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29/04/2011

Le Palais de Chaillot: un secret bien gardé

palais de chaillot,cité de l'architercture,paris,carrouselParis, dimanche, 3 octobre 2010: une belle journée ensoleillée s'annonce. Le moment idéal pour une visite de la tour Eiffel et une excursion sur la Seine en bateau-mouche.

Pour nous rendre dans les jardins du Trocadéro et nous diriger vers la tour, nous aurions pu passer sur l'esplanade extérieure qui divise en deux parties identiques le Palais de Chaillot. Un magnifique édifice, de style à la fois classique et art déco épuré, édifié sur l'emplacement de l'ancien Palais du Trocadéro. Sur un fronton de la façade, cette inscription, que j'ai prise en photo: 

palais de chaillot,cité de l'architercture,paris,carrousel"Tout homme crée sans le savoir
comme il respire mais l'artiste se sent créer
son acte engage tout son être
sa peine bien aimée le fortifie"
(Ce sont des vers de Paul Valéry:, et j'ai appris depuis que trois autres citations du poète sont gravées en différents points de la façade).

Nous étions pressés et n'avions guère de temps. Mais nous avons tout de même décidé, par curiosité, de passer par l'intérieurde l'aile gauche, croyant que nous aurions simplement à

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Portail de la cathédrale de Chartres

traverser rapidement quelques salles ou couloirs. Mais, tentés par les affiches qui nous invitaient à visiter gratuitement la Cité de l'architecture et du Patrimoine, nous nous y sommes dirigés, sans trop savoir à quoi nous attendre.

Jack et moi sommes donc entrés dans la section dite du Musée des monument français: nous y avons découvert un endroit magique, plein de merveilles.palais de chaillot,cité de l'architercture,paris,carrousel Des moulages et reproductions de monuments historiques comme la cathédrale de Chartres et l'abbaye de Cluny. En me promenant dans ces salles en enfilade dont chacune semblait plus intéressante que la précédente, j'avais accès d'un seul coup aux trésors du patrimoine dispersés dans plusieurs régions de France.

Tout est reproduit à l'échelle, fidèlement et dans les moindres détails: portails, porches, frises, colonnes, fresques, bas-reliefs. Art roman, art gothique, art moderne, dans un cadre architectural d'une grande beauté.

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(Reproduction de la chapelle des moines de Berzé-la-Ville, du XIe siècle)

Nous sommes restés là bien plus longtemps que prévu, et nous aurions souhaité nous y attarder davantage. Nous nous sommes promis d'y retourner passer une journée complète si d'aventure nous séjournons à nouveau à Paris.

Car la Cité de l'architecture n'est qu'une partie du Palais de Chaillot, qui comprend aussi, outre les scultpures à l'extérieur, une salle de concert et plusieurs autres sections que j'aimerais bien découvrir.

Les touristes n'en ont que pour la Tour Eiffel, qui est certes digne d'intérêt. Mais la Dame de Fer fait ombrage au Palais de Chaillot, un lieu unique, immense en étendue plutôt qu'en  hauteur,  rempli de fabuleux trésors qui nous ont totalement éblouis.

Voici pour terminer une vue aérienne du Palais et des jardins (prise du haut de la tour Eiffel, mais pas par moi, contrairement aux autres photos qui illustrent cette note!):

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25/04/2011

Histoire de stars

(N.B. J'ai déjà publié cette note en 2006. Je la représente ici,  légèrement modifiée, et avec d'autres images. Mes excuses à ceux qui l'auraient déjà lue)

starfighter,starmaster,atari,film,jeu vidéoMême si j'ai gagné ma vie avec l'écriture, je n'ai presque pas écrit de fiction. Des poèmes (mais est-ce de la fiction?), dont quelques-uns me semblent encore aujourd'hui assez réussis, et quelques nouvelles commencées et pas terminées pour la plupart.
Mais il y eut quelques exceptions, dont celle que voici. Entre 1978 et 1995, les jeux vidéo ont occupé presque tout mon temps de loisir. Entre autres, j'adorais le jeu StarMaster, complexe et passionnant compte tenu de la faible mémoire de la console Atari 2600: il fallait se rendre sur diverses planètes pour y accomplir des missions.
Le jeu m'a inspiré une histoire dont le héros est un adolescent passionné de StarMaster. Un soir, il bat le record du jeu et se retrouve immédiatement transporté - ou téléporté - dans une galaxie lointaine, enrôlé de force dans

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(Voilà à quoi ressemblait StarMaster. Fallait-il aimer ça pour jouer à des jeux vidéo aussi simplistes! Les temps ont bien changé.)

