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12/04/2015

Un hôpital débaptisé

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Débaptisé pour cause d'eugénisme. C'est ce qui est arrivé à l'hôpital Charles Richet, situé dans la commune française de Villiers-le-Bel.

 Charles Richet, récipiendaire du Prix Nobel de médecine en 1913, croyait à la supériorité de la race blanche et prônait l'élimination des "enfant tarés et anormaux", ceci dans le but d'améliorer le patrimoine génétique de l'homme!

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Paola Charles-Manclé, d'origine martiniquaise, bénévole à l'hôpital Charles Richet, n'a pas mis longtemps à découvrir les idées racistes et eugénistes de ce savant. Il a notamment écrit, dans son livre L'Homme stupide:

"Voici à peu près trente mille ans qu'il y a des Noirs en Afrique, et pendant ces trente mille ans

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ils n'ont pu aboutir à rien qui les élève au-dessus des singes. [...] Les nègres n'ont rien d'analogue [aux Blancs]. Ils continuent, même au milieu des Blancs, à vivre une existence végétative, sans rien produire que de l'acide carbonique et de l'urée".


La dame a lancé une pétition en ligne pour faire retirer le nom de Charles Richet à l'hôpital et à la rue où il est situé. Elle a recueilli  30000 signatures et obtenu gain de cause. (1)

Fort bien. Et d'autant mieux que,  si les Français ont enlevé à l'hôpital Charles Richet son nom propre, ils ont eu la bonne idée de lui conserver son nom commun:

hôpital  !

Ils ne l'ont pas coiffé d'un sigle ou acronyme plein de C (centre), de S (services, sociaux) de R (régional) et de U (universitaire), comme on l'a fait au Québec où le mot hôpital a complètement disparu de la paperasse bureaucratique. Mais pas de la langue parlée par le vrai monde qui, heureusement, continue d'affirmer que quand on est malade, on va à l'hôpital.

_______________________

(1)Le biologiste français Alexis Carrel, également prix Nobel de médecine (en 1912) s'inscrit dans ce même courant qui voyait dans l’eugénisme une solution aux problèmes sociaux.

Plus célèbre (et plus radical encore) que Charles Richet, il a connu le même sort: les rues Alexis Carrel, à Paris et dans plusieurs autres villes de France ont été débaptisées il y a longtemps, de même que la faculté de médecine de l’université Lyon-I .
On peut voir là un juste retour des choses: les défenseurs de thèses  considérées aujourd'hui comme immondes sont remis à leur place, c'est-à-dire nulle part.
Mais tout ça est un peu troublant aussi. Car Richet et Carrel ont, dans leur domaine respectif, accompli des travaux fort valables et fait avancer la science.
Est-ce que leur dérive raciste et eugéniste leur enlève tout mérite?

Et jusqu'où devrait-on aller dans l'épuration toponymique? La question se pose aussi au Québec. Lire à ce sujet cet intéressant texte sur les rues Alexis Carrel et Philipp Lenard (prix Nobel lui aussi) à Gatineau.

 

 

10/10/2012

Incohérences symphoniques

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À Montréal, en septembre dernier: un concert de l'OSM à la Maison symphonique, que mon conjoint n'avait pas encore vue (moi oui, j'en ai parlé ici). Le programme (Debussy, Ravel, Britten) n'était pas tout à fait dans nos cordes habituelles, mais enfin, nous avons décidé d'y aller.

Pour l'achat des billets, nous nous présentons au guichet de la Place des arts, comme nous l'avons toujours fait. L'employée nous explique qu'il y a peu de billets disponibles, car l'OSM ne leur alloue que 5% (ou 15% je ne me souviens plus) des sièges par événement, et vend lui-même le reste. Donc si on veut autre chose que ce qui est offert là, et qui nous semble bien peu intéressant, il faut se rendre aux bureaux de l'orchestre, au 260 Maisonneuve, dit-elle en omettant de préciser que cette adresse est simplement une autre entrée de la Place des Arts.

Ce dont nous nous rendons compte après avoir fait quelques pas sur Maisonneuve... dans la mauvaise direction.

Une porte dérobée bien peu visible, un gardien de sécurité, un ascenseur, et nous voici à la billetterie de l'OSM. Un petit bureau, ordinaire et exigu. Une employée nous accueille, fort gentiment d'ailleurs. Sur une feuille de papier, elle pointe avec un stylo les places disponibles, parmi lesquelles nous devons choisir. Elle nous quitte pour aller à son poste et imprimer les billets, après quoi elle revient au comptoir d'accueil pour nous faire compléter la transaction bancaire. (Le prix vous intéresse? 235.12$ pour deux billlets à la rangée J).

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Système préhistorique, locaux peu accessibles et vraiment pas faits pour le grand public. (Nous avons failli renoncer à acheter des billets pendant que nous cherchions l'entrée. Je me demande combien de ventes perd l'OSM avec cette façon de faire).

