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21/03/2017

Rogue One: une histoire de Star Wars

Rogue One : vu le 17 janvier 2017 au cinéma Odyssée de Chicoutimi

Rogue, Star Wars, Carrie Fisher

L'amateur de La guerre des étoiles (dont je suis) se retrouve chez lui Rogue, Star Wars, Carrie Fisherdans ces aventures intergalactiques. Action, suspense, humour, comme toujours. Les femmes y ont une grande place, notamment l'héroïne Jyn Erso (jouée par Felicity Jones), qui doit se cacher, se sauver, et combattre tout au long de l'histoire. L'acteur Diego Luna , qui incarne son compagnon d'infortune Cassian Andor, ressemble à Guy-A. Lepage, m'a-t-il semblé.

Malgré quelques moments de lassitude et une vague sensation de déjà-vu, j'ai bien aimé le onzième opus de cette saga qui m'a séduite dès le premier film. Et je l'ai vu un mois seulement après le décès de l'actrice Carrie Fisher, la célèbre princesse Leïla (on voit son visage  de 20 ans recréé par ordinateur dans Rogue), à l'âge de 60 ans. Le lendemain, c'est sa mère, Debbie Reynolds, qui succombait.

26/06/2016

Boucles de lecture

truman capote,de sang froid,philip seymour hoffman,harper lee

Ça commence il y a plusieurs mois. Mon père décide de vendre sa voiture. L'acheteur est un vieil ami qu'il avait perdu de vue.
Cet ami lui offre le DVD du film Capote, sachant que papa s'est intéressé autrefois à l'écrivain Truman Capote (photo ci-dessus) et surtout à ses oeuvres.
L'ami lui mentionne qu'il aimerait beaucoup connaître son opinion sur le film. Papa voudrait bien... mais il n'a pas de lecteur DVD. Je lui propose donc de venir chez moi pour une petite projection privée danstruman capote,de sang froid,philip seymour hoffman,harper lee mon bureau. Papa et moi avons trouvé le film (que je n'avais pas vu) fort intéressant.
Cet intérêt vient notamment du contact particulier que nous avons eu, il y a 50 ans, avec l'oeuvre la plus connue de Capote:  De sang-froid. Papa a acheté le livre au moment de sa parution en 1966, en version originale (In Cold Blood).

 

Un massacre
Comme il en parlait beaucoup, je l'ai lu moi aussi. Et je crois que mon frère Pierre l'a également lu.
C'est un roman-vérité qui raconte en détail  comment furent assassinés quatre membres d'une famille de fermiers du Kansas. L'auteur relate l'enquête qu'il a menée sur ce massacre commis par deux jeunes truands en perte de repère qui ont agi sans motif apparent.
L'écrivain évoque la relation qu'il a développée, à la faveur de nombreuses visites en prison, avec les deux jeunes assassins (en particulier l'un d'eux), et comment il fut témoin, à leur demande, de leur pendaison.

 

Le film
Assez fidèle au récit de Capote, le film présente un intérêt particulier à cause du glissement de point de vue: narrateur du livre, Truman Capote devient sujet du film de Bennett Miller. Celui-ci met l'accent sur la façon dont cet épisode a changé la vie de l'écrivain: dépression, drogues, alcools. Et l'acteur qui incarne Capote, Philip Seymour Hoffman (photo ci-dessous) est formidable.

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Des nouvelles

truman capote,de sang froid,philip seymour hoffman,harper leeMon père avait ensuite acheté, du même auteur, le recueil de nouvelles Musique pour caméléons. Je ne l'avais pas lu à l'époque, mais le retour de Truman Capote dans ma vie m'a incitée à l'emprunter à la bibliothèque municipale et à le lire. C'est un peu inégal, mais certaines de ces nouvelles sont vraiment brillantes: ce fut un grand plaisir de lecture.

Harper Lee
Quelques jours plus tard, les médias rapportent le décès de l'auteure américaine Harper Lee. Or, indiquent quelques articles, c'est elle, Harper Lee, qui fut l'assistante de Capote dans l'enquête qu'il a menée sur le meurtre.

