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03/05/2015

Sur les flots bleus du souvenir

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Vers la fin de ce film formidable (cliquer ci-dessus pour le voir, durée totale: 30 minutes) tourné par l'abbé Maurice Proulx en 1958 pour mettre en valeur les attraits de la région du Saguenay (ce n'était pas encore une ville à l'époque), on voit quelques images du Richelieu qui appareille au port de Chicoutimi pour naviguer sur le Saguenay jusqu'à Tadoussac, et ensuite sur le fleuve Saint-Laurent vers Québec et Montréal.
Cela m'a rappelé un beau souvenir. Je ne sais pas si c'est arrivé plus d'une fois, mais je me souviens d'un voyage à bord de ce bateau, avec ma mère, sa soeur ma tante Yvette et mon petit frère Pierre.
Après nous avoir conduits à Chicoutimi en voiture, mon père retournerait à la maison pour travailler pendant la semaine et nous rejoindrait ensuite à Tadoussac la fin de semaine, pour nous ramener ensuite à Arvida.

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Ce fut ma première croisière.  Après avoir vu le navire arriver au quai, tout blanc, immense, je suis montée à bord pour un voyage fantastique.

Je découvris sur ce bateau un nouvel univers, totalement différent de tout ce que je connaissais. J'allai de surprise en éblouissement dans ce véritable labyrinthe peuplé de mystères, de portes ouvrant sur des grandes pièces richement décorées ou encore sur de minuscules armoires à balais, de coursives et d'escaliers menant on ne sait où.

Le perpétuel grondement qui montait de ses entrailles avait quelque chose d'inquiétant et de fascinant à la fois.
Il y avait une belle grande salle à manger et de petites cantines où on pouvait acheter de la liqueur et de la crème glacée. Des salons aux sofas profonds et aux tapis épais, des bibliothèques aux chaises garnies de velours, des fumoirs aux fauteuils en cuir d'où émanaient  des odeurs étranges... tous presque vides.

Les passagers préféraient en effet se tenir sur les ponts pour admirer le paysage et apercevoir la statue de la Vierge au Cap Trinité tandis que les haut-parleurs jouaient l'Ave Maria. Les femmes portaient des fichus, et les hommes des casquettes car l'air était frais et le vent soufflait fort.
Le Fjord du Saguenay, que j'aime tant aujourd'hui, ne m'intéressait guère à cette époque de mes sept ans. Je préférais nettement l'intérieur du bateau.

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Il y avait des activités organisées pour les enfants (dessin, coloriage, bricolage), mais ce qui m'attirait le plus, c'était un jeu de société pour adultes: la course de chevaux! J'étais totalement captivée par ces petits chevaux en plastique que les joueurs déplaçaient, en fonction des points obtenus en lançant les dés, sur une longue piste (en bois si je me souviens bien) posée par terre.

J'avais vraiment hâte de grandir... juste pour pouvoir participer à ce jeu.

Tout cela m'a tellement absorbée que je ne garde par ailleurs aucun souvenir de l'entrée dans la baie de Tadoussac, ni du débarquement, ni du trajet jusqu'à l'hôtel...

Dans un prochain billet, des détails sur l'histoire du Richelieu et de ses frères.

______

*: Toutes les images qui illustrent ce billet sont tirées du film Au Royaume du Saguenay, de l'abbé Maurice Proulx, rendu accessible par Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

05/08/2014

Aluminium, pêche, golf et réminiscences

En bonne autochtone d'Arvida dont le père a travaillé pour Alcan, j'étais intéressée par l'exposition Les joyaux en aluminium présentée à la Pulperie de Chicoutimi.
Un objet en particulier m'a touchée et fascinée dans cet ensemble un peu hétéroclite de pièces en aluminium (qui proviennent de la collection française Jean Plateau et de la collection de La Pulperie-Musée régional).
Il s'agit d'un canot en aluminium confectionné en 1934 par Eddy Gagnon. Une photo montre ce grand pêcheur et chasseur devant l'Éternel avec l'un de ses fils, Jean, à l'issue d'une pêche quasi-miraculeuse: huit belles prises (brochets ou ouananiches, je ne m'y connais pas trop) enfilées sur une branche. pulperie,chicoutimi,aluminium,collection jean-plateau,eddy gagnon,hélène gagnon
Comme il est interdit de prendre des photos de l'exposition, je ne peux que vous proposer ces deux images (trouvées sur la Toile) où on aperçoit partiellement le canot en arrière-plan, derrière un heaume et derrière un buste.pulperie,chicoutimi,aluminium,collection jean-plateau,eddy gagnon,hélène gagnon

Le canot et la photo ont fait remontrer des souvenirs...

