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28/03/2017

Idoménée, roi de Crète

Idomeneo, re di Creta, de Mozart, en direct du Metropolitan Opera
Vu le samedi 25 mars 2017 au Cinéma Apéro de Jonquière

Idomeneo, opéra, Metropolitan, Maahew Polenzani, James Levine, Cinéma Apéro

Un opéra moins connu de Mozart, on se demande pourquoi.Idomeneo, opéra, Metropolitan, Maahew Polenzani, James Levine, Cinéma Apéro
Superbe production, signée Jean-Pierre Ponnelle.

Les plus:
1 - La fabuleuse musique du génial Wolfgang Amadeus.
2 - Matthew Polenzani en Idoménée: voix, physique, émotion: il EST ce roi tourmenté à la perspective de sacrifier son fils au dieu Neptune. Les ornementations ne lui font pas peur, comme on peut le voir sur cette vidéo:
https://www.youtube.com/watch?v=FXzECHpshmI
3 - Elza van den Heever en Elettra, le faux accord dans cette symphonie de personnages bons, purs et aimants.  Dans son immense robe noire, avec rouge à lèvres et maquillage outré (on pense à la Reine de la Nuit) elle chante avec une parfaite maîtrise et nous offre un jeu intense légèrement teinté de second degré.
4 - Nadine Sierra, qui chante le rôle d'Ilia avec une voix fraîche et pure.
5 - Mise en scène dépouillée, décor unique, choeurs, jeu des interprètes.
6 - L'orchestre du Met, dirigé par le toujours magistral(!) James Levine. Pendant un entracte, une vidéo nous le montre, beaucoup plus jeune, en répétition avec Jessye Norman (elle aussi très jeune) pour l'opéra Ariadne auf Naxos: fabuleux!

Les moins:
1 - Alice Coote, dans le rôle d'Idamante, fils d'Idoménée et amoureux d'Ilia, est le maillon faible de ce quatuor d'interprètes. Mal à l'aise, peu expressive, elle chante correctement, mais sans éclat.
2 - Deux entractes interminables, inexplicablement vu qu'il n'y a pas de changement de décor.
3 - Le troisième et dernier acte. Sauf le grand air de la folie d'Électre, absolument magnifique, cette partie m'a semblé (peut-être à cause du long entracte qui avait précédé) moins intéressante musicalement que les précédentes.

Ces quelques irritants n'ont toutefois pas gâché mon plaisir et j'ai passé un après-midi magique.

24/11/2014

Ornements et roucoulements

Le barbier de séville, Rossini, Metropolitan, Isabel Leonard, Lawrence Brownlee

Difficile de résister aux charmes de ce Barbier de Séville présenté au Metropolitan Opera et diffusé samedi (22 novembre) au Cinéma Jonquière.
Dans le rôle de la jeune et jolie Rosina, Isabel Leonard exulte littéralement: elle démontre une absolue joie de chanter et  se moque des embûches de sa très rossinienne partition. Ornements, arpèges, trilles et autres fioritures acrobatiques: elle nous sert tout cela avec une agilité déconcertante, de son beau et clair timbre de mezzo, gracieuse, élégante, féminine et expressive. (On l'a vue récemment en jeune garçon dans Les noces de Figaro: tout un contraste!)
Le ténor Lawrence Brownlee, dans le rôle de son prétendant le comte Almaviva, n'a peut-être pas tout à fait le physique de l'emploi. Toutefois il chante (presque) aussi bien qu'elle, même si chez lui l'effort est plus apparent: ses épaules, sa tête, tout son corps tressautent et vibrent pour nous livrer ses brillantes et prodigieuses mesures.
Christopher Maltman nous offre un magnifique Figaro: très expressif, excellent comédien, il a un timbre superbe. Il manque à quelques rares moments d'agilité vocale, notamment dans le Largo al factotum, un des plus célèbres -et des plus périlleux- airs pour baryton.
Maurizio Muraro impose un Bartolo détestable à souhait: tuteur de Rosina, il la tient prisonnière et veut l'épouser, bien qu'il soit laid et déjà âgé. Il joue fort bien, chante assez correctement, bien que son registre de basse semble un peu limité.

Les autres chanteurs sont musicalement corrects, sans grand éclat, mais très bons comédiens.

La mise en scène de Bartlett Sher est plutôt discrète: à part quelques incontournables cabrioles et poursuites, il permet en général aux acteurs-chanteurs de consacrer toute leur énergie au chant, au tempo, à la synchronisation avec l'orchestre... pour le plus grand plaisir de leur auditoire.