Elle créait les contacts, prenait les rendez-vous, tapait le manuscrit, bref, elle a eu une grande part dans l'histoire. Sa contribution est saluée par Capote dans ses remerciements au début du livre.

Dans le film, elle est incarnée par Catherine Keener.

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Jusque-là, le nom de Harper Lee m'était à peu près inconnu, mais pas le titre de son principal ouvrage: Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. J'avais 15 ans quand j'en ai entendu parler... par mes parents. Ils venaient de voir le film qui en a été tiré, sans doute en version originale au cinéma Palace.

 


Une autre piste de lecture

J'ai acheté le roman à la librairie, en livre de poche. C'est la vie dans le Sud profond et ségrégationniste, vue par les yeux d'une petite fille. Son père, avocat, défend un noir accusé de viol, un crime qu'il n'a pas commis. Malgré bien des longueurs et un récit qui s'égare parfois, c'est un bon roman, pour la description des moeurs, de l'époque, des lieux, pour ses personnages bien campés, pour son humour pétillant.

Finalement, papa a pu dire à son ami ce qu'il pensait du film et le remercier pour le DVD...
Et voilà, la boucle est bouclée...

14/10/2015

Corps de ballet

Ballet au cinéma, ballet Roméo et Juliette, Giselle, Jonquière

Sergei Polunin et Svetlana Zakharova dans Giselle

 

En plus des opéras du Metropolitan, présentés depuis dix ans, le cinéma Jonquière vient d'ajouter de la danse à sa programmation. Des ballets filmés au Royal Opera House de Londres et au théâtre Bolchoï de Moscou sont projetés certains dimanches en après-midi. (Le programme est ici).  

Comme cet art que j'apprécie est plutôt rare sur nos scènes, je me suis réjouie de pouvoir y accéder sur un grand écran près de chez moi. Les médias québécois n'en ont guère parlé...
Après en avoir vu deux (Roméo et Juliette, du ROH,  et Giselle, du Bolchoï ), je puis dire que l'expérience est totalement différente de celle de l'opéra.
Visuellement, d'abord. Au ballet, les danseurs-acteurs sont jeunes, minces, bien faits. Les femmes, filiformes, ont des seins minuscules.
Les rondeurs, ce sont plutôt celles des hommes: fesses et sexe bien emballés dans un tissu élastique serré qui les met en valeur, muscles proéminents et mobiles des mollets, des cuisses, des épaules.
Les spectateurs qui fréquentent ce royaume de la poitrine plate et de la fesse rebondie apprécient particulièrement l'exploit physique. Dans la salle dorée du Bolchoï, il applaudissent la moindre série de pointes, de sauts ou d'entrechats, ce qui est un peu agaçant pour ceux qui voient le spectacle dans une salle de cinéma. (À l'opéra, on applaudit rarement en cours de représentation, sauf pour quelques grandes arias).

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Sarah Lamb et Steven McRae dans Roméo et Juliette

 

Esthétiquement ensuite. Le visage des danseurs est très expressif, parfois un peu trop car ils doivent compenser l'absence de parole ou de texte par des mimiques très appuyées. Il est par conséquent difficile d'adhérer à leurs sentiments, d'autant plus que la trame narrative (du moins dans le cas de Roméo et de Giselle) est peu vraisemblable.

Je suis donc restée là, appréciant les mouvements d'ensemble, la grâce des gestes, les exploits acrobatiques, la musique aussi, mais distante, sans véritable émotion. Comme je peux en éprouver à l'opéra, quand la voix vibre et soulève en moi un écho humain.
Ces deux ballets filmés ressemblaient par moments à de vieilles choses fantomatiques et glacées.(1)
Il leur manque quelque chose, quelque chose comme... la vie.

Notes
PS(1) Je pourrais éventuellement changer d'avis ou modifier ma perception, par exemple en assistant à des projections de ballets plus modernes.


PS(2) Il m'a semblé dimanche dernier que Svetlana Zakharova, la danseuse étoile du Bolchoï qui interprétait Giselle, manquait un peu d'équilibre: ses jambes vacillaient parfois après des pointes ou un déplacement latéral. Elle a carrément chuté une fois, se relevant aussitôt de sorte que l'événement fut vite oublié. Mais c'était troublant...