Car Eddy Gagnon était le père de mon amie et compagne de classe Hélène Gagnon, une Arvidienne qui s'est notamment distinguée par ses exploits au golf.

Le blogueur étatsunien Charlie Stewart raconte les débuts d'Hélène dans le texte qui suit (cliquez pour mieux lire):

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Il y explique notamment qu'à l'âge de huit ans, elle a commencé à frapper des balles avec trois bâtons de golf trouvés dans les équipements sportifs de ses six frères (elle avait aussi quatre soeurs!).

Son père lui a aménagé un petit parcours où des boîtes de conserve faisaient office de trous, dans le parc en face de chez elle (devenu depuis peu le parc Lévesque). Inscrite au club Saguenay d'Arvida d'abord à titre junior, elle impressionnait avec un coup de départ extraordinaire, très droit et bien plus puissant que celui de la plupart des hommes inscrits au même club.

Elle a ensuite connu une belle carrière amateur, remportant de nombreux tournois où elle a représenté successivement le Québec, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. 
Elle s'appelle maintenant Hélène Gosse (du nom de son mari australien) et vit depuis plusieurs années aux États-Unis, où elle joue encore au golf, en plus d'enseigner et d'agir comme formatrice et coach pour l'équipe de jeunes golfeuses de la Shady Side Academy de Pittsburgh.

Un coup... de circuit
Mais la force de frappe d'Hélène ne se manifestait pas seulement au golf. Dans nos parties de balle-molle, au Collège du Bon Pasteur, quand elle se présentait au marbre, un cri retentissait dans l'équipe adverse: "les filles, reculez-vous, c'est Hélène!"

Les vaches avaient beau reculer jusqu'au fin fond du champ, la balle filait toujours bien trop haut et trop loin pour qu'elles puissent l'attraper.

Hélène s'offrait à chaque fois un coup de circuit.

Un jour, elle a cogné si fort que la balle est allée fracasser une fenêtre de l'Évêché, sur le terrain voisin.

Notre mère supérieure était certes en colère, mais je crois qu'elle admirait secrètement les talents sportifs de notre compagne. Et qu'elle éprouvait une certaine fierté (bien dissimulée) en allant révéler le méfait d'Hélène aux autorités de l'Évêché.

Monseigneur s'est montré magnanime, accordant son pardon à la pécheresse... et à ses complices.

24/07/2014

Un direct au coeur

La Pulperie de Chicoutimi est un magnifique lieu de mémoire, d'histoire, de culture. Tous les citoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean devraient en être fiers, y aller régulièrement et y conduire leurs visiteurs de l'extérieur. Notre histoire y est racontée de diverses manières, par des expositions, visites et activités implantées non pas dans un décor fabriqué de toutes pièces, mais sur le site même de l'ancienne Compagnie de pulpe de Chicoutimi, un lieu où des gens d'ici ont vécu et travaillé, magnifiquement préservé, aménagé et transformé en un musée régional vivant.

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©Sarah Caron

 

Cependant, lors de ma plus récente visite, ces extraordinaires présentations à caractère régional et historique (dont je reparlerai sans doute) furent éclipsées par les photos exposées dans le  hall du bâtiment 1921 sous le titre Femmes pachtounes, des êtres de second rang. (Ces photos ont été présentées au Zoom Photo festival Saguenay en 2013)

La photographe française Sarah Caron s'est rendue dans des régions difficiles d'accès du Pakistan pour capter des images de ce peuple, en particulier des femmes.

La tribu des Pachtounes vit sous l'emprise des Talibans, au Pakistan et en Afghanistan, selon des principes cruels et archaïques, qui fait notamment des femmes des êtres à peine humains. Elles doivent obéir, se plier aux rites et traditions, travailler et demeurer aussi effacées que possible, muettes et voilées.