Il leur offre même l'occasion de chanter quelques passages directement devant le public, presque comme en récital, grâce à la passerelle aménagée entre la fosse et la salle.
Une production fort agréable en somme: que de la musique, brillante et colorée, des airs célèbres, des mélodies vives et joyeuses, aussi belles à l'orchestre (sous la baguette de Michele Mariotti) qu'à la scène, d'où nous parvient une éblouissante leçon de bel canto.
Une comédie romantique, pimentée de quelques pitreries et revirements qui font rire, amusante et d'autant plus réjouissante que Bartolo, le barbon qui veut marier Rosine sous la contrainte, est dénoncé et puni.

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On regrette seulement que toute la finale n'appartienne qu'au comte Almaviva, qui chante pendant au moins dix minutes pour célébrer son amour et son union avec la charmante Rosina: Brownlee chante très bien, mais j'aurais vraiment aimé entendre encore Isabel Leonard, dont le personnage devient, à ce moment précis, étrangement muet.
Enfin, ça c'est la faute à Rossini: il aurait dû penser à équilibrer davantage cette dernière scène.
Dans Le Devoir, le critique Christophe Huss s'insurge (une fois de plus) contre la mise en images de cette production du Met, assez désastreuse en effet. Pas moyen de voir en même temps deux personnages qui pourtant se donnent la réplique, ni une scène d'ensemble: toujours ces gros plans énervants sur l'un ou l'autre qui nous privent de comprendre ce qui se passe sur la scène.

Il a raison, mais pour ma part j'ai décidé de ne plus m'occuper de cela. Je refuse de laisser ces détails gâcher mon plaisir... et je me concentre précisément sur ce plaisir.

Il me fut cette fois offert par des artistes de qualité qui ont su faire pétiller et vibrer ce chef-d'œuvre de l'opéra-bouffe italien.

02/05/2014

Così fan tutte: l'amour à quatre

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Bel après-midi, encore une fois, au cinéma Jonquière samedi dernier, 26 avril: Così fan tutte en direct du Metropolitan Opera. La musique, divine comme toujours chez Mozart. Les interprètes du quatuor: jeunes, allumés, compétents, aux visages expressifs, très beaux même en gros plan.

Et pour une fois pas d'abus de ces gros plans dans la prise de vues: nous avions assez de plans larges pour bien saisir l'ensemble du dispositif. C'était assez simple par ailleurs puisque la distribution est minimale, avec seulement six rôles et un mini-choeur qu'on voit à peine.

La soprano Susanna Phillips et la mezzo-soprano Isabel Leonard, qui incarnent les deux soeurs Fiordiligi et Dorabella, animent cette production avec effervescence et dynamisme, se montrant  musicalement et expressivement impeccables. Leurs deux partenaires -et amoureux- le merveilleux ténor Matthew Polenzani et le superbe baryton Rodion Pogossov leur donnent la réplique avec autant de verve et de compétence.

Fort agréable à écouter (cliquez sur l'image ci-dessous pour en entendre un extrait), cette comédie en apparence légère a pourtant quelque chose de troublant, grâce à Mozart, bien sûr. Et aussi à maestro James Levine qui, de retour à la direction musicale après deux ans d'absence pour cause de maladie, était la vraie vedette de cette production, du moins pour les habitués du Metropolitan et pour les critiques new-yorkais.

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Ce qui apparaît d'abord comme une farce mise en place par le bouffon Don Alfonso pour démontrer que, infidèle par nature, toute femme trompera son partenaire si l'occasion s'en présente ("Cosi fan tutte": Ainsi font-elles toutes), se transforme peu à peu en une sorte de pacte avec le diable et se retourne finalement contre tous les protagonistes.
Les deux amis, donc, se prêtent au complot ourdi par Don Alfonso et se déguisent en marchands albanais pour tester la fidélité de leurs fiancées. À leur grand dépit, chacun d'eux parvient  à séduire l'amoureuse de l'autre. Après quoi les deux femmes, avisées de la supercherie, se repentent... et chacune retrouve son chacun.
Mais rien n'est plus pareil, nous disent les regards échangés, les expressions du visage, les accents dans le chant lui-même, peut-être demandés par James Levine, qui a bien saisi l'enjeu sous-jacent de cette comédie.

La trahison, la tromperie, le secret transgressé des corps ont ouvert un abîme sous leurs pieds: tous quatre ont perdu leur innocence et "lu tous les livres" en une seule journée.
Interrogées à l'entracte par l'hôtesse Renée Fleming, les deux chanteuses ont avoué trouver leurs rôles légèrement inconfortables sur ce point: pour ces jeunes femmes modernes, la fidélité dans le couple est une valeur essentielle...

Mozart n'est pas que divin, il est diabolique aussi.
Et ce Cosi fan tutte fut un délice à voir et à entendre.