 

une armée interplanétaire pour affronter un puissant ennemi en compagnie d'autres recrues venues de différentes planètes. Il sort victorieux d'une grande bataille au cours de laquelle son coéquipier, bleu avec des yeux jaunes plantés au bout de deux antennes, est abattu.

Le jeune héros est félicité, accepté au sein de l'armée de réserve, et renvoyé sur terre avec un émetteur, qui servira à le rappeler au combat en cas de conflit. Réfléchissant ensuite à tout ça, il est rempli de doutes: il n'apprécie pas l'expérience et il en veut à ceux qui l'ont recruté. Il se promet d'essayer d'échapper à un éventuel nouvel appel, d'où le titre de ma nouvelle: Le déserteur.
Mon mari et mon fils (qui avait alors huit ans) ont bien aimé mon texte d'une quarantaine de pages (dactylographiées, il n'y avait pas encore d'ordi!). Je me proposais de l'envoyer à un concours littéraire.


starfighter,starmaster,atari,film,jeu vidéo Mais un jour de 1985, en revenant de Québec en autobus, j'ai lu dans l'Express le résumé d'un film américain qui venait de sortir en France: Starfighter (version française de The Last Starfighter), l'histoire d'un jeune champion de jeu vidéo recruté par des extra-terrestres pour devenir combattant de l'espace et sauver la galaxie!
Inutile de dire que j'étais complètement sonnée. Je n'en revenais pas. C'était mon idée. Traitée d'une façon différente, mais la même idée, malgré tout.starfighter,starmaster,atari,film,jeu vidéo

J'ai compris alors que ma nouvelle n'avait aucun avenir. Quoi que je dise, j'aurais l'air d'avoir repris à mon compte le scénario du film, d'avoir copié ou plagié, ce qui enlevait toute originalité et tout intérêt à mon texte.


J'ai bien sûr été voir Starfighter (de Nick Castle, avec Lance Guest dans le rôle d'Alex Rogan, vous pouvez voir la bande annonce -en anglais- dans la vidéo ci-dessous) quand il a été projeté au Saguenay: pas mal pour l'époque malgré l'indigence des effets spéciaux...

Mais le triomphe final du jeune héros m'a laissé un goût amer...

24/04/2011

Joyeuses Pâques

Pâques,lapin, stabat mater, rossini, pavarotti, cujus animamDeux mignons lapins pour ce jour de Pâques.

 Et de la musique, aussi. Pour relancer Jack qui a présenté sur son blogue le très beau Stabat mater de Vivaldi (ici, je vous suggère de lire son texte, fort pertinent, qui précède la vidéo), je vous offre celui de Rossini, le Cujus animam chanté par Luciano Pavarotti. J'ai cherché d'autres interprétations de cet air sur Youtube, mais aucun interprète n'arrive à la cheville de Pavarotti.

 

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(Sur la vidéo ci-dessus, le son est en direct, mais pas le visuel, qui propose seulement des images statiques et quelques mots en anglais qui rendent hommage au ténor).

J'aime cet air, cette musique énergique et enjouée qui contraste avec le thème dramatique de la mater dolorosa. Rossini a trouvé le moyen de lui imprimer son style bel canto. J'ai un peu honte d'avouer ma prédilection pour ce type de musique, mais que voulez-vous, à mon âge on ne se refait pas. Et puis il faut que ce soit un peu enlevant et joyeux, puisque c'est Pâques, jour de la Résurrection pour les Chrétiens.

Et nous, tous les autres, pouvons aussi nous joindre à la fête pour célébrer le  printemps et  la (re)naissance: les fleurs, les oiseaux, les papillons, les petits lapins, les bébés... et les coeurs:

la vie va bientôt se mettre à battre partout...

23/04/2011

Vive les femmes!

psychoDeneuve.jpg"La mixité est un plus pour l'entreprise", peut-on lire dans le numéro de mars du magazine français  Psychologies. (À la une: Catherine Deneuve, qui trouve "ennuyeux de vieillir". Elle aura 69 ans le 23 octobre prochain...)