En plein coeur de Chicoutimi, on peut donc voir des photos troublantes du quotidien de ces femmes, de leurs filles, de leurs compagnons. Là-bas, le crime d'honneur est la règle. Par exemple, le texte qui accompagne une photo raconte qu'une jeune fille soupçonnée de fréquenter un garçon a été tuée par son frère. Sur la photo, le visage de la mère, éplorée mais impuissante face à cette coutume barbare.

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©Sarah Caron

 

Partout dans ces contrées, la misère, le dénuement. Les gens doivent ramasser les excréments des animaux pour alimenter les feux. La naissance d'un garçon est accueillie avec joie, celle d'une fille avec indifférence. Et toute leur vie, ces petites filles porteront le lourd poids de leur sexe.

Tristes regards parfois éclairés d'un peu de lumière, vies gâchées, ces gens crédules soumis à des chefs autoritaires qui abusent de leur pouvoir. J'ai reçu ces images comme un direct au coeur qui m'a rappelé à quel point je suis chanceuse et privilégiée de vivre ici, par un étrange hasard dans lequel je n'ai ni part ni mérite.

Si j'étais née là-bas, je partagerais cette vie misérable...

26/05/2014

Le règne de la beauté...

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J'emprunte le titre du plus récent film de Denys Arcand pour vous montrer quelques nouvelles photos de la rivière Saguenay, exceptionnellement calme ce jour-là (12 mai 2014).

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J'ai saisi ces quelques images à travers la vitre de l'autocar qui roulait entre Chicoutimi et Arvida, dernier segment du long périple qui me ramenait à la maison après un bref séjour à Montréal.

J'avais joué le même tour aux Lacs du Parc, quelques heures auparavant.

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 Je ne me lasse jamais du Saguenay: chaque nombreux jour de ma vie où je l'ai vu, il était différent... et chaque fois magnifique. D'où le titre de ce billet.

Qui rend aussi hommage au film de Denys Arcand, que j'ai vu récemment, que j'ai plutôt aimé, et dont je reparlerai peut-être dans un prochain billet. En attendant, vous pouvez lire quelques opinions favorables:

Celle de Jack, ici

Et celle de Dominique Corneillier, particulièrement fouillée et pertinente, publiée dans Le Devoir.

Encore une photo du Saguenay:

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Et enfin celle-ci, ma préférée:

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08/05/2014

NEM et réminiscences

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Ce vendredi 9 mai, le Nouvel Ensemble moderne donnera à la Maison symphonique un grand concert qui soulignera entre autres ses 25 ans d'existence. Cet orchestre de musique de chambre a été fondé par Lorraine Vaillancourt, formidable musicienne qui en assure encore aujourd'hui la direction artistique.
J'assisterai à ce concert, qui sera au coeur d'une réunion exceptionnelle, celle des élèves de Rhétorique 1964, du collège du Bon Pasteur de Chicoutimi. Je faisais partie du groupe, de même que Lorraine Vaillancourt et plus d'une vingtaine d'autres jeunes filles.

nem,montréal,nouvel ensemble moderne,lorraine vaillancourt,conventum,bon pasteur,chicoutimiÀ cette époque, Lorraine était déjà une pianiste accomplie, et déjà très engagée en musique contemporaine, tout en demeurant très discrète sur cet aspect de sa vie. Mais nous le savions, et parfois nous insistions pour qu'elle nous joue quelque chose. Alors elle s'asseyait au piano, jouait  Beethoven ou Schoenberg, tandis que nous nous l'écoutions, fascinées et vaguement jalouses de sa virtuosité.
50 ans plus tard, devenues des femmes d'âge mûr (!), des mères et des  grand-mères pour plusieurs, nous serons une vingtaine à nous retrouver à Montréal pour une série d'activités culturelles et gastronomiques, style conventum et retrouvailles. Ce sera vraiment extraordinaire d'être dans la salle avec le public pour assister au concert donné par la plus célèbre d'entre nous et son ensemble.
Auto-proclamées les Pastourelles, nous nous sommes réunies à plusieurs reprises au cours de ces 50 ans, en divers endroits: Québec, Ottawa, centres de villégiature, en souvenir de ces belles années pendant lesquelles moi et mes merveilleuses compagnes (Lorraine, Agathe, Michèle, Constance, Lise, Myriam, Line, Francine et les autres) avons franchi les étapes du cours classique, qui s'appelaient Éléments latins, Syntaxe, Méthode, Versification, Belles-Lettres, Rhétorique, Philo I et et Philo II.
Et pour souligner de façon toute particulière nos 50 ans (!), les amies de Montréal nous ont concocté tout un programme, quelque chose de vraiment spécial.

