos virgo immaculata", que l'on pourrait traduire par "Guide-nous, vierge immaculée".

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On peut lire à droite les noms de l'artiste et de la donatrice, Mme John Murdock, soit Blanche Gagnon.

Alors que la tendance, au Saguenay comme ailleurs, est à la démolition et à l'oubli, des gens ont posé le geste admirable de sauvegarder ce trésor et de le mettre en valeur: respect!

D'ailleurs, La Pulperie (site et bâtiments) est aussi un joyau de notre patrimoine, magnifiquement préservé, aménagé et rendu accessible à tous.

 

26/06/2016

Boucles de lecture

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Ça commence il y a plusieurs mois. Mon père décide de vendre sa voiture. L'acheteur est un vieil ami qu'il avait perdu de vue.
Cet ami lui offre le DVD du film Capote, sachant que papa s'est intéressé autrefois à l'écrivain Truman Capote (photo ci-dessus) et surtout à ses oeuvres.
L'ami lui mentionne qu'il aimerait beaucoup connaître son opinion sur le film. Papa voudrait bien... mais il n'a pas de lecteur DVD. Je lui propose donc de venir chez moi pour une petite projection privée danstruman capote,de sang froid,philip seymour hoffman,harper lee mon bureau. Papa et moi avons trouvé le film (que je n'avais pas vu) fort intéressant.
Cet intérêt vient notamment du contact particulier que nous avons eu, il y a 50 ans, avec l'oeuvre la plus connue de Capote:  De sang-froid. Papa a acheté le livre au moment de sa parution en 1966, en version originale (In Cold Blood).

 

Un massacre
Comme il en parlait beaucoup, je l'ai lu moi aussi. Et je crois que mon frère Pierre l'a également lu.
C'est un roman-vérité qui raconte en détail  comment furent assassinés quatre membres d'une famille de fermiers du Kansas. L'auteur relate l'enquête qu'il a menée sur ce massacre commis par deux jeunes truands en perte de repère qui ont agi sans motif apparent.
L'écrivain évoque la relation qu'il a développée, à la faveur de nombreuses visites en prison, avec les deux jeunes assassins (en particulier l'un d'eux), et comment il fut témoin, à leur demande, de leur pendaison.

 

Le film
Assez fidèle au récit de Capote, le film présente un intérêt particulier à cause du glissement de point de vue: narrateur du livre, Truman Capote devient sujet du film de Bennett Miller. Celui-ci met l'accent sur la façon dont cet épisode a changé la vie de l'écrivain: dépression, drogues, alcools. Et l'acteur qui incarne Capote, Philip Seymour Hoffman (photo ci-dessous) est formidable.

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Des nouvelles

truman capote,de sang froid,philip seymour hoffman,harper leeMon père avait ensuite acheté, du même auteur, le recueil de nouvelles Musique pour caméléons. Je ne l'avais pas lu à l'époque, mais le retour de Truman Capote dans ma vie m'a incitée à l'emprunter à la bibliothèque municipale et à le lire. C'est un peu inégal, mais certaines de ces nouvelles sont vraiment brillantes: ce fut un grand plaisir de lecture.

Harper Lee
Quelques jours plus tard, les médias rapportent le décès de l'auteure américaine Harper Lee. Or, indiquent quelques articles, c'est elle, Harper Lee, qui fut l'assistante de Capote dans l'enquête qu'il a menée sur le meurtre.

Elle créait les contacts, prenait les rendez-vous, tapait le manuscrit, bref, elle a eu une grande part dans l'histoire. Sa contribution est saluée par Capote dans ses remerciements au début du livre.

Dans le film, elle est incarnée par Catherine Keener.

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Jusque-là, le nom de Harper Lee m'était à peu près inconnu, mais pas le titre de son principal ouvrage: Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. J'avais 15 ans quand j'en ai entendu parler... par mes parents. Ils venaient de voir le film qui en a été tiré, sans doute en version originale au cinéma Palace.

