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21/08/2012

Musique strad...

Stéphane Tétreault, stradivarius, rendez-vous musical de Laterrière, brahms, franck, concert

Concentration et intensité du violoncelliste Stéphane Tétreault, qui a offert un très beau concert dimanche dans le cadre du Rendez-vous musical de Laterrière.

Sonorité extraordinaire de son instrument: un Stradivarius de 1707, prêté par Jacqueline Desmarais, qui en a fait l'acquisition pour environ six millions$.

Contraste formidable entre la jeunesse du musicien (19 ans) et l'âge de son vénérable instrument

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Même s'ils ne vivent pas ensemble depuis très longtemps, ces deux-là s'aiment déjà beaucoup, c'est manifeste. Ils sont capables de fort belles réalisations: par exemple la sonate de César Franck, dernière oeuvre inscrite au programme du concert. L'amour de la musique et le talent fou de l'interprète, alliés au son velouté et à la puissance enveloppante du Strad: voilà qui a produit un fruit aux parfums complexes et profonds.

Déjà féconde, leur union n'est cependant pas encore totalement consommée, me semble-t-il. Suite de Bach prise beaucoup trop lentement à mon goût. Manque de précision dans certains passages de la sonate no 1 de Brahms, une oeuvre formidablement exigeante. Il faut dire qu'avec un pianiste (Oleksandr Guydukov, en l'occurrence (on peut les entendre jouer cette oeuvre en cliquand l'image ci-dessous)), on a un ménage à trois (ou même à quatre si on ajoute le piano!) qui rend la chose encore plus compliquée.

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L'amour et la bonne volonté sont là. Il faudra seulement encore quelques années de vie commune au jeune musicien et à son instrument riche du poids des ans et de l'histoire (il a appartenu à Paganini). Quelques années pendant lesquelles ils continueront à s'apprivoiser, à avancer l'un vers l'autre à partir de leur horizon respectif. Quelques années avant que la fusion soit totale, avant que leurs âmes en se touchant embrasent la musique... et l'auditoire.

Mais déjà c'était très beau, prodigieux même, comme l'ont constaté les quelque 200 personnes qui ont assisté au concert. Et puisqu'on est dans l'histoire et dans les âges, ajoutons, comme le remarque à juste titre le journaliste Daniel Côté dans Le Quotidien, que le violoncelle a vu le jour, dans l'atelier du luthier de Crémone, un siècle et demi avant que soit posée la première pierre de la petite église de Laterrière où il a sonné dimanche.

11/08/2012

Orgue, plaisir et transcriptions

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J'étais jeune, j'habitais chez mes parents, et nous venions juste d'avoir la télévision. Outre Pépinot et Ivanhoé, nous écoutions religieusement en famille l'émission  Alfred Hitchcock présente. Le thème musical, remarquable, collait parfaitement à la physionomie, à l'humour, au style du bonhomme. (Vous pouvez voir l'intro de l'émission et entendre le thème en cliquant sur l'image ci-dessus).

Mais je ne savais pas alors qu'il s'agissait d'une pièce composée par Charles Gounod et intitulée Marche funèbre d'une marionnette. (Cliquez ici pour entendre l'oeuvre originale, jouée par le pianiste Marc-André Hamelin).

Je l'ai appris mardi dernier, grâce à l'organiste Régis Rousseau, qui donnait le premier concert de la série estivale à l'église Saint-Dominique de Jonquière. Il avait intitulé son programme L'orgue orchestre, L'art de la transcription.

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Donc, outre cette sympathique et ironique Marche funèbre (Gounod voulait se moquer du style pompeux des marches funèbres), l'organiste a joué l'Adagio pour cordes de Samuel Barber, le Choeur des pèlerins de l'opéra Tannhaüser (transcription de Franz Liszt) et deux préludes de Chopin (également transcrits par Liszt).
Ainsi que trois extraits du ballet Casse-noisette, tout à fait réussis. Peut-être les meilleurs moments du concert, où les jeux de l'orgue (trompettes, flûtes, cloches) et le rythme alerte sonnaient exactement comme l'orchestration de Tchaïkovski.