 

PS. Lorraine Vaillancourt et le Nouvel Ensemble moderne représentent, comme l'écrivait Christophe Huss dans Le Devoir samedi dernier, "25 ans de modernité qui ose". On peut lire tout l'article en cliquant ici

18/11/2013

Vues de Chicoutimi

Lors de ma séance de photos au bord du Saguenay, j'ai tourné mon objectif vers Chicoutimi, pour prendre ces quelques clichés:

Saguenay, Chicoutimi, vues

Saguenay, Chicoutimi, vues

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Cette dernière vue, plus rapprochée, montre bien les deux clochers de la cathédrale St-François-Xavier (au premier plan, on peut voir l'hôtel Chicoutimi).

Le bâtiment surmonté d'un petit clocher situé derrière la cathédrale, c'est l'ancien Collège du Bon Pasteur, où j'ai fait mon cours classique dans les années 60. Conçu (tout comme la cathédrale) par l'architecte Alfred Lamontagne pour les soeurs du Bon Pasteur, le pensionnat pour jeunes filles a ouvert ses portes en 1927.

En 1947, les religieuses en firent le premier collège classique pour filles du Saguenay-Lac-Saint-Jean. En 1967, elles firent construire un tout nouveau collège, rue Lafontaine, où j'ai déménagé avec elles pour les dernières années de mon cours. Ce bâtiment, très moderne pour l'époque, est devenu aujourd'hui l'école secondaire Lafontaine.

D'importants travaux sont en cours dans  mon ancien couvent de la rue du Séminaire (qui a abrité pendant plusieurs années le Lycée du Saguenay): il deviendra un immeuble de condominiums appelé Le Chick.

D'après ce que je puis voir sur le site, l'architecture originale (extérieure du moins) est non seulement respectée mais mise en valeur. Vue imprenable sur le Saguenay en plus: tout ça est très chic.

Le couvent austère est devenu une résidence haut de gamme pour gens fortunés: quel destin, tout de même!

Que de souvenirs des cinq années où j'ai été pensionnaire dans cette belle vieille bâtisse, bois, pierre, salles, fenêtres, pièces mystérieuses, notamment la section réservée aux religieuses où nous, les élèves, n'avions pas le droit d'aller.

Je n'y ai pas été malheureuse, bien au contraire. J'y ai rencontré de merveilleuses amies, que je fréquente encore aujourd'hui. Et j'y ai connu quelques excellentes enseignantes (religieuses et laïques) et un très bon professeur de mathématiques qui m'ont guidée et donné accès au monde de l'esprit, à celui de l'art et de la littérature, qui fait encore mon bonheur aujourd'hui.

17/11/2013

Paysages du Saguenay

Je me suis arrêtée le long du boulevard Saguenay, entre Chicoutimi et St-Jean-Eudes, pour prendre quelques photos. Le soleil de fin d'après-midi était à la fois fort et légèrement voilé, en ce samedi 16 novembre 2013.

Je vous les présente en deux billets. D'abord le Saguenay et ses rives.

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La flamme que l'on voit au haut de la falaise, c'est le reflet du soleil dans une fenêtre...

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Ce pan de rocher teinté de rose m'a toujours intriguée et fascinée. Je me suis permis un petit zoom.

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Mon zoom sur la croix de Sainte-Anne me fait découvrir que quelqu'un était assis sur le banc!

Et voici deux autres vues:

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24/03/2013

Je vous parle d'un temps...

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("Perroquet" de Djoma)

 

Dans ce billet du mois de juin dernier, je promettais la suite de l'histoire de mes débuts au journal le Soleil en 1969.