 

 

17/03/2014

Werther: dentelle et performance

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Sur le rideau qui cache la scène du Metropolitan Opera, avant le début de Werther, sont inscrits les mots "Joyeux Noel", pour souligner que la première scène montrera des enfants apprenant des chants de Noël. L'oeuvre est en français et ils ont voulu bien faire.

Mais ils ont oublié le tréma sur le "e" de Noël! Oups!

La mezzo-soprano Sophie Koch porte des robes assez hallucinantes, que l'ont dirait faites au crochet. Surtout la deuxième (visible sur la photo ci-dessous), blanc crème, complexe avec ses innombrables replis, superpositions, chevrons, boutons et changements de direction. Je ne saurais pas dire si c'est beau ou non, pas vraiment à mon goût, mais enfin c'est fascinant et peut-être fidèle à ce que les dames portaient à l'époque. Sa robe de nuit en dentelle légère a aussi ce petit air fait main, et même la robe de chambre qu'elle porte par-dessus semble tissée à la main. On pourrait en dire autant du costume de tweed que porte sa soeur.

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Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette production est toutefois l'extraordinaire performance du ténor Jonas Kaufmann dans le rôle-titre: presque toujours en scène, il doit chanter alternativement à pleine voix et presque tout bas. Dans la scène finale, il chante en mourant, couché par terre, puis sur un lit, parfois la tête en bas. Son grand air, Pourquoi me réveiller (un extrait en cliquant sur l'image ci-haut), est magnifique, livré avec intensité, sensibilité et justesse.

Un véritable marathon, exigeant mentalement et physiquement, qu'il court sans aucune difficulté (apparente: il prend bien soin de préciser en interview que c'est très difficile mais que cela ne doit pas paraître), dans un français impeccable, meilleur que celui de Sophie Koch, qui est pourtant française. Kaufmann, d'ailleurs considéré comme l'un des grands ténors de l'heure, chante et joue de façon admirable, et il est très bel homme en plus.

Cette oeuvre minimaliste de Jules Massenet  -nombre réduit de protagonistes et de choristes (une demi-douzaine d'enfants qui interviennent assez peu)- met donc en scène Werther, d'abord créé par Goethe dans Les souffrances du jeune Werther. Celui-ci est pris d'une violente passion  pour Charlotte, une jeune fille qui se refuse à lui car elle doit épouser Albert à qui elle est fiancée. Une passion romantique, maladive, qui bien entendu conduit au drame.

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La mise en scène du réalisateur britannique Richard Eyre est à la fois simple et efficace, serrant au plus près l'évolution des personnages en modulant les infimes variations de leurs sentiments. La scénographie, signée Rob Howell (qui a aussi créé les costumes), encadre avec pertinence les chanteurs dans des espaces réduits, avec un recours fréquent (mais justifié) aux projections.

Bref, la production est assez réussie, mais au point de vue chant, exception faite de Jonas Kaufmann, la performance générale est plutôt moyenne. L'orchestre m'a semblé fort bon, et tous les interviewés, autant les chanteurs que le chef Alain Altinoglu, s'accordaient à louanger l'exceptionnelle profondeur musicale et orchestrale du compositeur.

Werther était projeté au cinéma Jonquière, en direct du Metropolitan Opera, le samedi 15 mars 2014.

 

02/03/2014

Tour de magie à l'opéra

Le théâtre, l'opéra, toute performance sur scène procède d'un art de l'illusion parfois poussé très loin.

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(La basse Mikhail Petrenko © Cory Weaver, Metropolitan Opera)

Une prodigieuse illustration de cela me fut proposée par la trajectoire d'un mannequin, lors de la projection de l'opéra Le Prince Igor  au cinéma Jonquière, en direct du Metropolitan Opera.
Cette trajectoire, seuls ceux qui ont vu l'opéra dans un cinéma ont pu la suivre, alors que les spectateurs présents dans la salle du Met n'en ont rien vu, puisque l'illusion dont je parle était justement conçue à leur intention.

Le mannequin: une copie grandeur nature du prince Galitsky.  Celui-ci, le méchant de l'histoire, règne en despote sur la ville de Poutyvl en Russie (aujourd'hui en Ukraine!), pendant que le prince Igor son beau-frère est retenu prisonnier dans un camp par le chef des Polovtses.
Galitsky, Vladimir de son prénom, trouve la mort dans une bataille à la fin du deuxième acte. Mais le mannequin, doublure inerte de Vladimir, ou plutôt du chanteur qui l'incarne, est allongé par terre et dissimulé derrière une table avant même le début de l'acte, comme nous avons pu le voir sur les images du changement de décor diffusées à l'écran pendant l'entracte.