 


Une autre piste de lecture

J'ai acheté le roman à la librairie, en livre de poche. C'est la vie dans le Sud profond et ségrégationniste, vue par les yeux d'une petite fille. Son père, avocat, défend un noir accusé de viol, un crime qu'il n'a pas commis. Malgré bien des longueurs et un récit qui s'égare parfois, c'est un bon roman, pour la description des moeurs, de l'époque, des lieux, pour ses personnages bien campés, pour son humour pétillant.

Finalement, papa a pu dire à son ami ce qu'il pensait du film et le remercier pour le DVD...
Et voilà, la boucle est bouclée...

26/01/2016

Montréal, les femmes, la vie

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J'ai vu en novembre dernier La couleur du jazz, cette très belle exposition qui prend fin ces jours-ci (le 31 janvier) au Musée des Beaux arts de Montréal.

Sur une des toiles, une femme m'a semblé présenter une légère ressemblance avec ma tante Yvette, décédée en 2012, la veille de son 91e anniversaire. J'aimais bien cette tante dont la vie ne fut pas un long fleuve tranquille. Infirmière, célibataire, forte de caractère. Mademoiselle Audrey Fuller, telle que peinte par Randolph S Hewton (image ci-dessus) me fait beaucoup penser à elle, par sa minceur, sa chevelure, sa bouche.

Une de mes amies avait pour sa part noté une étrange ressemblance entre sa propre mère et un autre portrait de femme. Ressemblance bien entendu transmise à cette amie et à ses enfants.

Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé cette exposition, accessible et émouvante. Les tableaux vibrent et racontent. Ils racontent la ville, les gens, les événements. Une impression de vie, et un peu de nostalgie aussi, pour ces belles années 20 à Montréal.

L'exposition regroupe des tableaux de membres du Groupe de Beaver Hall, un mouvement artistique au sein duquel il y avait autant de femmes que d'hommes. Leurs choix de sujets et leurs techniques apportèrent un vent de modernité (parfois sévèrement critiqué) dans les arts visuels à l'époque.

Les sujets représentés par différents peintres ont tous un air très sérieux. Le sourire sur les portraits n'était pas de mise. Il n'a été introduit que bien plus tard, sous l'influence d'Hollywood et des photos de stars, dit-on. Il était même de bon ton d'afficher une moue boudeuse, comme le fait cette Jeune fille en robe à pois (1923), peinte par Emily Coonan:

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Il y a aussi de très belles scènes de la vie urbaine, signées notamment par Adrien Hébert, un peintre que j'apprécie depuis fort longtemps. Celle-ci, par exemple, qui représente un secteur bien connu de la rue Sainte-Catherine, au coin Berri, tel qu'il était en 1926:

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Le nom d'Archambault est toujours là, mais il appartient maintenant à Renaud-Bray, les noms des commerces et les façades voisines ont quelque peu changé... et il n'y a plus de tramways...

Il a aussi peint la rue Saint-Denis, ici:

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Enfin voici une vue de la côte du Beaver Hall (rue qui va de la place Philips au square Victoria), peinte par Kathleen Morris

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Pour plus d'information sur l'exposition, on peut lire cet article assez détaillé d'Éric Clément, dans La Presse

11/11/2015

Dans le boisé, l'hommage

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Le 11 novembre 1918 fut signé l'armistice qui marquait la fin de la  Première Guerre mondiale (1914-1918). On rappelle l'événement chaque année à cette date, on l'appelle maintenant Jour du Souvenir. et son symbole est le coquelicot. Un peu partout, des cérémonies soulignent l'événement et rendent un hommage aux morts et à tous les combattants de cette guerre.

Au cours d'une promenade à Jonquière l'été dernier, j'ai trouvé ce modeste monument:

Jour du souvenir, Boisé du collège, Jonquière

Voici ce qu'on peut lire sur la plaque commémorative:

Jour du souvenir, Boisé du collège, Jonquière

Un hommage donc aux Jonquiérois morts dans l'une des deux grandes guerres, érigé par la Cité de Jonquière en 1964, bien longtemps donc avant la fusion municipale de 2002.