30/03/2015

La musique comme arme

 

La passion d'Augustine, Léa Pool

J'ai beaucoup aimé La Passion d'Augustine, de Léa Pool, que j'ai vu un après-midi au cinéma Odyssée de Chicoutimi dans une salle comble (on avait même refusé du monde).

Presque tous les personnages sont des femmes: des religieuses, leurs élèves. Elles sont belles, elles sont fortes, elles sont humaines, elles luttent pour sauver leur couvent (cliquer sur l'image ci-dessus pour voir la bande-annonce).

Leur arme principale: la musique. Ce couvent est dirigé par Mère Augustine, musicienne dans l'âme: toutes les pensionnaires sont invitées à apprendre la musique, et les plus brillantes remportent des concours provinciaux.

"Les murs respirent la musique. Matin, midi et soir, du grand couloir à l’escalier principal, résonne un flot de gammes, d’arpèges, de valses de Chopin et d’inventions de Bach."

Quand le couvent est menacé de fermeture (on est en 1967, le ministère de l'Éducation instaure l'École publique et laïque), les religieuses organisent une conférence de presse pour montrer au public ce que savent faire les jeunes filles qu'on leur confie: chanter et jouer du piano, magnifiquement.

D'ailleurs, ce film est un régal pour qui aime la belle musique (classique je veux dire). On entend Beethoven, Mozart, Bach, Liszt. Des pièces qu'interprètent les personnages, ou qu'elles écoutent, ou diffusées en trame de fond.

passion d'AUgustine, Léa Pool, Céline Bonnier

Performance exceptionnelle de Céline Bonnier en mère Augustine, et de Lysandre Ménard en jeune pianiste talentueuse (elle en est une dans la vraie vie d'ailleurs) et ... rebelle! La tante et la nièce (sur la photo ci-desus), entre lesquelles se développe une profonde affection, consolation aux difficultés personnelles de chacune.

Et quel plaisir de retrouver toutes ces actrices québécoises connues et aimées: Valérie Blais, Diane Lavallée, Pierrette Robitaille, Marie Tifo, Andrée Lachapelle, Marie-France Lambert, Maude Guérin.

Superbe réalisation de Léa Pool. Un rythme lent et calme, des images magnifiques, des scènes graves ou comiques, souvent émouvantes.

L'atmosphère du couvent est très bien rendue: les murs, les escaliers, les minuscules cellules du dortoir séparées par des rideaux, le réfectoire, la cloche qui annonce les différentes étapes de la journée, la chapelle. Ça m'a rappelé mes années de collège (au Bon-Pasteur), dont je garde un excellent souvenir.

Sorti depuis un peu plus d'une semaine, le film connaît un beau succès de fréquentation, et c'est réjouissant.

Voici le synopsis:

Simone Beaulieu, devenue Mère Augustine, dirige avec succès un petit couvent sur le bord du Richelieu. Passionnée, résiliente, Mère Augustine met toute son énergie et son talent de musicienne au service de ses élèves. Lorsque sa nièce Alice lui est confiée, c’est non seulement une nouvelle pianiste prodige qui fait son entrée, mais aussi une jeune femme dont les aspirations sont au diapason de l’époque et qui rappelle à Mère Augustine un passé qu’elle avait cru mis de côté définitivement. L’école, malgré sa petite taille, est un joyau musical qui rafle tous les grands prix de piano. Les murs respirent la musique. Matin, midi et soir, du grand couloir à l’escalier principal, résonne un flot de gammes, d’arpèges, de valses de Chopin et d’inventions de Bach. Et, à défaut de prier, on chante!… Mais lorsque le gouvernement du Québec instaure un système d’éducation publique au milieu des années soixante, l’avenir de Mère Augustine et de ses Sœurs est menacé.