Je cite:

"C'est le secret le mieux gardé de l'économie: plus les femmes sont représentées dans les équipes dirigeantes, plus les résultats des entreprises sont élevés", (Élisabeth Laville, fondatrice du cabinet Utopies. Au bout de ce lien, un texte qu'elle a publié à l'occasion du 8 mars 2011)

Selon l'enquête Féminisation et performances économiques des entreprises, conduite par Michel Ferrary pour Ceram Business School (un institut français, comme son nom ne l'indique pas!) en 2009:

Lorsque le taux d'encadrement féminin est supérieur à 35%:

- la rentabilité de l'entreprise augmente de 96%

- sa productivité de 34%

- et les emplois générés par elle de 157%

Un secret trop bien gardé en effet. Ces chiffres sont valables en France, mais parions que l'on pourrait obtenir des résultats semblables ailleurs dans le monde, notamment au Québec.

On espère surtout que ces chiffres puissent faire réfléchir et contribuer a améliorer le sort des femmes dans les pays où elles sont encore considérées comme des sous-tapis...

21/04/2011

Stress parisien

Du travail stressant, des employés malheureux, il y en a partout. Pour illustrer cela, voici une histoire vécue.

Paris,travail, agence de voyage, stressParis, octobre 2010. La veille de notre retour au Québec, inquiets pour notre transfert vers l'aéroport, nous nous sommes rendus aux bureaux de Cityrama pour avoir des informations. Il y avait foule dans les petits locaux de l'agence, rue des Pyramides: une queue comme on en voit souvent à Paris, et une seule employée. Les gens voulaient faire des "tours": tour de ville, excursion à Versailles, soirée au Moulin Rouge, Châteaux de la Loire, que sais-je. Chacun arrivait avec ses exigences, ses questions, quelques-uns se paignaient du prix élevé des excursions, on aurait dit une ruche pleine d'abeilles bourdonnantes.

Quand ce fut notre tour de nous présenter au comptoir, l'employée, une dame d'un certain âge, bien mise et tout, semblait au bout du rouleau.

"Excusez-moi m'sieu dame,  je suis seule pour répondre à tous ces gens, c'est pas possible, je n'en peux plus", nous a-t-elle dit, manifestement au bord de la crise de nerfs. Les autres employés étaient partis déjeuner... aucun n'était revenu... il était 14 heures!paris,travail,agence de voyage,stress

Nous nous sommes montrés compréhensifs, qu'avions-nous à perdre?

"On vous comprend, ils vous ont laissée seule ici, ce n'est pas drôle, etc..." avons-nous compati tour à tour, Jack et moi.

Bizarrement, ce petit échange a semblé la réconforter. Elle a répondu à nos questions, fait un appel téléphonique pour nous: nous allions recevoir un fax avec tous les détails. Tout fut réglé en quelques minutes, et le lendemain, tout s'est passé comme prévu... ou presque (le chauffeur du minibus... enfin c'est une autre histoire).

Merci ma bonne dame. J'espère que la meute de clients ne vous a pas dévorée, et que le reste de la journée a été moins terrible pour vous!

20/04/2011

Recettes de zénitude

Quand je me trouve réduite à l'état de plante verte par des employés qui préfèrent papoter entre eux (voir ma note à ce sujet), bien sûr que ça m'enrage. Mais comme je n'aime pas me sentir fâchée, j'ai recours, dans ces cas-là, à des stratégies qui me permettent de demeurer zen.

commerce,caissière,employés,clientPremière tactique: réfléchir. Par exemple, quand les employés sont jeunes, je me dis qu'ils sont là de façon temporaire. Ils ne comptent pas faire carrière au supermarché ou à la boutique, où ils travaillent pour payer leurs études. Alors ce travail, les clients, les rouages de  l'entreprise, rien de tout cela ne les intéresse.

Ce n'est pas totalement leur faute: ils ont été élevés comme ça, ils ont appris à se foutre de tout ce qui n'est pas eux. Et puis peut-être que le propriétaire ou le patron ne fait pas l'effort de leur donner une petite formation, histoire de leur communiquer quelques informations sur son supermarché ou son commerce, sur les produits offerts, et des notions de base sur la relation avec les clients. Il appartient aussi au patron d'exercer une surveillance discrète pour voir si tout fonctionne correctement austress,travail,contactx caisses. Et même d'interroger les clients pour évaluer leur degré de satisfaction.

Mais cela se fait rarement: ce que les employés apprennent, c'est comment "scanner" les produits, faire fonctionner la caisse, les cartes de débit et de crédit. Encaisser l'argent, remettre la monnaie. C'est tout ce qui importe. Pour le reste, ils sont souvent laissés à eux-mêmes.

