02.04.2008

Hockey: suite et fin... numéro 2 !

384329007.jpgLe sport aujourd’hui a pris la relève  de la guerre, des luttes tribales, des combats individuels pour régler des conflits. Il offre une canalisation, une mise en mots, en images et en activité sociale à la violence brute des mâles. Ces derniers acceptent en général cet encadrement de leurs pulsions, car il leur offre finalement beaucoup d’avantages: il permet au jeune garçon de grandir, d’apprendre, de s’ouvrir et même de cultiver ses possibilités physiques, et donc de devenir un homme complet.
Mais de temps à autre, la vapeur monte, la testostérone prend le dessus et les coups pleuvent.1124795450.jpg Il suffirait que les bagarres soient bannies des matches de la Ligue nationale de hockey pour que les ligues mineures les bannissent à leur tour.  On ne peut pas demander à la LHJMQ de donner l’exemple aux plus vieux, c’est l’inverse qu’il faut faire.
Cependant, si au hockey, on interdit les combats à mains nues quand tombent les casques, ne va-t-on pas encourager les coups plus sérieux et plus vicieux, un dardage dans le ventre ou le dos pendant que l’arbitre regarde ailleurs, un petit coup de patin sur une jambe, une mise en échec plus sévère... Je ne sais pas.

Et la boxe?

Par ailleurs, expliquez-moi une chose: pourquoi on met en scène, en ondes, en spectacle des combats de boxe, où les adversaires se tapent directement dessus, à coups de poings, visant la tête ou l’estomac et s’infligeant des blessures parfois assez graves, où il faut, pour gagner, envoyer l’autre au tapis, et sans connaissance de préférence.

Et la foule applaudit à chaque coup porté, applaudit quand l’un des boxeurs s’écroule. Parfois le sang coule et les gens applaudissent encore plus fort. Si ça ce n’est pas de la violence, encouragée, télédiffusée, citée aux jeunes comme un but à atteindre....

Oui, je sais, des gens que je connais très, très bien me diront que je ne comprends rien à la boxe...


30.03.2008

Fous de hockey

1644960218.jpgAu sujet de l’affaire Patrick et Jonathan Roy, les femmes sont bien peu intervenues. Sauf la ministre de l’Éducation, bien obligée de répondre à la mystérieuse hystérie collective qui s’est emparée soudain de la moitié - masculine - de l’électorat québécois après la volée administrée par Jonathan Roy au gardien de but des Sags.
C’est comme si les hommes venaient tout à coup de découvrir qu’il y a encore des bagarres au hockey! Le combat s’est poursuivi, on dirait, dans les médias, où partisans, commentateurs, analystes de tout poil se répandent (éjaculent??) depuis ce temps.
Partout, le refrain est le même: il faut abolir “la violence” au hockey.
Aucune voix discordante dans ce concert bien-pensant, du moins je n’en ai pas entendu. Même Gil Courtemanche, chroniqueur du Devoir que je respecte beaucoup et qui tient habituellement des propos pertinents et - ou parce que - subversifs sur les conflits armés et la situation internationale, s’est joint au concert des lamentations de ses compères.
Il y a bien sûr des femmes qui aiment le hockey, qui y jouent même (comme Valérie Chouinard, sur la photo), mais manifestement, ce n’est pas leur monde.
Ce sont les gars qui, après un match, commentent pendant des heures les performances, les passes, les montées au filet, les arrêts des gardiens, les punitions, et même les bagarres.
Je crois que nous, les femmes, avons tendance à ne pas prendre le hockey au sérieux. Nous le considérons, comme les autres sports d’équipe, comme un jeu, un simple jeu. D’ailleurs nous aimons bien que nos amis, compagnons, fils et frères s’y affrontent et s’y défoulent. Les éventuelles bagarres ne nous semblent être rien d’autre que l’explosion d’un trop-plein de frustration, et pour les pugilistes, l’occasion de faire étalage de leur virilité. Nous les trouvons normales, utiles et rassurantes, bien entendu s’il n’y a pas d’excès, de blessures, de conséquences graves.
Nous préférons en somme, car nous les aimons beaucoup et avons besoin d’eux, que nos hommes et garçons se défoulent par quelques coups et blessures sur une patinoire plutôt que de partir à la guerre pour tuer et risquer de se faire tuer.
Il ne s’agit pas d’un jugement moral sur les mérites des unes et des autres. Simplement, hommes et femmes sont différents et ne s’enflamment pas pour les mêmes causes.
Si peu de femmes sont intervenues, c’est que pour elles, si j’en juge par ma propre réaction, tout ça est un incident, disgracieux certes, condamnable peut-être, mais vraiment mineur (!!!), prévisible et presque normal.
Comme mères, nous savons bien que les garçons ne peuvent s’empêcher de se taper dessus à l’occasion. Bien sûr nous efforçons de les éduquer, de leur enseigner d’autres façons de se faire valoir, et, en cas de combat, nous montons au front pour séparer les belligérants, surtout si ça devient trop sérieux et qu’il y a risque de blessures graves. Mais c’est toujours à recommencer, à cause de la testostérone.
Bref les femmes (moi incluse bien entendu) ont agi comme elles le font en général, sur la patinoire ou dans les médias:  elles ont laissé  les petits gars se battre.
Ça vous dirait que je continue sur ce sujet?  Bien que je sois une femme, j’en ai encore long à dire: j’y reviens dans ma prochaine note.