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Le mannequin est donc là, invisible, dès le début de la scène dans laquelle nous pouvons voir Mikhail Petrenko, qui incarne Vladimir, chanter, jouer son rôle de méchant, interagir avec les autres artistes, jusqu'à l'attaque des Polovtsiens.

Après celle-ci, quand se dissipent les bruits, la fumée et la confusion, Vladimir est étendu au sol, sur le ventre, manifestement mort. Impossible de s'y tromper, c'est bien lui: le costume, la chevelure, et jusqu'à cette légère couronne dégarnie au sommet du crâne, que l'on reconnaît immédiatement car le dessus de sa tête est orienté vers la salle.prince igor,borodine,tcherniakov,ildar abdrazakov,oksana dyka,mikhail petrenko,metropolitan,cinéma jonquière

À l'entracte qui commence ensuite, l'hôte et animateur Eric Owens se tient sur la scène dévastée en compagnie justement de Mikhail Petrenko qui lui accorde une interview. Derrière eux, deux techniciens se présentent, font un petit signe de la main signifiant "on s'excuse" et repartent avec... le mannequin représentant Vladimir, qui gît toujours sur la scène!

Ce fut un moment extraordinaire, une sorte de clin d'oeil...  assorti d'un léger malaise. Comme un tour de magie dont le secret nous aurait été dévoilé par erreur.
Je me suis demandé pourquoi on avait eu recours à un mannequin, une doublure en quelque sorte, pour représenter le corps de Vladimir. Il me semble que Mikhail Petrenko aurait pu tout simplement s'étendre par terre et faire le mort.

Il y a sans doute de bonnes raisons à cela, mais je ne les connais pas. Tout ce que je sais, c'est que ce moment nous a donné un fascinant aperçu de ce qui peut se tramer en coulisse, et de tout ce qui nous est caché quand on est spectateur dans une salle.

(Mes propos sur la production elle-même dans le prochain billet).

22/01/2013

Jour de reines

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J'ai passé mon samedi avec des reines. Trois reines, pour être plus exacte. Il y en avait deux dans l'opéra Maria Stuarda, de Donizetti, au Metropolitan Opera, transmis par le cinéma Jonquière. Deux reines, deux rivales: Élisabeth 1ère d'Angleterre et Marie Stuart, reine d'Écosse. Cette dernière est confinée à la prison pour le meurtre de son mari. Les deux femmes se livrent une lutte psychologique sans merci, ayant comme enjeux le trône d'Angleterre et l'amour d'un homme

Ce qui mène à une confrontation extraordinaire à la fin du premier acte, où les deux reines se disent les vraies affaires. Marie Première contre Élisabeth Première, légitime contre "batarde", catholique contre anglicane, mezzo contre soprano: un duo mémorable.

La production du Metropolitan vaut surtout par la prestation magistrale, absolument stupéfiante, de Joyce DiDonato, qui incarne Marie Stuart. En deuxième partie, elle aligne trois (ou quatre? je ne sais plus) arias très exigeantes, autant au point de vue du jeu (elle a vieilli de dix ans depuis le premier acte, elle est agitée de tremblements, elle est émue et verse des larmes), que de la prestation vocale où se succèdent trilles, mélismes, aigus sur graves, graves sur aigus. Elle fait tout cela à la perfection, soulevant autant l'admiration que l'émotion du spectateur, qui ne peut que compatir à la douleur de cette reine qui s'en va vers la mort. (Marie Stuart fut décapitée le 8 décembre 1542).

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Je ne sais pas pourquoi le metteur en scène David McVicar a voulu présenter Élisabeth sous une allure aussi incongrue: une sorte de robot qui se déplace sans grâce et semble sur le point de tomber à chaque pas, mais en tout cas c'est bien réalisé par la soprano sud-africaine Elza van den Heever. Elle chante aussi plutôt bien, même si sa prestation est totalement éclipsée par celle de Joyce DiDonato.

Matthew Polenzani est très bien, vocalement et physiquement, dans le rôle un peu difficile de l'indécis Leicester, aimé des deux reines. J'ai aimé le timbre et la technique de Joshua Hopkins dans le rôle de William Cecil mais pas du tout la prestation de la basse Matthew Rose, qui incarne  Talbot, le conseiller de Marie Stuart.

Il y avait beaucoup de monde au cinéma Jonquière, où la projection a encore une fois été affectée par des problèmes de son. On nous promet que ce sera réglé sous peu. Quant à la mise en images en provenance du Met, elle était tout simplement infecte, abusant des gros plans et des contreplongées.