Synopsis

Simone Beaulieu, devenue Mère Augustine, dirige avec succès un petit couvent sur le bord du Richelieu. Passionnée, résiliente, Mère Augustine met toute son énergie et son talent de musicienne au service de ses élèves. Lorsque sa nièce Alice lui est confiée, c’est non seulement une nouvelle pianiste prodige qui fait son entrée, mais aussi une jeune femme dont les aspirations sont au diapason de l’époque et qui rappelle à Mère Augustine un passé qu’elle avait cru mis de côté définitivement. L’école, malgré sa petite taille, est un joyau musical qui rafle tous les grands prix de piano. Les murs respirent la musique. Matin, midi et soir, du grand couloir à l’escalier principal, résonne un flot de gammes, d’arpèges, de valses de Chopin et d’inventions de Bach. Et, à défaut de prier, on chante!… Mais lorsque le gouvernement du Québec instaure un système d’éducation publique au milieu des années soixante, l’avenir de Mère Augustine et de ses Sœurs est menacé.

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Synopsis

Simone Beaulieu, devenue Mère Augustine, dirige avec succès un petit couvent sur le bord du Richelieu. Passionnée, résiliente, Mère Augustine met toute son énergie et son talent de musicienne au service de ses élèves. Lorsque sa nièce Alice lui est confiée, c’est non seulement une nouvelle pianiste prodige qui fait son entrée, mais aussi une jeune femme dont les aspirations sont au diapason de l’époque et qui rappelle à Mère Augustine un passé qu’elle avait cru mis de côté définitivement. L’école, malgré sa petite taille, est un joyau musical qui rafle tous les grands prix de piano. Les murs respirent la musique. Matin, midi et soir, du grand couloir à l’escalier principal, résonne un flot de gammes, d’arpèges, de valses de Chopin et d’inventions de Bach. Et, à défaut de prier, on chante!… Mais lorsque le gouvernement du Québec instaure un système d’éducation publique au milieu des années soixante, l’avenir de Mère Augustine et de ses Sœurs est menacé.

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14/03/2015

Visages et mots d'une maladie

richardGl.jpg

Lu dans Le Devoir hier une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP) annonçant le décès de Richard Glatzer (à droite sur la photo, avec son conjoint Wash Westmoreland), réalisateur notamment du film Still Alice.

Il est mort, était-il écrit, des suites de la la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée maladie de Charcot.
J'ai été un peu étonnée car je venais justement de voir, au festival Regard sur le court, un film de François Jaros intitulé Maurice, dont le protagoniste est atteint de cette maladie.

mauriceAffiche.jpg

Et dans cet excellent court métrage québécois, cette affection est appelée maladie de Lou Gehrig. On y voit même à quelques reprises le court extrait vidéo où le légendaire joueur de baseball annonce sa retraite (en 1939, deux ans avant sa mort), mettant un terme à sa fabuleuse carrière avec les Yankees de New York.
Deux cultures, deux continents, deux noms, selon les célébrités qui ont en quelque sorte popularisé la maladie.

Le neurologue français Jean-Martin Charcot n'en était pas atteint, mais il a contribué à en compléter la description. C'est donc son nom qui est, en France (et peut-être ailleurs en Europe) associé à la SLA. Aux États-Unis et en Amérique du Nord, on a plutôt pris celui de Lou Gehrig, certes plus connu que Charcot de ce côté-ci de l'Atlantique.

L'an dernier, le phénomène mondial (québécois entre autres) du Ice Bucket Challenge a contribué à faire mieux connaître cette maladie du grand public. Les participants, parmi lesquels quelques célébrités, se vidaient un sceau rempli de glaçons ou d'eau glacée sur la tête, dans le but de recueillir des fonds pour soutenir la recherche et aider les personnes aux prises avec la SLA.

hawking.jpgL'une des plus célèbres victimes de la sclérose latérale amyotrohique est le physicien britannique Stephen Hawking. Le musicien québécois Luc Cousineau en est atteint. On peut citer aussi le musicien de jazz Charlie Mingus, l'acteur David Niven, le joueur de tennis Brad Drewett,  de même que la président chinois Mao Zedong.


Notes

1- Extrait de la dépêche publiée dans Le Devoir:  "Je suis dévasté. Richard était mon âme soeur, mon collaborateur, ma vie. Un vrai artiste et un homme brillant, a écrit sur son compte Twitter son époux Wash Westmoreland, coréalisateur du film."