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Il a a terminé la soirée par la célèbre marche ("Pomp and circumstances") du compositeur britannique Edward Elgar, que l'on a beaucoup entendue récemment lors du Jubilé de la Reine et pendant les Jeux Olympiques de Londres. (Cliquez sur la photo de Sir Edward pour le voir diriger lui-même son oeuvre).

C'était agréable, léger bien que pas nécessairement facile techniquement. On reconnaissait les airs, des souvenirs remontaient... Voilà, la musique, ça peut être complexe et profond, mais ça peut aussi être très simple et direct. Les auditeurs, fort nombreux, ont semblé apprécier ce choix.

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Notes:

1 - Sur le programme remis à l'entrée, la durée de chaque pièce était indiquée. J'ai trouvé ça génial!
2 - Seule pièce originale pour orgue: la Sonatine en mi bémol de François Brassard (titulaire à St-Dominique de 1930 à 1971), que Régis Rousseau avait jouée il y a deux ans sur l'orgue de la cathédrale de Chicoutimi, lors du concert avec le ténor Marc Hervieux.
3 - Le musicien retrouvait le Casavant de l'église St-Dominique, dont il a été titulaire il y a 25 ans après ses études au Conservatoire de Chicoutimi (dont il est aujourd'hui le directeur).  Il a dû cependant refaire connaissance avec l'instrument (32 jeux, 2023 tuyaux, 3 claviers), qui a été restauré et amélioré depuis ce temps.
4 - Régis Rousseau (intéressante interview avec lui dans Le Devoir) a aussi été organiste titulaire à l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, à Montréal où il a fondé le Festival Orgue et couleurs.

08/08/2012

Livres et rivières

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Ma dernière sortie à vélo fut décidément très culturelle. Non seulement j'ai admiré la fée des bois sculptée par Raoul Hunter et reconnu un tacon du projet Événement Ouananiche, mais j'ai aussi retrouvé, à Chicoutimi, des éléments du projet La littérature aux abords des rivières, réalisé en 2010 par le Salon du Livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

tony tremblay, écrivain, la littérature aux abords des rivières,rivière aux sables,rivière chicoutimi,saguenay,auteurs,salon du livrela littérature aux abords des rivières,rivière aux sables,rivière chicoutimi,saguenay,auteurs,salon du livrela littérature aux abords des rivières,rivière aux sables,rivière chicoutimi,saguenay,auteurs,salon du livreAu total, 36 bornes d'information sur la littérature régionale ont été installées aux abords de trois rivières du territoire du Saguenay: la Rivière-aux-Sables à Jonquière (où j'ai pris l'an dernier quelques-unes des photos que je présente ici), la rivière Chicoutimi près du Bassin, et la rivière Ha!Ha! à La Baie.

Ce sont de belles pièces bleu et argent en aluminium anodisé: couleurs des rivières et formes évoquant à la fois la queue d'une baleine et les pages d'un livre. Des ouvertures y sont pratiquées: comme des vagues, des ouïes de violoncelle... fenêtres sur le monde.

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Chaque borne est consacrée à un auteur de la région: on y retrouve son nom, une courte biographie, et un passage extrait de son oeuvre. Trois faces, trois langues différentes: français, innu et anglais.

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(présentation du projet en innu)

Bien sûr il y a beaucoup plus que 36 écrivains au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il a donc fallu choisir dans une liste non exhaustive de près de 200 noms. J'étais d'ailleurs membre du comité de sélection présidé par Céline Dion (non, pas la chanteuse!), conceptrice de ce fort beau projet.

Quelques noms: Hélène Pedneault, Gilbert Langevin, Yvon Paré, Pierre Demers à Jonquière; Daniel Danis, Pierre Gobeil, Paul-Marie Lapointe, Félix- Antoine Savard à Chicoutimi; Michel Marc Bouchard, André Girard, Louis Hémon, Nicole Houde à La Baie.

la littérature aux abords des rivières,rivière aux sables,rivière chicoutimi,saguenay,auteurs,salon du livre la littérature aux abords des rivières,rivière aux sables,rivière chicoutimi,saguenay,auteurs,salon du livreMême si on n'a pas le temps de lire tous les textes, c'est fort agréable à regarder. C'est bleu, apaisant et inspirant. (Beaucoup de bleu et d'eau sur le site internet graphiquement réussi). Je peux m'asseoir sur un banc et laisser dériver mes pensées:

- les livres se baignent dans les rivières comme leurs auteurs y plongent leurs racines

- les rivières coulent dans les livres comme des veines d'inspiration

- tout comme le poisson que l'on pêche et que l'on mange, le livre que l'on choisit et que l'on lit s'amalgame à notre être et contribue à le développer

- l'eau court, ondule et ondoie, tout comme les mots et les phrases

- je m'y'promène comme dans une forêt et...