Deuxième type de réflexion, quand je vois un employé qui fait la tête en plaçant ses produits, ou qui m'ignore en parlant au téléphone: me dire que c'est un être humain tout comme moi. Qu'il a peut-être des problèmes. Fatigue ou migraine, par exemple. Maladie d'un proche. Difficultés financières. Ou simplement qu'il se sent dévalorisé dans son travail: traité comme une entité négligeable, il traite à son tour le client comme un sous-tapis.

Une autre tactique qui fonctionne bien: l'humour et/ou le contact. Une petite blague, un sourire, un mot gentil, une remarque sur le temps qu'il fait, sur la cohue du vendredi, sur les qualités d'un produit que j'ai choisi, ça allège l'atmosphère et agit sur l'humeur des employés et même des autres clients.

 

 

16/04/2011

Quand le client dérange

J'aime bien mon supermarché IGA... sauf quand vient le temps de marché, client, frustrationpasser à la caisse. Les employés sont toujours plongés dans une conversation de la plus haute importance. L'emballeur et la caissière, parfois des employés qui passent par là se joignent à la conversation. Ce sont des jeunes pour la plupart. Quelqu'un qu'ils connaissent, une émission de télé, un film: tous les sujets sont bons. Ils parlent fort, se taquinent, font des blagues, se mettent à rire.

Et moi? Quoi moi? Une cliente... Autrement dit personne.

La caissière scanne mes achats, tout en continuant à jaser.  Le total? À moi de le lire à l'écran. Merci? Au revoir? Parfois, mais de justesse, car il faut interrompre la conversation avec les autres... qui reprend dès que mon panier passe le bout du comptoir. Bon débarras, la vieille!!!

Quand l'emballeur me demande si je veux un sac de plastique pour la viande, je réponds toujours NON (la viande est déjà emballée et j'habite à deux pas). Mais il met toujours ma viande dans un sac de plastique. Non seulement on ne me voit pas, mais on ne mmarché,client,frustration'écoute pas.

La pyramide

Autre exemple de cliente superflue. Je circule dans une allée, à la pharmacie, au supermarché, au magasin à grande surface, où se trouve une pyramide de pains, de sacs de chips, de boîtes de kleenex ou autres «cossins» qu'un commis place sur les étagères. Je veux prendre un article qui précisément se trouve derrière la pyramide. L'autre me regarde, l'oeil vide. Je dois m'excuser, lui demander l'autorisation de m'approcher du rayon. S'il doit déplacer de quelques centimètres sa marchandise pour me laisser passer, il me fusille du regard. Parfois  l'obstruction est si dense qu'il faut renoncer et attendre que tout ça soit enlevé.


Le téléphone

Dans les petites boutiques, c'est un autre genre de problème. Dès que j'y mets le pied, un ou plusieurs vendeurs se précipitent sur moi pour me demander s'ils peuvent m'aider. Mais quand vient le temps de payer mes achats, Madame la caissière parle au téléphone. Elle me regarde... et continue à parler, à son copain, à sa copine, à sa mère, je ne sais pas.

Comme je ne m'en vais pas (j'ai déjà pensé à sortir avec mon achat... sans payer, pour voir si elle daignerait cesser de téléphoner), je l'entends dire, à regret:  "faut que je te laisse, j'ai une cliente".
Une cliente! Quelle horreur! Ça dérange, ça occupe de l'espace, ça empêche de circuler, de garnir les étalages, de téléphoner, de vivre sa vie quoi! Et ça veut payer en plus!

13/04/2011

La jeune fille et le Quatuor

nathalie camus,quatuor alcan,concert,guillaume thibert,beethoven,schubertLors du concert de Jessy Dubé dimanche dernier, on a présenté celle qui enseigne le violon à la jeune fille au conservatoire: Nathalie Camus, que j'avais entendue quelques jours plus tôt dans cette même salle (Pierrette-Gaudreault) au concert donné par le Quatuor Alcan. Elle en fait partie depuis sa fondation, il y a 22 ans, de même que le violoncelliste David Ellis.

Un beau programme là aussi, du moins en ce qui concerne les deux oeuvres classiques. Le quatuor de Beethoven qu'ils avaient choisi (op. 95 no 11) n'est pas mon préféré, mais ils ont su tout de même me le faire apprécier.