La troisième  reine de mon samedi fut Christine de Suède, sujet de la pièce Christine la reine garçon, de Michel-Marc Bouchard, présentée par le TNM dans la nouvelle salle nommée Théâtre Banque Nationale. J'en parle dans une prochaine note.

12/11/2012

Tempête sur le Met

The Tempest, Thomas Adès, Robert Lepage, Audrey Luna, Simon Keenlyside, Alan Oke

J'ai hésité un peu, puis finalement je suis allée voir The Tempest samedi au cinéma Jonquière, en direct du Metropolitan Opera. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir un compositeur diriger sa création. C'était fréquent autrefois, mais les temps ont changé.

Donc, Thomas Adès, qui a collaboré avec Meredith Oakes pour le livret, était au pupitre pour diriger cette oeuvre, inspirée de La Tempête de Shakespeare. Robert Lepage signe la mise en scène, qu'il a présentée en grande première l'été dernier à Québec, avec une distribution différente.

Je n'ai pas regretté mon déplacement, même si, du point de vue musical, ce n'est pas tout à fait the tempest,thomas adès,metropolitan,operarobert lepage,audrey luna,simon keenlyside,alan okema tasse de thé. Disons que ce ne sont pas des mélodies à retenir ou à fredonner. Toutefois, c'était moins agressif que je l'aurais pensé. J'ai même beaucoup aimé Audrey Luna dans le rôle d'Ariel: une voix quasi surnaturelle dans les aigus extrêmes, entre le cri et le chant, c'est fascinant, vraiment beau à entendre (c'est elle qui chantait à Québec également). Lèvres peintes en mauve, elle se déplace dans l'espace avec des mouvements stylisés et amplifiés, une gestuelle empruntée à la fois à l'animal et à l'acrobate de cirque.

Je nai jamais vu la pièce de Shakespeare au théâtre, mais j'en ai vu diverses adaptations, comme The Enchanted Island, créé au Met l'an dernier, donc je connais un peu la trame et les personnages.

Le baryton Simon Keenlyside incarne un superbe Prospero. Très bons interprètes aussi:  Alan Oke, le sombre Caliban, Isabel Leonard (le rôle était tenu par Julie Boulianne à Québec) en Miranda, fille de Prospero et Alek Shrader, qui joue son amoureux, le jeune et beau Ferdinand.

La mise en scène est vivante, très visuelle. Après  la tempête initiale, spectaculaire avec ses grands flots bleus où s'agitent les âmes en perdition, les naufragés et les autres se retrouvent dans les décors d'un théâtre, celui de la Scala de Milan, où le lustre imposant se déplace dans l'espace, servant notamment de perchoir à Ariel. Une belle idée, même si ce n'est pas la première fois qu'on voit ça, à la fois théâtre dans le théâtre, et "calendrier de l'Avent" (des cases où se jouent diverses scènes), comme disent les Anglais. J'ai adoré ce concept, porteur, inspiré et inspirant.

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À travers les rivalités, luttes de pouvoir, affrontements, revirements, l'amour (celui du couple Miranda et Fernando, celui du père de ce dernier pour son fils, celui de Prospero pour l'humanité), naît ou se développe, se révèle plus fort que les pouvoirs magiques et triomphe finalement.

Si la première scène, celle qui suit la tempête, est un peu longue et soporifique, la suite est à la fois intéressante, divertissante et convaincante. Je me suis laissée porter, bercer, enchanter par ce rêve, cette légende, ces symboles, ces élans, et par cette musique étrange qui soutient tout cela.

Un peu moins de monde que d'habitude à Jonquière, certains habitués ont déclaré forfait, craignant peut-être de sortir des sentiers battus, mais pour ma part, je suis vraiment heureuse d'avoir vu The Tempest.

17/05/2011

La Walkyrie: besoin d'air(s)

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En octobre dernier, je m'étais rendue au cinéma Jonquière pour voir L'Or du Rhin, de Wagner, en direct du Metropolitan Opera. Je me suis alors heurtée à une porte close sur laquelle une petite affiche annonçait que c'était complet.

Samedi dernier 14 mai, la même salle diffusait le deuxième des quatre opéras du cycle du RingDie Walküre, toujours sous la houlette de Robert Lepage et de son équipe québécoise. Craignant la même cohue que l'automne dernier, j'ai acheté mon billet une semaine à l'avance et je me suis présentée assez tôt au cinéma Jonquière. Mais cela n'aurait pas été nécessaire, car il y avait cette fois  bien peu de monde. Une des plus petites assistances que j'aie vues dans cette salle au cours des deux dernières années pour un opéra du Met.

La présentation a débuté avec une demi-heure de retard (au Metropolitan et dans les cinémas) pour des raisons techniques, donc à midi 30 pour se terminer à 18 heures.