- je pense aux Correspondances de Baudelaire, dont voici la première strophe:

 

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

 

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25/07/2012

Tiens... un tacon!

Interaction Qui, tacon, tacon-site, ouananiche, Jocelyn Maltais, Alain Laroche, site du papier, Saguenay, ArvidaJe l'ai reconnu de loin, immédiatement, lors de ma dernière sortie à vélo. Le long de la piste cyclable qui passe devant l'usine AP-60 (en construction) de Rio Tinto Alcan, sur le boulevard Saguenay.

Un tacon!

En principe, le tacon est un saumon naissant. Mais ce peut être aussi une jeune ouananiche, cette cousine du saumon considérée par certains comme l'emblème animalier du Saguenay-Lac-Saint-Jean.interaction qui,tacon,tacon-site,ouananiche,jocelyn maltais,alain laroche,site du papier,saguenay,arvida Je l'ai appris alors que je travaillais comme journaliste au Quotidien et que j'interviewais Jocelyn Maltais et Alain Laroche, les fondateurs du collectif Interaction Qui.

Quand, dès 1988, ils venaient me parler de leur vaste projet Événement-Ouananiche, j'avais des doutes: je ne croyais pas qu'ils pourraient le mener à bien tant il était d'envergure.

Eh bien il semble que la sceptique que j'étais soit en voie d'être confondue. Ce tacon que je viens de photographier (en juillet 2012) est le 23e  d'une série de 60 sculptures environnementales représentant une ouananiche, faites de pierres et de grillage métallique, à être mises en place sur tout le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. (35 d'entre elles sont installées à l'heure actuelle). En principe, une fois que ce sera terminé, l'ensemble aura les contours d'une grande ouananiche, détectable en vue aérienne. Comme ceci:

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Les concepteurs de La grande marche des Tacons-Sites décrivent ainsi leur entreprise:

"réaliser un signe couvrant le territoire sur une surface de 140 kilomètres de long par 40 kilomètres de large. Il s'agit de construire 60 sculptures à l'effigie de la Ouananiche appelées «Tacon-Site»,à tous les 5 kilomètres sur le pourtour de cet immense signe emblématique."

"(Un Tacon-Site est implanté dans chacun des 60 pas d'une lieue que Ti-Jean
a réalisés dans le conte « Les pas de Ti-Jean » au Pays de la Ouananiche)"

(Explications plus détaillées ici)

 

C'est un projet insensé, géant, fabuleux. D'autant plus extraordinaire qu'il est assorti d'une foule d'autres éléments, écriture de textes, création de contes, forums, conférences, colloques, performances, événements culturels participatifs accompagnant l'installation des tacons, association avec les milieux de l'éducation, des affaires, avec les instances municipales, avec les communautés locales. Tout cela est admirable.

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Admirable, mais peut-être pas admiré à sa juste valeur. Ainsi, ce tacon du boulevard Saguenay (bien qu'il soit baptisé tacon-site du papier, il est, bizarrement, placé devant les installations de RTA où l'on produit... de l'aluminium!), est là depuis 2008. Je suis passée tout près des dizaines de fois, et pourtant je ne l'ai remarqué que récemment, quatre ans plus tard. Et il y en a d'autres que j'aurais dû voir aussi (je me promets bien d'y porter attention à l'avenir), dans des lieux que je fréquente régulièrement: au Centre national d'exposition, au Musée du Fjord, et même devant le restaurant le Priviliège, par exemple. J'aurais dû les voir car je connais le projet depuis des années, je suis sensible aux arts visuels et j'aime particulièrement le Land Art.

 

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En réalité, chaque tacon est si bien intégré à son environnement qu'il s'y confond et qu'on ne le remarque guère. Après tout, des amas de roche et de métal, il y en a partout...