D'autant plus ridicule que ces bureaux ne sont pas dans la Maison symphonique, mais dans la Place des Arts voisine. D'ailleurs, si vous allez au bout des liens, la Maison symphonique est intégrée au site de la Place des Arts. Par ailleurs, sur le site de l'OSM il n'est nulle part indiqué (du moins je n'ai rien trouvé à ce sujet) où à Montréal on peut acheter des billets pour les concerts.

07/12/2011

Quand la caisse était (vraiment) populaire

Dans le hall de La Pulperie, présentation (peut-être encore en cours, je n'ai trouvé aucune information là-dessus) d'une petite exposition destinée à évoquer les 100 ans de la Caisse populaire Desjardins de Chicoutimi.

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Parmi les documents exposés, ce bilan des opérations de la caisse pour les années 1915 et 1916.

- Profits en 1915: 312.79$

- Profits en 1916, 351.98$.

Mais attention, ce n'est pas un profit net. Il faut en soustraire les dépenses, les intérêts et dividendes à verser, de sorte qu'on arrive à un merveilleux 4.26$ de profit en 1915, et un extraordinaire 64.60$ en 1916: le profit net a augmenté de 1400% d'une année à l'autre!

J'ai transcrit les chiffres pour les rendre plus lisibles (cliquez pour agrandir):

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Il y avait aussi une liste des dividendes versés aux actionnaires en 1915 et 1916:

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Arthur Bilodeau a reçu deux fois 0.75$, et Willie Dufour, 0.15$.

Les temps ont changé. Aujourd'hui, les Caisses Desjardins (il n'y a plus le mot "populaire" dans l'appellation officielle de plusieurs succursales, notamment celle de Chicoutimi), brassent des millions, pensent au profit, font des affaires avec de grosses firmes, et traitent les particuliers comme des empêcheurs de tourner en rond.

Comment? Par exemple en fermant sauvagement au nez des clients un guichet automatique, très fréquenté et pourtant décrété non rentable, comme l'a fait récemment à Place du Royaume cette même Caisse Desjardins de Chicoutimi: belle façon de célébrer son centième anniversaire!

27/10/2011

Tous mes iPod

(Plusieurs médias ont signalé récemment le dixième anniversaire de l'iPod).

Quand j'ai pris ma retraite en 2006, mes collègues de travail m'ont offert un iPod. C'était le modèle nano, je l'ai encore, il fonctionne, et je l'ai photographié: le voici:

iPodBlanc.jpg

Ses 4 giga-octets de mémoire suffisaient largement à héberger toute la musique que je voulais y placer. Et je l'ai beaucoup écouté.

Depuis, j'ai eu deux autres iPod: un nano 5e génération de 16 gigs, et maintenant un iPod touch de 32 gigs.

Même si j'aime bien mon iPod touch (véritable iPhone sans la fonction d'appel), qui me permet de naviguer sur Internet et d'utiliser des applications intéressantes telles que jeux, météo, nouvelles, j'ai un petit faible pour mon deuxième nano, que je conserve précieusement.

Et cela pour une raison surtout: son syntonisateur FM intégré. Il est aussi doté d'une caméra vidéo. Tout petit et très puissant, il ressemble à ceci:

iPodGris.jpg

L'iPod touch, à mon grand regret, n'a pas de syntonisateur. On ne peut capter la radio que par Internet, via les applications mobiles offertes par les stations. Tant qu'on reste à la maison où il y a un réseau Wi-Fi, très bien. Le sans-fil est aussi accessible -gratuitement- dans plusieurs hôtels, restaurants et autres lieux publics. Fort bien.

Mais impossible d'écouter la radio dans les circonstances où je l'apprécierais vraiment: en autobus (il y a le sans-fil gratuit sur Intercar, mais c'est trop lent et on perd le contact à tout moment, d'ailleurs il y a plusieurs endroits où la Wi-Fi n'est pas très fiable), dans une salle d'attente (médecin, dentiste, hôpital), pendant une balade en ville ou en forêt, au gym...

Là on se heurte à l'entêtement de Steve Jobs, le fondateur d'Apple, décédé récemment. Il a fait beaucoup de bonnes choses, mais il était têtu comme une mule et ne changeait pas d'idée facilement. Ainsi, la radio dans les appareils d'Apple, il était contre. Peut-être parce qu'on n'a pas besoin de passer par iTunes pour s'en servir.

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(J'admire et je respecte son oeuvre, mais je ne suis pas aveugle sur certains côtés plus discutables d'Apple, par exemple les usines en Chine où les conditions de travail ont conduit des ouvriers à se suicider, et la quantité incroyable de déchets (pollution) produite par l'arrivée incessante de nouveaux modèles qui poussent les consommateurs à jeter les précédents.)

J'ai donc conservé mon deuxième nano, le seul qui  me permet d'écouter la radio à ma guise.

Et enfin, je n'ai payé aucun de mes iPod. Le premier me fut offert en cadeau, et j'ai acquis les deux autres en échangeant des points accumulés avec une carte de crédit!!! (On me dira que c'est une autre façon de payer: certes, mais ça c'est une autre histoire...)