26.03.2008

Roy: suite et fin

Petite question en passant au sujet du dossier Jonathan Roy et les autres, et des bagarres au hockey: si les petits gars n'apprennent pas à se battre pendant qu'ils sont chez les juniors, comment vont-ils pouvoir se débrouiller (se défendre) si jamais ils sont admis dans la LNH?

Les Roy de Québec

1279906179.jpgJonathan Roy n’a pas 20 ans, il est peut-être mineur, en tout cas à peine majeur (junior majeur!). Il a le sang bouillant, hérité de son père Patrick, entraîneur et propriétaire des Remparts, ancienne vedette de la Ligue nationale.  Il a donné une volée au gardien des Sags qui se tenait tranquille devant son filet, pendant qu’une bagarre générale sévissait ailleurs sur la patinoire.
C’était disgracieux, complètement idiot en fait, une niaiserie comme en commettent bien des jeunes de cet âge.
Et la scène a été filmée!!! On l’a vue et revue deux cent mille fois à la télé, autant de fois que l’effondrement des tours du World Trade Center.
Un sujet en or pour les médias qui n’avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent pendant le congé de Pâques. Ils se sont répandus à pleines pages, à pleines ondes, et continuent à le faire.
Et le réflexe de la plupart des commentateurs est le même chaque fois qu’un problème, un incident,  un accident, défraie les manchettes: demandons au gouvernement d’intervenir! On n’est pas capables de contrôler, d’encadrer nos jeunes, alors demandons à la ministre de l’Éducation de le faire à notre place!!!
Bon, et maintenant que le jeune a reçu une sanction pour son geste, si on passait à un autre appel?

Si on se mettait à parler de choses importantes?

23.01.2007

Pôvre Patrick !

Il me semble que Patrick Roy devrait avoir la couenne plus dure que ça. Toute sa carrière de hockeyeur et d'entraîneur a été ponctuée de ces sortes de crises médiatiques engendrées à la fois par son caractère bouillant, par son statut de vedette, par la passion que les Québécois éprouvent pour le hockey, et sans doute, dans le cas de l'incident au Centre Georges Vézina après la partie Sags-Remparts, par l'absence de nouvelles importantes dans le domaine de la politique au même moment.
Les médias en ont beurré épais, ils ont dit tout et n'importe quoi, les commentateurs continuent à se répandre à pleines pages et à pleines ondes, c'est trop, c'est exagéré pour un incident totalement anodin, je suis bien d'accord. Mais il me semble que le Roy en a vu d'autres, et de bien pires. On dirait une tortue qui a perdu sa carapace. Une citadelle sans remparts...
L'entraîneur chef et directeur général des Remparts de Québec dit qu'il n'a rien à se reprocher, mais si c'était vraiment le cas, il se ficherait bien de ce que racontent les journalistes et ne tenterait pas de faire taire tout le monde avec une menace de démission. Soit il en avait assez depuis quelque temps et cet incident est la goutte qui fait déborder le vase et lui apporte le prétexte qu'il cherchait pour s'en aller.
Ou encore, il a réellement quelque chose à se reprocher, mais ce n'est peut-être pas un geste à l'endroit de Pierre Cardinal, ou des gros mots qu'il aurait pu dire ce soir-là. C'est autre chose. Quoi, je n'en sais rien, quelque chose en tout cas qu'il n'aimerait pas voir dévoiler publiquement. Il sait que si les journalistes continuent à fouiller, ils trouveront.
Peut-être qu'il préfère partir avant...

P.S. Comment se fait-il qu'on accepte la présence de hooligans aux parties des Sags? Ces partisans imbéciles et stupides n'ont pas leur place au hockey junior, il me semble.