J'ai été m'asseoir avec un petit groupe d'amis que j'appelle affectueusement les "adorateurs de Wagner": ils connaissent tous les opéras du compositeur, ils en ont vu plusieurs versions, dont certaines au festival de Bayreuth. Cette musique les transporte, les fait littéralement tripper. Encore cette fois, ils ont aimé, ils ont été émus par ces personnages et ces scènes qu'ils connaissent bien, ils ont même versé quelques larmes. Ce qui ne les a pas empêchés de critiquer certains aspects de l'interprétation et de la mise en scène.

 

 

Pour ma part  je suis restée assez froide et je me suis ennuyée par moments. J'ai apprécié en général la partie orchestrale, puissante, nuancée, avec le chef James Levine toujours aussi allumé et efficace. Il y a de belles images, une utilisation ingénieuse et étonnante de "la machine" (nommée ainsi peut-être [mais je ne sais pas s'ils sont au courant] en référence au nom de la compagnie de Robert Lepage, Ex Machina), unique élément de décor, immense structure faite d'une série de planches pivotant autour d'un axe, due au scénographe Carl Fillion.

L'amour qui naît entre Sieglinde et son frère jumeau Siegmund donne lieu à de beaux moments à la fin du premier acte. Tout comme la condamnation de Brünnhilde par son père Wotan à la fin. La chevauchée des Walkyries est spectaculaire (vue par Robert Lepage sur la photo du haut, et vue par Patrice Chéreau sur la vidéo qui suit), de même que l'embrasement final du décor autour de Brünnhilde, suspendue la tête en bas (c'est une doublure, dit-on). Et j'ai bien aimé les interviews et les présentations menées par le suave Placido Domingo aux entractes.

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Debora Voigt et Bryn Terfel


Les chanteurs, Bryn Terfel (Wotan, immense), Deborah Voigt (Brünnhilde, elle va chanter avec l'OSM en 2012), Eva-Maria Westbroek (Sieglinde), Jonas Kaufmann (un Siegmund au physique très agréable), Stephanie Blythe (Fricka) m'ont semblé bons en général, mais ne m'ont pas convaincue de l'intérêt de cette partition, côté vocal. Pour moi qui aime les exploits vocaux, les belles mélodies et les grandes arias, cette musique manque d'air(s).

Mal à l'aise pour juger quelque chose que je ne comprends pas, je laisse donc la critique à d'autres (voir à la fin de cette note). Les Américains ont en général été sévères  avec la mise en scène de Lepage. Mais ils ont assisté à la première, où Deborah Voigt a trébuché sur la machine lors de son entrée, et où Eva-Maria Westbroek, malade, a dû se faire remplacer.  Or, dans la représentation que j'ai vue samedi, tout s'est bien déroulé. Les critiques se plaignent aussi des bruits et craquements émis par les planches qui se déplacent, or, cela n'était pas très perceptible au cinéma et ne dérangeait en rien l'audition.

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Jonas Kaufmann et Eva-Maria Westbroek. (Photo: Ken Howard)

Bref, c'était une expérience à vivre, et j'ai aimé mieux cette Walkyrie que Tristan und Isolde, vu il y a trois ans. Je pourrais répéter la plupart des choses que j'avais alors écrites, mais en adoucissant un peu mon propos. Mon "allergie à Wagner" a un peu diminué, mais je ne suis pas guérie, loin de là.

Je suis contente d'avoir vu ça, d'avoir fait plus ample connaissance avec Wotan, Brühnnilde, et les jumeaux Siegmund et Sieglinde. De leur union naîtra Siegfried, héros du troisième opéra du cycle, qui sera présenté l'automne prochain: je ne sais pas si j'irai le voir...

 

Autres textes sur La Walkyrie de Robert Lepage:

En anglais:

- Un texte suivi de liens vers d'autres critiques publiées aux États-Unis..

En français:

- Le Soleil

- Le Devoir

- Voir

- Critiques américaines et internationales de La Walkyrie, traduites et résumées dans La Presse:

02/05/2011

Il Trovatore: flammes, passion et bel canto

Il Trovatore,Radvanovsky, Hvorostovsky, Metropolitan,Alvarez,McVicarIl faut aimer l'opéra pour aller s'enfermer dans une salle obscure alors que la première journée vraiment printanière brille de tous ses feux et nous invite à jouer dehors.

J'aime donc l'opéra, puisque ce samedi 30 avril, je suis allée voir Il trovatore, de Giuseppe Verdi, production du Metropolitan Opera diffusée en direct au Cinéma Jonquière. Parfois on nous présente la première d'un opéra, cette fois je crois qu'il s'agissait de la dernière des représentations (qui ont débuté en novembre) de cette production dont la mise en scène est signée David McVicar. Bande-annonce et extrait vidéo au bout de ce lien.