2 - L'actrice Julianne Moore a reçu l'Oscar de la meilleure actrice (2015) pour son rôle dans Still Alice. Elle y incarne une linguiste qui éprouve les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer. 

12/12/2014

Choisir sa tête

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(Photos prises en 2010 au Palais Garnier: ci-dessus, avant le début de la représentation, et ci-dessous, pendant... avec un tête pas possible devant moi)

 

Quand je vais dans une salle sans place assignée, au cinéma par exemple, j'ai tendance, comme la plupart des gens j'imagine, à m'installer derrière un siège vide. Pour ne pas avoir devant moi une tête ou des épaules qui obstruent ma vue.

Du moins c'était le cas jusqu'à tout récemment. Quelques expériences m'ont fait comprendre que ce n'est pas toujours le meilleur choix. En effet, il m'est arrivé de prendre place derrière un siège vide... qui l'est demeuré jusqu'à ce que vienne s'y asseoir une dame dont le haut chignon et les boucles folles me cachaient le spectacle. Ou une bourgeoise à large chapeau. Ou un type qui garde sa casquette vissée sur la tête.

Ou un grand et élégant jeune homme, longues jambes, larges épaules, dos bien droit, chevelure abondante: tout à fait mon genre... à condition qu'il soit assis à côté de moi, et non devant, avec une femme!

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Alors j'ai changé de méthode: désormais, plutôt que de me fier au hasard, ou de souhaiter que le siège demeure vide, ce qui est peu probable quand le spectacle est très fréquenté, je choisis la personne qui sera assise devant moi. Quelqu'un de très petit: un enfant, une petite vieille un peu voûtée, un vieillard au crâne dégarni. Je m'installe derrière l'élu(e), vérifie que je vois très bien le spectacle ou le film, et le tour est joué.

J'essaie aussi de deviner, par son attitude, si la personne a l'air d'attendre quelqu'un, pour ne pas risquer qu'elle change de siège avec un éventuel compagnon qui serait plus encombrant pour moi.

Et les manteaux...

Un autre irritant du même genre, c'est le manteau d'hiver. Plusieurs semblent délibérément le placer là où il obstruera la vue des autres. À la Maison symphonique, par exemple, alors que je prenais place dans les gradins situés derrière la scène, deux personnes ont eu l'idée saugrenue de placer leur manteaux sur la rampe qui courait devant nous. Cela cachait à leurs voisins une bonne partie de la scène. Heureusement, une placière leur a demandé de les déplacer...

Dans l'autobus, quand on n'est pas assis à l'avant, on ne voit pas grand-chose. Eh bien, un jour, la femme assise devant moi a placé son manteau sur le dossier de son siège, bouchant complètement le minuscule espace par lequel je pouvais voir la route...

31/05/2014

Le Règne de la beauté: vertige du néant

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La plupart des critiques furent très sévères, sinon assassines envers le plus récent film de Denys Arcand: Le Règne de la beauté.

Pour ma part, j'ai beaucoup aimé ce film. Certes Arcand a modifié sa recette habituelle. Cela a pu déstabiliser les fans de ses précédents films. En ce qui me concerne, j'aime bien être dérangée, déstabilisée par une oeuvre ou un spectacle.
La beauté règne partout, en effet, dans ce film. Dans les paysages et les villes: Charlevoix, Québec, même Toronto. Dans les personnages: un cercle d'amis dans la trentaine, aux visages lisses et traits agréables, sans enfants, minces et musclés comme les acteurs et actrices qui les incarnent.

Non seulement ils ont choisi de vivre dans des lieux enchanteurs, mais ils pénètrent littéralement ces beaux paysages, les parcourant pour y pratiquer la pêche, la chasse, le ski, la randonnée, le camping, le golf, le tennis... et  y faire l'amour quand l'occasion s'y prête!

Luc (Éric Bruneau), le personnage principal qui est architecte, conçoit et construit des maisons en harmonie (harmonie? cela pourrait se discuter, mais enfin...) avec cet environnement, modernes et dotées d'immenses fenêtres:

"Je ne vois qu'infini par toutes les fenêtres"

( Charles Baudelaire)

Donc Denys Arcand plante ce décor, qu'il filme longuement, et y installe ses personnages, qu'il filme aussi longuement. Mais de l'extérieur, comme s'il promenait sur eux non pas une caméra, mais une loupe, comme celle d'un entomologiste examinant des insectes.