Je l'ai découverte tout à fait par hasard, alors que ma curiosité m'avait amenée à marcher près de mon vélo pour aller voir le début d'un sentier, sur la rue du Long Sault, justement située dans le quartier des Vétérans.

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C'est l'un des sentiers qui sillonnent le Boisé du Collège, aménagé sur les terres du Cégep de Jonquière.

Enfin pour souligner ce jour, voici (en traduction française, cliquer sur la vignette à droite pour voir le texte original) le poème du médecin militaire canadien John McCrae qui a inspiré la tradition du coquelicot, encore très suivie au Canada et en Grande-Bretagne.

 

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Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix
et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.

10/05/2015

La fin d'une belle époque

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Mes recherches pour le billet précédent ont ramené à mon souvenir le nom de ces trois navires de la Canada Steamship Lines, qui suscitaient admiration et fascination quand ils voguaient gracieusement sur le Saguenay et sur le Saint-Laurent: le Richelieu, le St-Lawrence et le Tadoussac.

J'ai trouvé une superbe photo (ci-dessus) de ce dernier faisant son entrée dans la baie de Tadoussac, sur le site Flickr de Keith Clark.
La discussion (en anglais) affichée sous la photo est fort intéressante, entre autres parce que plusieurs intervenants qui ont travaillé sur ces bateaux racontent quelques anecdotes.

Cette discussion conduit aussi à cette autre photo, qui évoque le destin d'un de ces bateaux, après que la CSL eut mis fin (en 1965) au transport de passagers au Québec.

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Même si le nom inscrit sur la coque est St-Lawrence, il s'agit en réalité du Tadoussac, reconnaissable à ses trois ponts reliés par des escaliers à l'avant du navire.

Cette photo a été prise à... Copenhague au Danemark,  où le bateau avait été semble-il remorqué et transformé en un hôtel pas très luxueux.
Encore plus extraordinaire, la photo suivante (une carte postale, je crois) montre le même navire... enlisé dans le sable, près de Dubaï, aux Émirats arabes unis!

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Comment est-il arrivé là? Un projet pour en faire un hôtel de luxe fut, dit-on, abandonné, tout comme le fier vaisseau, qui a fini par se désagréger sur place. (Tout cela est également raconté dans les discussions sur Flickr).


Autre drame
Comme les Trois Mousquetaires, ces navires étaient en réalité quatre, car la flotte était à l'origine complétée par le SS Québec.

Cependant en 1950, peu après sa mise en service, ce dernier a été complètement détruit par un incendie, survenu alors qu'il  alors qu'il était au quai de Tadoussac.

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La vidéo ci-dessus offre des images saisissantes de ce sinistre, qui a fait sept morts.

De plus, en cliquant ici, on accède à  un récit très détaillé (en français), de l'événement et des enquêtes menées ensuite sur les circonstances de la catastrophe.

Inconcevables notamment, l'incurie et l'incompétence de certains intervenants, mises en lumière par l'auteur de ce texte, Pierre de La Ney du Vair.

03/05/2015

Sur les flots bleus du souvenir

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Vers la fin de ce film formidable (cliquer ci-dessus pour le voir, durée totale: 30 minutes) tourné par l'abbé Maurice Proulx en 1958 pour mettre en valeur les attraits de la région du Saguenay (ce n'était pas encore une ville à l'époque), on voit quelques images du Richelieu qui appareille au port de Chicoutimi pour naviguer sur le Saguenay jusqu'à Tadoussac, et ensuite sur le fleuve Saint-Laurent vers Québec et Montréal.
Cela m'a rappelé un beau souvenir. Je ne sais pas si c'est arrivé plus d'une fois, mais je me souviens d'un voyage à bord de ce bateau, avec ma mère, sa soeur ma tante Yvette et mon petit frère Pierre.
Après nous avoir conduits à Chicoutimi en voiture, mon père retournerait à la maison pour travailler pendant la semaine et nous rejoindrait ensuite à Tadoussac la fin de semaine, pour nous ramener ensuite à Arvida.