Je connaissais vaguement quelques airs, mais pas vraiment cette oeuvre pourtant très célèbre. Le synopsis est tellement compliqué que personne ne le comprend vraiment: une femme et un enfant  jetés dans un bûcher, la vengeance, la passion, la jalousie. Il y a des combats dont l'issue n'est pas montrée immédiatement, des motivations difficiles à comprendre. On peut s'appuyer cependant sur l'éternel triangle opératique:  le méchant baryton et le bon ténor s'affrontent pour l'amour de la soprano, qui meurt à la fin, ainsi qu'au moins un des deux rivaux.

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(Marcelo Alvarez et Sondra Radvanovsky dans la scène finale)

La mise en scène qui divise le plateau en deux rend les choses aussi claires que possible en réglant la question des  changements de décors, remplacés par le pivotement d'une  partie de la scène, mais plusieurs points demeurent malgré tout obscurs. Peu importe d'ailleurs, si la musique est bien servie. Et quelle musique! riche, puissante, nuancée, présentée correctement mais sans éclat particulier par le chef Marco Armiliato et ses musiciens.

Les quatre premiers rôles du Trouvère requièrent autant d'interprètes solides, tant du point de vue dramatique que vocal, et nous les avions somme toute: chacun a été inégal, a connu quelques ennuis vocaux, mais chacun a aussi été excellent aux moments-clés, laissant passer l'émotion et la tension avec un contrôle technique de haut niveau. Les scènes à deux personnages ou plus étaient très bien menées, de même que les prestations du choeur, et finalement, la tragédie dans ce qu'elle a de plus poignant s'est incarnée dans les voix, dans les visages des protagonistes, le drame est devenu réel sous les yeux des quelque 150 spectateurs présents.

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Sondra Radvanovsy (photo ci-dessus), une soprano américaine au visage ouvert et attrayant, possède une voix naturellement puissante et bien projetée, plysique idéal pour le rôle de Leonora. Son jeu est intense, surtout dans la scène du sacrifice final, qui nous arracherait des larmes. Les notes très aiguës m'ont semblé moins belles, mais je ne puis pas juger avec certitude, cela tient peut-être au système sonore du cinéma, et cette remarque vaut pour tous les autres interprètes de toutes ces diffusions.

Le ténor argentin Marcelo Alvarez (site officiel: en quatre langues... mais pas en français) a été le plus inégal des quatre, avec de moins bons et de meilleurs moments, sans doute meilleurs quand il chantait avec ses partenaires, mais enfin, son timbre est agréable et il a bien accompli son travail.

Le baryton sibérien Dmitri Hvorostovsky (pas grand-chose sur ce lien en français, où son nom est d'ailleurs mal orthographié), grande vedette internationale, véritable rock star de l'opéra, fut acclamé avec passion par le public new-yorkais après la représentation. (Il a donné un concert à Montréal l'an dernier et il était au programme à Québec ce mercredi mais le concert a été annulé).

il trovatore,radvanovsky,hvorostovsky,metropolitan,mcvicarBeau visage aux traits réguliers, superbe tignasse blanche devenue sa marque de commerce, mince et bien fait, il chante avec puissance et naturel. C'était impressionnant de le voir reprendre son souffle pendant les applaudissements qui ont suivi son grand solo: il venait manifestement de tout donner.

Et enfin Dolora Zajick (site en anglais seulement, désolée) incarne la gitane Azucena, celle par qui tout arrive, dont la mère a été brûlée, qui a jeté son propre enfant au feu et qui maintenant réclame vengeance. Visage singulier et casting parfait, très belle voix de mezzo aux accents étranges dans le grave, mais ce qu'elle prononce mal l'italien! (ses partenaires étaient un peu meilleurs à ce chapitre, mais pas terribles eux non plus).

La scénographie très réussie installe un univers qui évoque celui du peintre Goya.

Bref, j'ai bien apprécié ce Il trovatore du Met:  une belle production, pas trop longue (trois heures, c'est raisonnable), servie par d'excellents artistes, agréable musicalement et visuellement.

10/04/2011

Avec Le Comte Ory... on rit

le comte ory,metropolitan,juan diego florez,diana damray,joyce didonato,cinéma jonquièreLe fabuleux ténor péruvien Juan Diego Florez a vu naître son premier enfant (le samedi 9 avril) à peine une demi-heure avant d'entrer sur scène au Metropolitan Opera. Sa femme Julia a donné naissance à leur fils, prénommé Leandro. Un accouchement à la maison, dans le calme, dans l'eau... Le chanteur a juste eu le temps de prendre le bébé et de le remettre à sa femme... puis il a dû cavaler jusqu'au théâtre pour jouer Le Comte Ory à la représentation de 13 heures. Par ailleurs, il n'avait pas dormi de la nuit, ça se comprend. C'est ce qu'il a raconté à Renée Fleming, l'hotesse de cet opéra peu connu de Rossini, présenté en direct du Met au cinéma Jonquière.