En revanche, le quatuor La Jeune fille et la mort  (D. 810), est une oeuvre admirable, un mini-requiem, "une berceuse à la mort accueillante et qui parle aussi du fol espoir de vivre et de se révolter contre l'inéluctable". Une oeuvre romantique, tendre et émouvante, dont l'écoute me bouleverse chaque fois, y compris sur le disque gravé par le Quatuor Alcan en 1998 (vous pouvez l'écouter ici). nathalie camus,quatuor alcan,concert,guillaume thibert,beethoven,schubertNathalie Camus,  David Ellis et Luc Beauchemin y étaient déjà (un peu plus jeunes: regardez la pochette!), mais le violoniste Brett Molzan a été depuis remplacé par Laura Andriani. Cette remarquable stabilité apporte maturité et profondeur à toutes leurs interprétations.

Le Quatuor Alcan inscrit régulièrement une création mondiale à son programme. Cette fois c'était Suspends, un quatuor écrit par Guillaume Thibert, jeune compositeur saguenéen (et directeur du Centre d'expérimentation musicale), qui est monté sur scène après l'interprétation. Une oeuvre jugée très intéressante par les interprètes. Sans doute mais en ce qui me concerne, je devrai l'entendre plusieurs fois pour l'apprécier vraiment.

Quant à Musica Celestis, d'Aaron Jay Kernis cette musique est peu trop planante pour moi...

12/04/2011

Les Jeunesses musicales: un phénomène

Jessy Dubé, Jeunesses Musicales, Jonquière, Céline BoisvertDifficile d'expliquer le succès des concerts des Jeunesses musicales présentés à Jonquière: chaque fois, une salle comble ou presque (plus de 350 personnes, salle Pierrette-Gaudreault non réduite), et même des spectateurs repoussés à l'entrée pour certaines prestations. Il y a l'heure et le jour (le dimanche à 16 heures), le coût modeste du billet, la possibilité de prendre un repas ensuite, le dévouement des bénévoles, mais beaucoup d'autres organisations offrent de semblables atouts sans obtenir le même succès.

Autre élément, et non le moindre, pour les abonnés: la certitude d'entendre de la bonne musique jouée par des artistes de talent. Pas des vedettes, rarement des noms connus, mais de bons interprètes. Musiciens accomplis ou en formation, ils sont soigneusement sélectionnés, et toujours de bon calibre.

Pour une jeune interprète comme la violoniste Jessy Dubé (article ici dans Le Quotidien, la photo [ci-haut] est de Sylvain Dufour), qui se produisait dimanche dernier lors du concert dit de la relève, c'est une occasion exceptionnelle, rarement offerte même à des solistes réputés: pouvoir jouer pendant deux heures, devant un public averti et nombreux, c'est une expérience unique, qui représente sûrement uen étape importante dans leur formation. La violoniste, qui jouait sur un instrument moderne créé par Élisabeth Wybou, a en outre reçu une bourse de 1000$, pour l'aider à poursuivre ses études. En Suisse, espère-t-elle, où elle venait de passer des auditions dans quelques écoles réputées.

Ce concert annuel de la relève est donné par un musicien ou un ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean, choisi par l'organisation régionale des JMC: on y a vu passer au cours des années, des interprètes qui font aujourd'hui une belle carrière: Amélie Fradette, Julie Boulianne, Jean-Philipe Tremblay, le violoncelliste Sébastien Gingras...

Ce dernier est le fils de Céline Boisvert, la pianiste qui accompagnait Jessy Dubé: accompagner n'est pas un mot assez fort, car sa partie était aussi imposante que celle de la soliste, ce que cette dernière n'a pas manqué de souligner. Entre autres pour la sonate pour piano et violon de Beethoven (op.30, no 2) et le premier mouvement du concerto de Tchaïkovsky, dont la réduction pour piano a été écrite par le compositeur lui-même. (Sur la vidéo ci-dessus, l'oeuvre est jouée par Sarah Chang et l'Orchestre symphonique de Montréal dirigé par Charles Dutoit).

À ces oeuvres il faut ajouter la Suite italienne pour violon et piano de Stravinsky, Zigeunerweisen de Sarasate, et un caprice de Paganini. Programme riche et chargé, présentation éclairante des oeuvres, interprète(s) solide(s): musique et plaisir.

10/04/2011

Avec Le Comte Ory... on rit

le comte ory,metropolitan,juan diego florez,diana damray,joyce didonato,cinéma jonquièreLe fabuleux ténor péruvien Juan Diego Florez a vu naître son premier enfant (le samedi 9 avril) à peine une demi-heure avant d'entrer sur scène au Metropolitan Opera. Sa femme Julia a donné naissance à leur fils, prénommé Leandro. Un accouchement à la maison, dans le calme, dans l'eau... Le chanteur a juste eu le temps de prendre le bébé et de le remettre à sa femme... puis il a dû cavaler jusqu'au théâtre pour jouer Le Comte Ory à la représentation de 13 heures. Par ailleurs, il n'avait pas dormi de la nuit, ça se comprend. C'est ce qu'il a raconté à Renée Fleming, l'hotesse de cet opéra peu connu de Rossini, présenté en direct du Met au cinéma Jonquière.