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Ce fut ma première croisière.  Après avoir vu le navire arriver au quai, tout blanc, immense, je suis montée à bord pour un voyage fantastique.

Je découvris sur ce bateau un nouvel univers, totalement différent de tout ce que je connaissais. J'allai de surprise en éblouissement dans ce véritable labyrinthe peuplé de mystères, de portes ouvrant sur des grandes pièces richement décorées ou encore sur de minuscules armoires à balais, de coursives et d'escaliers menant on ne sait où.

Le perpétuel grondement qui montait de ses entrailles avait quelque chose d'inquiétant et de fascinant à la fois.
Il y avait une belle grande salle à manger et de petites cantines où on pouvait acheter de la liqueur et de la crème glacée. Des salons aux sofas profonds et aux tapis épais, des bibliothèques aux chaises garnies de velours, des fumoirs aux fauteuils en cuir d'où émanaient  des odeurs étranges... tous presque vides.

Les passagers préféraient en effet se tenir sur les ponts pour admirer le paysage et apercevoir la statue de la Vierge au Cap Trinité tandis que les haut-parleurs jouaient l'Ave Maria. Les femmes portaient des fichus, et les hommes des casquettes car l'air était frais et le vent soufflait fort.
Le Fjord du Saguenay, que j'aime tant aujourd'hui, ne m'intéressait guère à cette époque de mes sept ans. Je préférais nettement l'intérieur du bateau.

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Il y avait des activités organisées pour les enfants (dessin, coloriage, bricolage), mais ce qui m'attirait le plus, c'était un jeu de société pour adultes: la course de chevaux! J'étais totalement captivée par ces petits chevaux en plastique que les joueurs déplaçaient, en fonction des points obtenus en lançant les dés, sur une longue piste (en bois si je me souviens bien) posée par terre.

J'avais vraiment hâte de grandir... juste pour pouvoir participer à ce jeu.

Tout cela m'a tellement absorbée que je ne garde par ailleurs aucun souvenir de l'entrée dans la baie de Tadoussac, ni du débarquement, ni du trajet jusqu'à l'hôtel...

Dans un prochain billet, des détails sur l'histoire du Richelieu et de ses frères.

______

*: Toutes les images qui illustrent ce billet sont tirées du film Au Royaume du Saguenay, de l'abbé Maurice Proulx, rendu accessible par Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

15/02/2015

Cimiez: un magnifique champ de ruines

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Si vous reconnaissez cet endroit, c'est que vous avez déjà séjourné dans la ville de Nice, en France. Je ne sais pas si vous avez visité ce site, Cimiez, où se trouvent notamment de magnifiques vestiges de la cité gallo-romaine de Cemenelum.

Je dis ça parce que, lorsque j'ai parcouru ce superbe site archéologique en 2003, il y avait bien peu de visiteurs. Je ne sais pas si la situation a changé depuis.

Pour ma part, je suis fascinée par les vestiges grecs et romains que l'on trouve partout en Europe et qui attirent des millions de touristes. Mais j'aime aussi les sites plus discrets, comme celui de Cimiez, et je me sens privilégiée d'avoir pu le visiter.

J'irais le voir à nouveau si je retournais à Nice (ce que j'aimerais beaucoup). J'apprécierais sans doute encore davantage cette nouvelle visite, à la lumière des connaissances et de l'expérience que j'ai acquises depuis.

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J'ai exhumé récemment mes cartes, documents et photos de ce séjour à Nice, et je compte en parler dans quelques prochains billets.

Aujourd'hui, donc, c'est Cimiez, dont je garde un souvenir marquant. Ma déambulation dans les ruines, calme et heureuse, me rappelait celle que j'avais faite sur le site de Lucentum, lors d'un séjour en Espagne deux ans auparavant. Même si ce ne sont pas les meilleures possibles, je vous présente quelques-unes de mes propres photos (sauf la vue en plongée ci-dessous, que j'ai glanée sur la Toile).