C'est ça, la vie d'artiste: naissance, mort, rupture, coup de foudre, accident, dispute: rien ne doit empêcher l'acteur de monter sur scène à l'heure prévue. "The show must go on", comme ils disent.

Et quel spectacle! Du bel canto servi par trois artistes extraordinaires:  Juan Diego Florez, dont je connaissais la polyvalence et le timbre succulent (je l'ai vu dans La Fille du régiment, projeté le comte ory,metropolitan,juan diego florez,diana damray,joyce didonato,cinéma jonquièrel'an passé au cinéma Jonquière), avait pour partenaires Diana Damrau, une soprano allemande que je ne connaissais pas du tout, une authentique colorature, extraordinaire d'agilité vocale et de finesse dans le jeu, et Joyce DiDonato, mezzo de haut niveau, voix souple et soyeuse  subtilement travaillée, qui endosse avec aisance le rôle masculin -et ambivalent- du page Isolier. (Incidemment, la mezzo-soprano jeannoise Julie Boulianne était la doublure de DiDonato dans ce rôle, prête à prendre la relève en cas de pépin... mais cela ne s'est pas produit).

Aigus stratosphériques, arpèges vertigineux, cascades d'ornements et de fioritures:  parfaitement à l'aise dans ce Rossini pur jus, les trois comparses mettent en valeur chaque détail de cette partition semée d'embûches, prononcent à la perfection ce texte français finement ciselé, se répondent avec finesse, agrémentant le tout d'oeillades coquines, de rodomontades, de gestes qui démentent le propos ou inversement, bref, c'est un régal du début à la fin.

le comte ory,metropolitan,juan diego florez,diana damray,joyce didonato,cinéma jonquièreDommage que les rôles secondaires soient un peu négligés, comme c'est souvent le cas au Met: si le baryton français Stéphane Degout (photo ci-contre) est très bien (mais un peu nerveux) dans le rôle de Raimbaud, la mezzo-soprano Suzanne Resmark (Ragonde) et le baryton-basse Michele Pertusi (le tuteur) sont vocalement très ordinaires.

Côté scénario, Le Comte Ory est une immense farce qui s'inscrit dans la tradition de l'opérette à la française: séduction, quiproquos, cachotteries, pamoisons, libertinage, assemblés en une élégante dentelle où les propos égrillards et les phrases à double sens alternent avec de beaux moments poétiques et gracieux.

Afin de séduire la comtesse Adèle, enfermée au château avec ses compagnes pendant que les maris sont aux Croisades, le comte Ory, qui a mauvaise réputation, doit cacher sa véritable identité. Il se déguise d'abord en ermite, et on voit donc Diego Florez vêtu d'une longue tunique blanche, gourou barbu devant lequel se pâment le paysannes et les gens du village (c'est du plus haut comique, un petit aperçu dans la vidéo ci-dessus). Ensuite, pour entrer au château, il endosse l'habit et la coiffe d'une religieuse, imité par tous ses compagnons: drôles de nonnes et nonnes très drôles.

Le Comte Ory, Metropolitan, Juan Diego Florez, Diana Damray, Joyce DiDonato, cinéma Jonquière

Et tout finit au lit, avec un trio: deux hommes et une femme (interprétés par deux femmes et un homme!) se caressent joyeusement -et indistinctement- les uns les autres, y prennent plaisir, et chantent admirablement en plus.

Certains critiques américains n'ont pas aimé la mise en scène de Bartlett Sher qui, outre cette entorse finale au livret, prend le parti d'installer une pièce dans la pièce, proposant ainsi une mise en abyme qui n'est pas non plus dans le livret. Je n'y ai pas vu d'inconvénient pour ma part, sauf que cette scène sur la scène réduit les dimensions de l'espace de jeu et limite sans doute les mouvements des choristes.

Il paraît que le rire est bon pour la santé: alors je vais me sentir très en forme pendant les jours qui viennent, car j'en ai pris une bonne dose samedi: en réalité, j'ai rarement autant ri à l'opéra et/ou au cinéma.

De plus, j'ai aimé le chant, j'ai découvert une merveilleuse soprano que je ne connaissais pas, et j'ai vu un nouveau papa heureux, qui certes a dû courir très vite après la représentation pour aller retrouver sa petite famille...