C'est ça, la vie d'artiste: naissance, mort, rupture, coup de foudre, accident, dispute: rien ne doit empêcher l'acteur de monter sur scène à l'heure prévue. "The show must go on", comme ils disent.

Et quel spectacle! Du bel canto servi par trois artistes extraordinaires:  Juan Diego Florez, dont je connaissais la polyvalence et le timbre succulent (je l'ai vu dans La Fille du régiment, projeté le comte ory,metropolitan,juan diego florez,diana damray,joyce didonato,cinéma jonquièrel'an passé au cinéma Jonquière), avait pour partenaires Diana Damrau, une soprano allemande que je ne connaissais pas du tout, une authentique colorature, extraordinaire d'agilité vocale et de finesse dans le jeu, et Joyce DiDonato, mezzo de haut niveau, voix souple et soyeuse  subtilement travaillée, qui endosse avec aisance le rôle masculin -et ambivalent- du page Isolier. (Incidemment, la mezzo-soprano jeannoise Julie Boulianne était la doublure de DiDonato dans ce rôle, prête à prendre la relève en cas de pépin... mais cela ne s'est pas produit).

Aigus stratosphériques, arpèges vertigineux, cascades d'ornements et de fioritures:  parfaitement à l'aise dans ce Rossini pur jus, les trois comparses mettent en valeur chaque détail de cette partition semée d'embûches, prononcent à la perfection ce texte français finement ciselé, se répondent avec finesse, agrémentant le tout d'oeillades coquines, de rodomontades, de gestes qui démentent le propos ou inversement, bref, c'est un régal du début à la fin.

le comte ory,metropolitan,juan diego florez,diana damray,joyce didonato,cinéma jonquièreDommage que les rôles secondaires soient un peu négligés, comme c'est souvent le cas au Met: si le baryton français Stéphane Degout (photo ci-contre) est très bien (mais un peu nerveux) dans le rôle de Raimbaud, la mezzo-soprano Suzanne Resmark (Ragonde) et le baryton-basse Michele Pertusi (le tuteur) sont vocalement très ordinaires.

Côté scénario, Le Comte Ory est une immense farce qui s'inscrit dans la tradition de l'opérette à la française: séduction, quiproquos, cachotteries, pamoisons, libertinage, assemblés en une élégante dentelle où les propos égrillards et les phrases à double sens alternent avec de beaux moments poétiques et gracieux.

Afin de séduire la comtesse Adèle, enfermée au château avec ses compagnes pendant que les maris sont aux Croisades, le comte Ory, qui a mauvaise réputation, doit cacher sa véritable identité. Il se déguise d'abord en ermite, et on voit donc Diego Florez vêtu d'une longue tunique blanche, gourou barbu devant lequel se pâment le paysannes et les gens du village (c'est du plus haut comique, un petit aperçu dans la vidéo ci-dessus). Ensuite, pour entrer au château, il endosse l'habit et la coiffe d'une religieuse, imité par tous ses compagnons: drôles de nonnes et nonnes très drôles.

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Et tout finit au lit, avec un trio: deux hommes et une femme (interprétés par deux femmes et un homme!) se caressent joyeusement -et indistinctement- les uns les autres, y prennent plaisir, et chantent admirablement en plus.

Certains critiques américains n'ont pas aimé la mise en scène de Bartlett Sher qui, outre cette entorse finale au livret, prend le parti d'installer une pièce dans la pièce, proposant ainsi une mise en abyme qui n'est pas non plus dans le livret. Je n'y ai pas vu d'inconvénient pour ma part, sauf que cette scène sur la scène réduit les dimensions de l'espace de jeu et limite sans doute les mouvements des choristes.

Il paraît que le rire est bon pour la santé: alors je vais me sentir très en forme pendant les jours qui viennent, car j'en ai pris une bonne dose samedi: en réalité, j'ai rarement autant ri à l'opéra et/ou au cinéma.

De plus, j'ai aimé le chant, j'ai découvert une merveilleuse soprano que je ne connaissais pas, et j'ai vu un nouveau papa heureux, qui certes a dû courir très vite après la représentation pour aller retrouver sa petite famille...