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L'étude est détaillée, minutieuse: discussions entre amis, repas que l'on partage, réceptions mondaines,  déplacements en voiture, pratique des sports, rapports sexuels (un sport parmi d'autres?), mais elle n'apporte pas de réponse.

Luc succombe aux avances d'une belle Torontoise et trompe sa compagne qui souffre de dépression. Pourtant il ne s'investit pas beaucoup dans cette relation passagère: il flotte à la surface des choses, comme tous ses amis.

On n'arrive pas à saisir ce qu'il pense, ce qu'il éprouve, d'où sans doute un certain malaise: impossible de ressentir et de partager ses émotions, celles des autres personnages, parce qu'on ne les connaît pas.

Seule reste la beauté et son vertige: quand Luc parcourt les boulevards périphériques de Québec, il est mis en contact avec une certaine laideur: rubans d'asphalte parsemés de restaurants à la chaîne, succursales de banques, dépanneurs, stations-service baignant dans la lueur blafarde des réverbères.

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(Éric Bruneau incarne l'architecte Luc Sauvageau
©Les films Séville)

Il comprend alors que s'il veut vraiment vivre, il devra peut-être aller dans ces paysages-là. Et il ne le veut pas. Alors il retourne à sa dolce vita, pleine de beauté, de sous-entendus, de relations superficielles. Mais au prix du silence, tentant de surnager, sans cesse menacé par la profondeur qui pourrait surgir d'un imprévu:

En haut, en bas, partout, la profondeur, la grève,
Le silence, l'espace affreux et captivant...
Et mon esprit, toujours du vertige hanté,
Jalouse du néant l'insensibilité.

               (Charles Baudelaire, Le gouffre)

La seule chose qui semble allumer et stimuler Luc, c'est le travail, donc la création. Le film suggère que cela seul peut le combler, plus que l'amour. Mais est-ce aussi une illusion?

C'est ainsi que je vois ce sujet, il y aurait certes une foule d'autres analyses possibles.

Quand j'ai assisté à la projection du film, qui a quitté l'affiche à Chicoutimi après deux semaines, il y avait quatre personnes dans la salle. Jack (qui a parlé du film ici) et moi, qui avons plutôt aimé, et deux madames, qui on trouvé ça "pas fort".

Je suis sortie de là enrichie d'une imposante matière à réflexion sur le sens de la vie et de l'art: que demander de plus?

En tout cas, moi je n'en demandais pas plus.

J'ai eu en prime de magnifiques images de Charlevoix, de la ville de Québec, lieux que je connais bien et qui sont littéralement caressés par la caméra: c'est elle la véritable amoureuse dont on partage les sentiments.

20/04/2012

Je (re)vois des étoiles

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Le Centre des sciences de Montréal présente depuis quelques jours une exposition consacrée à Star Wars. J'irai sûrement la voir, même si je ne suis pas certaine qu'elle me plaira, car, dit-on, les films et les personnages de Georges Lucas servent à explorer le thème de l'identité:  c'est peut-être intéressant, je verrai.

La Guerre des étoiles, pour moi, ce fut une belle aventure. Avant de voir le film, j'aimais et lisais beaucoup de romans de science-fiction. Mon mari et moi les dévorions, surtout pendant nos études à Aix-en-Provence: ceux d'Isaac Asimov,  d' A. E. van Vogt, de Clifford D.Simak entre autres. J'avais vu quelques films: Solaris, Le voyage fantastique, j'avais aimé THX 1138, de Georges Lucas et détesté 2001 : l'Odyssée de l'espace. Cependant je ne retrouvais pas dans ces films l'atmosphère et les décors des romans: je les trouvais trop centrés sur les Terriens et leurs problèmes. Même la série télévisée Patrouille du Cosmos (Star Trek), qui faisait pourtant la part belle aux planètes lointaines, me semblait trop teintée d'anthropomorphisme(!)