24.08.2006

Martina: l'une gagne, l'autre perd

medium_ivanov.jpgJ'ai assisté à trois séances des Internationaux de tennis, ou coupe Rogers, au stade Uniprix du Parc Jarry. Un stade très ordinaire, soit dit en passant, tellement mal aménagé que l'on est sûr d'avoir une tête qui nous bloque la vue. Le jeudi 17 août à 11 heures, Nathalie Dechy et Anna Chakvetadze se sont mollement disputé la balle. Un match soporifique qui s'est terminé en deux manches, au profit de la Russe. Ensuite, j'ai vu la Québécoise Stéphanie Dubois se faire littéralement laver par la Slovène Katarina Srebotnik, qui était d'un calibre nettement supérieur. Rien d'extraordinaire, en somme, et pourtant j'avais acheté mes billets à l'avance, et payé assez cher.Pour la finale, prévue dimanche mais qui fut finalement jouée le lundi 21 août, les billets ne m'avaient rien coûté: seulement des points accumulés sur une carte de crédit. En avant-midi, finale du double, avec Martina Navratilova et Nadia Petrova, Même si elles ont battu Cara Black et Anna Lena Groenfeld de façon assez convaincante, le match était fort intéressant, plein de coups subtils, et les filles semblaient s'amuser. C'est certainement la seule fois que j'aurai vu jouer en personne cette légende du tennis. À 49 ans, Navratilova tire encore fort bien son épingle du jeu.Lundi après-midi, la finale en simple: Martina Hingis n'était tout simplement pas là. Elle courait en vain après les bombes et les fusées que lui servait la Serbe Ana Ivanovic (sur la photo), déjà très impressionnante à 18 ans. Plusieurs aspects de son jeu demeurent à améliorer, mais elle a déjà une puissance incroyable. Elle est belle, bien faite et charmante en plus. Mais le jeu était trop inégal pour que le match soit vraiment intéressant

Je déplore qu'aucune des joueuses qui ont parlé au micro n'ait prononcé un seul mot en français. Les organisateurs et présentateurs parlaient français, elles devaient bien savoir qu'elles étaient dans un pays francophone. Cela n'aurait pas été difficile de dire "Merci, au revoir Montréal", quelque chose du genre. Mais non. Anglais mur à mur.

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09.07.2006

Zizou!

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Triste sortie pour Zidane. Sur un coup de tête, c'est le cas de le dire. Qu'est-ce qui lui a pris, à Zizou? Pour l'heure, personne ne le sait. Je ne sais pas s'il va parler. Mais il a peut-être été la cause -indirecte- de la défaite de son équipe aux mains de l'Italie. C'est grave. Quelle insulte a pu le faire réagir ainsi?
Ceci dit, les Italiens ont bien joué, les deux équipes étaient fortes, c'était un assez beau match, que celui de la coupe du monde de football. Et les Italiens méritaient peut-être de l'emporter enfin, cette coupe, après des années de frustration.
Roger Federer, lui, a survolé avec son élégance et son flegme habituels son match de finale contre Rafael Nadal et a remporté le tournoi de Wimbledon. Quel magnifique joueur de tennis. Chapeau, mon Roger!!!

21:43 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Québec

18.02.2006

Courage sur glace

Un moment d'émotion enfin aux Jeux de Turin. C'était mardi. Le couple chinois, en patinage artistique. Dan Zhang et Hao Zang. Il la lance, elle tombe, se blesse assez sérieusement au genou. Elle souffre manifestement, mais décide de continuer. Ils vont chercher la médaille d'argent. Leur exploit éclipse presque celui des Russes, pourtant excellents, qui sont arrivés premiers. Le lendemain dans les journaux, presque pas un mot sur ce événement. Au Québec, les médias n'en avaient que pour les patineurs québécois, qui n'avaient pourtant rien fait de bon. Dans d'autres pays, ce devait être la même chose, pour «leurs» athlètes. Bizarre.

29.01.2006

La perfection incarnée


Roger Federer vient de gagner les Internationaux d'Australie. Pour moi, c'est l'athlète idéal: comme s'il avait de la beauté partout. Physiquement, moralement, mentalement. Remarquez que je ne le connais pas, je ne sais pas grand-chose de lui, je le regarde simplement jouer à la télévision, j'aime plusieurs joueurs, notamment Marcos Baghdatis, qui a joué un tournoi fabuleux et qui est passé du statut de nobody à celui de vedette, comme Nadal il y a quelque temps, mais personne n'égale Federer, son élégance, sa concentration, son intelligence. Il se dégage de lui une impression de force, de puissance, et en même temps d'assurance tranquille et de douceur : que demander de plus ?
Je projette, me direz-vous. Mais oui, pourquoi pas, ça fait du bien de voir des athlètes, ou encore des artistes, qui arrivent ainsi à des sommets à la fois dans leur art et dans leur capacité à soulever le public. Nous qui ne sommes rien à côté d'eux, on a au moins le loisir de les admirer, et de vivre de grandes choses à travers eux.
Euh, est-ce que ça a du sens, tout ça ?

Ma note à Roger Federer : 8/10

(Restons calme, tout de même! À 10, c'est la passion. Quelqu'un mériterait-il cette note, selon moi ? Vous êtres trop curieux...)