Tout intimidée, je me suis présentée à la rédaction du Soleil, rue Labrecque à Chicoutimi, pour ma première journée de travail. Pas question d'écrire tout de suite dans le journal: j'accompagnais les "vrais" journalistes à divers événements, conseils municipaux (il y en avait plusieurs, c'était avant la fusion à Saguenay), conférences de presse, faits divers. Ensuite je rédigeais (à la dactylo) un texte qui n'était pas publié, mais corrigé par le chef des nouvelles (Raynald Tremblay), qui m'expliquait ensuite le sens de ces corrections.

Un jour on m'a confié la critique d'un concert donné, si je me souviens bien, par l'Orchestre symphonique de Chicoutimi (ancêtre de notre orchestre actuel). Je l'ai rédigée le plus honnêtement possible: je m'y sentais plutôt à l'aise, même pour quelques remarques négatives, car la musique classique, c'était un peu mon domaine.

Après publication de mon article, je fus officiellement assignée aux arts (où j'ai remplacé Gilles Paradis, j'ai raconté ça ici).

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C'était en septembre 1969. Au mois de mars suivant, je me suis mariée et le patron a appliqué la convention collective dans ce cas: une semaine de congé payé à plein salaire: (98$!).

Quelques mois plus tard, je démissionnais pour aller étudier à Aix-en-Provence pendant deux ans. Quelque temps après mon retour au Québec, Le Soleil fermait sa section régionale et un groupe d'employés décidait de s'unir pour fonder un nouveau quotidien. Parmi eux, Bertrand Tremblay, un de mes anciens patrons qui m'a téléphoné pour me demander si j'étais intéressée à faire partie de l'équipe. Et comment!

Le 1er octobre 1973 paraissait la première édition de ce nouveau journal grand format: Le Quotidien. Je travaillais à la section Arts et Société avec Christiane Laforge, et nous étions bien fières des deux pages de cette première parution, pour lesquelles nous avions assumé la rédaction et le montage.

21/07/2012

Ma nouvelle amie

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Au cours d'une belle balade en vélo jusqu'à Chicoutimi, je me suis assise sur un banc dans le petit parc triangulaire formé à la jonction du boulevard Saguenay et de la rue Racine. Tout en avalant mon sandwich au fromage et mon thé glacé, j'ai observé et photographié ma compagne: la Fée des bois.

Il s'agit d'une sculpture en aluminium réalisée en 1960 par Raoul Hunter. De retour chez moi, j'ai fait des recherches pour trouver le nom de l'artiste. En poursuivant ma recherche, j'ai réalisé que je le connaissais déjà, puisqu'il s'agit du célèbre caricaturiste au journal Le Soleil, où il a travaillé de 1956 à 1989.

Voici le socle de la sculpture:

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L'inscription est un peu difficile à lire, je la transcris fidèlement (c'est-à-dire en majuscules et sans les accents qui auraient dû normalement s'y trouver):

LA FEE DES BOIS
OPERATION CP*
1960
HOMMAGE A LA FORET

(*Opération CP: "opération conservation et protection (de la forêt)", une initiative prise à l'époque par  L’Association forestière Saguenay–Lac-St-Jean (AFSL).

Une sculpture en aluminium en hommage à la forêt, un peu étrange, non?

Ceci dit, elle est charmante, cette fée des bois. Elle se détache admirablement sur la toile de fond formée par le Saguenay, ses rives... de même que les fils électriques, le boulevard et ses voitures!

Voici une autre photo que j'ai prise: hier:

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J'ai aussi pris une photo de face, mais je vous propose plutôt d'aller voir celle, bien meilleure, qui se trouve sur le site de Raoul Hunter, ici.

J'ai trouvé deux poèmes de Victor Hugo ayant pour thème la Fée.

Le premier est lyrique et tendre:

LA FÉE


Viens, bel enfant! Je suis la Fée.
Je règne aux bords où le soleil
Au sein de l'onde réchauffée
Se plonge, éclatant et vermeil.
Les peuples d'Occident m'adorent
Les vapeurs de leur ciel se dorent,
Lorsque je passe en les touchant;
Reine des ombres léthargiques,
Je bâtis mes palais magiques
Dans les nuages du couchant.