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Cimiez est un magnifique ensemble que l'on atteint en gravissant l'avenue des Arènes: les arènes, les murs encore dressés d'une partie des thermes romains,  l'amphithéâtre, le decumanus (voie dallée) surmontant les égouts: des ruines de qualité je dirais.nice france,cimiez,matisse,fouilles,vestiges,archéologie,musée

Il faut aussi voir le beau Musée archéologique où sont exposés les trésors mis au jour au fil des fouilles. Le musée Matisse tout voisin. Et aussi le monastère franciscain, dont j'ai visité le cimetière-jardin qui offre une vue fantastique sur la ville.

 

 

Voici ce que j'avais écrit dans mon journal de bord:

 

"Je me promène longtemps dans les ruines romaines-chrétiennes. Des groupes d'écoliers suivent des guides. Un chat déambule de son pas élastique dans les hautes herbes.

Un chat... romain? s'interrogent les jeunes en rigolant.
Il fait beau, mais frais. Superbe, agréable. Puis, petit tour dans le cimetière franciscain.

Ça me donne les bleus.

Tombes de pierre et de marbre. Je vois celle de Raoul Dufy. Je ne vais pas jusqu'à celle de Matisse, trop loin.
Pour dîner, j'achète des biscuits-gâteaux et un coca au Monoprix voisin. Je m'assois sur un banc pour manger. En partant, je découvre une jolie terrasse. Trop tard pour le lunch, mais je vais tout de même y déguster un excellent café."

22/11/2014

Sur la plage...

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(crédit photo: le blogue Arvida, "la petite Washington du Nord")

(Un peu bizarre d'écrire ce billet à propos de la plage de Shipshaw en ce jour de novembre alors qu'il fait -8 degrés et qu'il neige à plein ciel...)

Les travaux récents qui ont entraîné la fermeture du pont d'Aluminium pendant une longue période ne m'ont pas beaucoup dérangée puisque je passe très rarement par là.

Mais quand j'étais plus jeune, je le traversais souvent pour me rendre à la plage de Shipshaw.
Ce genre d'endroit ne pourrait pas exister aujourd'hui: une minuscule anse ensablée, la baignade dans une eau d'une qualité douteuse, des toilettes puantes dans un immense chalet (on dirait aujourd'hui un pavillon d'accueil) où on allait acheter des hot-dogs steamés et des frites graisseuses, surmonté de haut-parleurs qui crachaient à tue-tête les tubes de l'époque: rock'n roll et slows langoureux.

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C'était formidable pourtant. Quand j'étais enfant on y allait en famille avec des amis ou voisins, on trouvait un petit espace pour s'installer, ce qui n'était pas évident car la plage était bondée.

On  achetait des popsicles et des fudges, on allait tremper un orteil dans l'eau glacée de la rivière et, après s'être saucé au complet, on s'étendait sur notre serviette pour se faire griller. Inévitablement, on se faisait arroser de sable par les enfants et les ados qui couraient en zigzaguant entre les corps étendus.
Plus tard, j'ai fréquenté l'endroit avec des jeunes de mon âge. La seule occasion qu'on avait de se déshabliller un peu et de s'observer mutuellement...
On cachait notre bière dans un sac en papier brun. On faisait la queue sur les plongeoirs (deux simples planches de bois placées à des niveaux différents)pour se pitcher à l'eau. C'est là que j'ai réussi mon premier plongeon tête première (jusque-là, je n'avais fait que sauter à pieds joints).
Certains faisaient des "flattes" et ressortaient la face et la bedaine toutes rouges.
Ce n'était certainement pas sécuritaire, il y a eu des noyades d'ailleurs si je me souviens bien. Mais il y avait moins de médias pour dénoncer la situation.
De bien beaux souvenirs.

Cette plage a été fermée par la suite, et j'ai lu quelque part qu'elle est aujourd'hui fréquentée par des nudistes...