En 1977, à Montréal, mon mari me propose d'aller voir un film de science-fiction qui vient de sortir: il a lu des articles élogieux, moi je n'en ai jamais entendu parler.  La Guerre des étoiles!  Quel bonheur! Enfin de la science-fiction comme je l'aime. Enfin des voyages intergalactiques à bord de vaisseaux sophistiqués, des combats grandioses, des planètes,  des effets spéciaux et des images spectaculaires. (Aujourd'hui, tout cela nous semble dépassé: même les images du film trouvées sur Internet sont de mauvaise qualité!). Il y avait des humains, certes, mais ce n'étaient pas des Terriens! Et il y avait aussi beaucoup d'extraterrestres, effrayants ou sympathiques. Et des robots!

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Avec en plus une belle histoire, à la fois complexe et rondement menée, et des personnages attachants: comme Luke Skywalker, Dark Vador, la princesse Leia, Yoda, Obi-Wan Kenobi,  Han Solo (mon préféré, il était tellement beau!), Chewbacca,, R2-D2 et C-3PO.

 

Conquise, j'étais.

 

La Guerre des étoiles est le premier film que j'ai vu (revu plutôt) quand nous nous sommes abonnés à la télévision payante, quelques années plus tard. Fiston, quatre ans, a fort apprécié lui aussi et a écouté la cassette des dizaines de fois.

Aussi quand le deuxième épisode, L'Empire contre-attaque, fut projeté  à Chicoutimi (au cinéma Cartier, démoli depuis, si je me souviens bien), je m'y suis rendue avec fiston. Une grosse déception nous attendait: on a refusé d'admettre mon jeune de six ans, car le film était destiné aux huit ans et plus! J'ai discuté un peu avec le gérant... rien à faire. Nous sommes rentrés à la maison bien piteux.

Bien entendu, il  a quand même vu le film... à la télévision, quelque temps plus tard. Peut-être que c'était en effet un brin violent pour un jeune de son âge... Mais pour lui, pour moi, pour son père, ce fut une aventure formidable, qui a fait voyager en famille dans les étoiles.

15/02/2012

Artiste en noir et blanc

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J’ai beaucoup aimé L'Artiste. Entre pastiche et hommage, un film muet (ou presque) en noir et blanc (ou presque). Certains ont dit que le scénario était convenu et prévisible: c’est bien vrai, mais il me semble que c’est à prendre au second degré. Un film muet qui n’en est pas vraiment un, tourné avec les moyens techniques et le regard d’aujourd’hui, et qui donc prend ses distances avec son modèle. Le pastiche teinté de nostalgie reprend les poncifs d’autrefois... sans tenter de cacher qu'il s'agit de clichés.
L'imitation est délicieuse et rehaussée d'humour. Exemple: une dame qui semble très fâchée parle à son partenaire pendant trois minutes et tourne les talons. Ensuite on voit l'écriteau qui "traduit" son long discours par ces quelques mots: "Je m’en vais!"
Jean Dujardin est formidable dans le rôle principal, celui de George Valentin, immense vedette du cinéma muet qui ne peut pas s’adapter au cinéma parlant, de même que sa partenaire Bérénice Bejo. Et Uggie, le chien, est fort sympathique. Certains affirment qu'il est la vraie star du film.
Mélodramatique à souhait, et même s'il manque de rythme à certains moments, c'est un film fort agréable à écouter.

Selon moi toutefois, il lui manque ce petit quelque chose, je ne sais pas quoi, qui en ferait un chef-d'oeuvre. J'ai parfois eu l'impression d'un travail bien fait, mais qui s'est arrêté au seuil de ce brin de folie, de cette originalité, de cette émotion que j'attendais peut-être...

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Le film est en nomination pour plusieurs Oscars, je ne sais pas s’il les mérite (les statuettes ne sont pas toutes décernées à des chefs-d'oeuvre!) mais il est bon que l'Académie retienne autre chose que les films d’action débiles -et américains- qui affligent la plupart de nos écrans. C'est d'ailleurs un film français, éligible puisqu'il est muet... et tourné aux États-Unis!