Mon aile bleue est diaphane;
L'essaim des Sylphes enchantés
Croit voir sur mon dos, quand je plane,
Frémir deux rayons argentés.
Ma main luit, rose et transparente;
Mon souffle est la brise odorante
Qui, le soir, erre dans les champs;
Ma chevelure est radieuse,
Et ma bouche mélodieuse
Mêle un sourire à tous ses chants.
J'ai des grottes de coquillages;
J'ai des tentes de rameaux verts;
C'est moi que bercent les feuillages,
Moi que berce le flot des mers.
Si tu me suis, ombre ingénue,
Je puis t'apprendre où va la nue,
Te montrer d'où viennent les eaux;
Viens, sois ma compagne nouvelle,
Si tu veux que je te révèle
Ce que dit la voix des oiseaux.

 

et le deuxième est une fable cruelle et comique:

 

         L'OGRE ET LA FÉE

Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie
Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut
Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut ;
L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était, ce jour-là, sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre.
Comment passer le temps quand il neige, en décembre
Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?
L'ogre se mit alors à croquer le marmot.
C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite,
Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d'un ogre est frère de la faim.

Quand la dame rentra, plus d'enfant ; on s'informe.
La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme :
As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?
Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé.

Or c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Jugez ce que devint l'ogre devant la mère
Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin.
Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ;
Adorez votre belle et soyez plein d'astuce;
N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe,
Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien...

25/04/2012

Chapeau les Sags!

Les Saguenéens de Chicoutimi de la Ligue de hockey Junior majeur du Québec sont parvenus en demi-finale et luttent avec courage contre les puissants Sea Dogs de Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), qui mènent la série 2 à 1. Le héros du match de mardi fut Étienne Brodeur (photo ci-dessous) qui a compté le but vainqueur en prolongation, et soulevé la foule des partisans réunie au centre Georges-Vézina.

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Je ne suis pas une grande fan de hockey, mais ce sport fait néanmoins partie de mon ADN, comme de celui de tous les Québécois: j'écoutais les parties de la Ligue Nationale à la télévision avec mon père et mes frères, j'ai moi-même joué au hockey dans la rue, j'ai même reçu un bon coup de hockey sur la tempe, qui m'a valu une visite à l'urgence. Je connais tous les règlements et je sais apprécier un bon jeu, un bon match à l'occasion.

Quant aux Sags, leur succès actuel me rappelle les deux dernières années de ma carrière au journal Le Quotidien. Après 32 ans comme journaliste à la section culturelle, j'avais l'impression de tourner en rond...

Un poste s'ouvre au pupitre, et hop! me voilà propulsée dans le merveilleux monde du sport!

Je ne connaissais rien à la mise en page, et rien au milieu sportif régional. J'ai tout appris en relisant les textes des journalistes chevronnés de la section. Les Sags occupaient beaucoup d'espace. Nouvelles, interviews, analyses, commentaires, statistiques, photos: avant chaque match, après le match, le lendemain du match... et entre les matches. Et davantage de textes et de photos quand les Bleus se rendaient en série éliminatoire.

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Tout un monde s'ouvrait à moi. J'ai appris les noms de ces jeunes vedettes de 18-20 ans, je savais les reconnaître sur les photos. Il y avait notamment  David Desharnais, qui joue aujourd'hui pour les Canadiens de Montréal. (Certains s'obstinent à dire et à écrire "le Canadien", ou encore "Canadien", mais je ne suis pas d'accord). J'ai aussi fait la connaissance (sans jamais le rencontrer!) de Richard Martel, l'entraîneur omniprésent qui régnait en maître à l'époque. Son adjoint était Marc-Étienne Hubert, qui l'a remplacé aujourd'hui à la barre de l'équipe.

Pendant ces deux années précédant ma retraite, j'ai vécu au rythme des Saguenéens de Chicoutimi. Je suis même allée voir un match au centre Georges-Vézina. Ils n'ont pas été très loin dans les séries à cette époque.

Maintenant, ils sont parvenus en demi-finale. Le prochain match a lieu demain, 26 avril, à Chicoutimi. Contrairement aux partisans sur la photo, je n'y serai pas. Mais je leur souhaite de  vaincre les Sea Dogs et de poursuivre leur chemin vers la Coupe Memorial.

PS: Finalement, les Sags ont été éliminés: dommage! Mais ce fut tout de même un beau parcours.