17/11/2014

Un vieux pont... tout neuf

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L'autre jour j'ai eu la curiosité d'aller traverser en voiture le pont d'aluminium d'Arvida, rouvert à la circulation en août dernier après une fermeture de plus d'un an pour cause de travaux.
Je voulais voir quels changements ont été apportés à ce remarquable ouvrage qui enjambe la rivière Saguenay.
La modification la plus évidente est celle du tablier, qui a été élargi, recouvert d'asphalte neuf et agrémenté de feux de circulation alternants à chacune de ses extrémités. Ils doivent j'imagine fonctionner lors du passage de camions lourds.
Je n'ai pas photographié cette nouvelle surface car je ne pouvais m'arrêter sur le pont (d'ailleurs ce n'est pas visuellement intéressant).

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Comme je n'ai fait qu'un seul arrêt, après la traversée, mes clichés se ressemblent tous et ne montrent le pont que sous un seul angle (je me promets d'y retourner aux beaux jours pour faire d'autres photos).
Des passages latéraux pour les piétons ou vélos ont été aménagés, derrière un nouveau garde-corps. On peut constater, en consultant des photos plus anciennes, que certaines poutres verticales et transversales ont été remplacées. La dalle de béton a été remplacée, aussi. Cette vidéo donne une bonne idée de l'ampleur des travaux réalisés:

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Après un premier projet de réfection qui devait inclure de l'acier, tous les acteurs au dossier ont vite compris la nécessité de conserver ce qui fait la valeur patrimoniale, architecturale et esthétique de notre pont, inauguré en 1950: ses arches en aluminium. Il fut en effet, dit-on, le premier pont au monde construit en aluminium.

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Outre le choix du matériau, c'était un ouvrage très novateur pour l'époque, ainsi qu'on peut le comprendre en lisant cet intéressant article.

Quand j'étais jeune, j'empruntais ce pont pour me rendre à la célèbre plage de Shipshaw... je vous en parle dans un prochain billet.

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11/11/2014

Et coulent les coquelicots

hommeCoquel.jpg

Des rivières de coquelicots couleur sang coulent dans les douves entourant la Tour de Londres.

Voilà la formidable installation imaginée par l'artiste britannique Paul Cummins pour souligner le Jour du Souvenir, célébré le 11 novembre, date de la signature de l'Armistice qui mettait fin à la Première guerre mondiale.

888.246 coquelicots en céramique évoquent le sang versé par autant de soldats britanniques et du Commonwealth morts au combat* dans cette guerre (une boucherie stupide et inutile comme le sont toutes les guerres).

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Je la trouve belle et émouvante, cette installation intitulée Blood Swept Lands And Seas Of Red (Le sang a balayé de rouge les terres et les mers).
Plantées une à une depuis le mois d'août, les fleurs s'étalent comme une marée montante à l'assaut du gazon vert.

Les Londoniens et leurs visiteurs ont adopté ces coquelicots et vont les voir en grand nombre. Même la Reine Élisabeth, ainsi que Kate et William, s'y sont rendus.

Il s'est trouvé des gens pour réclamer que l'installation ne soit pas démontée, comme prévu.coquelicots,paul cummins,tour de londres,jour du souvenir,armistice

Mais elle le sera sans doute puisque ces "poppies", comme on les appelle là-bas ont été vendus à l'unité, au profit d'oeuvres caritatives qui viennent en aide aux anciens combattants.

"Mercredi 12 novembre, 11 000 volontaires les cueilleront un par un et les nettoieront avant qu’ils soient envoyés à leurs propriétaires", peut-on lire dans le journal français La Croix.


Cet article (pour le lire en entier, cliquer ici) rappelle aussi que  la tradition du coquelicot, encore très suivie au Canada et en Grande-Bretagne, a été inspirée par un poème du médecin militaire canadien John McCrae.

En voici la traduction française (cliquer sur la vignette à droite pour voir le texte original):

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Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix
et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.

PS: Mon blogueur en résidence a aussi parlé de cette oeuvre, y voyant avec grande pertinence une évocation "des flots de sang innocent répandus dans cette Tour et ses environs par les différents monarques d'Angleterre, et les flots de sang répandus sur toute la planète pour édifier l'empire britannique".