 

Films débiles
Pendant que j'écoutais L'Artiste, lundi après-midi avec quatre autres personnes, j’entendais un grondement sourd provenant d’une autre salle du cinéma Odyssée. L'écho d’un de ces films où bons et méchants, bandits, mafieux, espions, policiers, créatures fantastiques, monstres et belles jeunes femmes se poursuivent et se tirent dessus, et que l’on dirait faits pour les sourds. Je ne sais pas lequel. Cela pouvait être Peur Grise, Chronique, Le refuge, ou même l'inepte Alvin et les Chipmunks.

De quoi anesthésier le cerveau des jeunes qui constituent la majorité des clients des salles de cinéma. En y ajoutant les pop-corn, chips, chocolat et boissons gazeuses offerts en portions gargantuesques, on détruit à coup sûr leur corps en même temps que leur cerveau.

11/01/2012

Tintin, frère d'Indiana Jones

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Tintin et Indiana Jones sont frères puisqu'ils ont le même père: Steven Spielberg. Je parle bien entendu du film Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne, (cliquez l'image pour en voir la bande-annonce) et non pas de la bande dessinée originale née de l'imagination d'Hergé.

Pour une fervente de Tintin comme moi (il fut mon premier amour comme je l'ai écrit ici), voir le film de Spielberg fut une expérience agréable mais un peu déstabilisante.

Agréable parce que c'est un très bon film, plein d'images percutantes et inventives: le scénario concocté par les scénaristes à partir de plusieurs albums Tintin est astucieux, palpitant et soutient le suspense jusqu'au bout.

Ce n'est pas tout à fait Tintin, ni Milou, ni Haddock: ce ne sont pas les images plates aux tintin,hergé,spielberg,la castafiore,miloucontours tracés en noir comme dans les albums, mais des hybrides entre dessins animés et personnages humains, conçus par une technique que je n'expliquerai pas ici.

Mais c'était peut-être la seule façon de rendre Tintin au cinéma: l'animation seule n'aurait pas suffi (comme l'ont prouvé les dessins animés réalisés pour la télévision), et les acteurs humains seraient trop loin des originaux.

En ce qui concerne les décors, la reconstitution des intérieurs, du château de Moulinsart, des villes, des navires et des paysages: c'est tout simplement fabuleux. On pourrait ne regarder que ça et apprécier le film.

Il y a des morceaux de bravoure tout à fait savoureux, par exemple ce combat entre deux grues géantes, réglé comme un duel à l'épée.

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Ayant découvert Tintin à la faveur de son film Les Aventuriers de l'arche perdue, Spielberg le propulse dans une aventure qui réunit des éléments semblables: recherche d'un trésor, énigmes à résoudre, secrets de famille qui font irruption dans le présent des personnages, fuites et poursuites invraisemblables qui créent un effet comique tout en tenant en haleine le spectateur réjoui.

Des irritants, cependant: l'anglais omniprésent dans les textes écrits (puisque le film a été tourné en anglais). Quand on a lu Tintin dans sa langue originale, on est heurté par l'anglais au  générique (traduit en surimpression), dans les trois messages de la Licorne, et dans les articles des journaux. Notamment celui qui annonce un concert du milanese nightingale: autrement dit le rossignol milanais, la cantatrice Bianca Castafiore!tintin,hergé,spielberg,la castafiore,milou

Moins caricaturale que l'originale, elle chante (c'est la voix de Renée Fleming), en français, et fort bien... Mais pourquoi diable chante-t-elle "Je veux vivre" (tiré de Roméo et Juliette) plutôt que son grand hit, l'Air des bijoux (dans Faust, également de Gounod)? Ce dernier comporte  aussi des notes assez hautes pour briser le verre. Vraiment, je n'ai pas compris ce choix (peut-être à cause du mot "trésor", présent dans le refrain?). La Castafiore doit chanter l'Air des bijoux et rien d'autre!

J'y suis allée samedi après-midi, au cinéma Jonquière, comme pour les opéras du Met. Mais il y avait moins de monde: nous étions trois dans la salle...

Somme toute, malgré quelques réserves, j'ai pris beaucoup de plaisir à écouter ce Tintin à la sauce Spielberg, ce Tintin indianajonisé.

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