Par ailleurs, le fait de passer inaperçu à prime abord est peut-être un attribut essentiel, et à la limite son principal atout...

Un grand coup de chapeau donc à ces créateurs qui, au risque de passer pour de doux rêveurs, pour des utopistes déconnectés, pour des mendieurs d'argent public, poursuivent leur projet envers et contre tous. Je leur souhaite de pouvoir le mener à terme.

Je salue leur créativité et leur persévérance, que n'entament ni l'indifférence générale, ni le temps qui passe.

21/06/2012

Une moisson de Bleuets

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C'est un gala intime et chaleureux que celui de l'Ordre du Bleuet. Fondé il y a trois ans pour souligner le travail des bâtisseurs de la culture du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il n'a pas d'autre ambition que cela: faire connaître et récompenser l'oeuvre des créateurs d'ici, dans tous les domaines de la culture. Chacun des lauréats sélectionné devient membre de L'Ordre du Bleuet.
Samedi soir (16 juin), j'ai donc assisté à ce Gala 2012, présenté à la salle Pierrette-Gaudreault. Pour être honnête, je dois dire que j'y étais en tant que contributrice, bien modeste, puisque j'avais écrit le texte de présentation de trois lauréats, à la demande de Christiane Laforge, ordre du bleuet,gala,guylaine simard,christiane laforge,jean françois lapointe,jérémie gilesresponsable du comité des candidatures et première récipiendaire de l'Ordre du Bleuet. Après avoir rédigé tous les textes de façon admirable pendant les deux premières années, elle a cette fois demandé à quelques collaborateurs de l'aider dans cette tâche colossale.


Au gré d'une présentation audiovisuelle qui évoque la vie, les projets, les réalisations de chaque lauréat, on découvre le terreau fertile qu'est le Saguenay-Lac-Saint-Jean en culture. Tous ces gens ont travaillé et travaillent très fort, mus par un extraordinaire élan, par une passion souvent née dès l'enfance pour leur art ou leur discipline. Je ne sais pas pourquoi, c'est particulièrement évident chez les Bleuets d'ici et d'ailleurs, motivant ainsi le seul gala de ce genre tenu en région au Québec.

ordre du bleuet,gala,guylaine simard,christiane laforge,jérémie giles, Louise PortalFidèles au poste, on retrouvait Marc Bergeron à l'animation de la soirée et le Quatuor Gardel  pour la partie musicale. Guylaine Simard, directrice du Musée du Fjord et récipiendaire de l'an dernier, agissait comme présidente d'honneur. On peut voir au bout de ce lien un reportage de Mélissa Savoie-Soulières sur la la cérémonie de samedi.

 

Nouveaux membres

Il y avait donc cette année, reçus à titre posthume, le compositeur et musicologue François Brassard, et Jean-Paul Desbiens, dit le frère Untel. Dans la diaspora des bleuets qui travaillent et rayonnent à l'extérieur de la région: la comédienne, chanteuse et écrivaine Louise Portal et le baryton Jean-François Lapointe (deux Lapointe... qui ne sont pas proches parents).

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Enfin, parmi ceux qui habitent toujours la région et qui y travaillent, les nouveaux membres de l'Ordre du Bleuet sont: Louise Beaulieu, qui fut directrice de l'auditorium Dufour pendant plusieurs années, et active dans le domaine de la danse, Guy Blackburn en arts visuels, l'éditeur Jean-Claude Larouche, le cinéaste Sébastien Pilote et deux hommes de théâtre:  Réjean Gauthier du Mic-Mac et Rodrigue Villeneuve des Têtes heureuses. Mentionnons que ordre du bleuet,gala,guylaine simard,christiane laforge,jérémie giles, Rodrigue Villeneuvece dernier fut en octobre le premier récipiendaire du prix François-Brassard, créé par le Mérite scientifique régional pour souligner la recherche et la création dans le domaine artistique. Son prix lui avait alors été remis par André Brassard, fils du compositeur François Brassard. Et c'est aussi André Brassard qui est monté sur scène samedi pour recevoir la récompense décernée à son père à titre posthume.

ordre du bleuet,gala,guylaine simard,christiane laforge,jérémie giles, Sébastien PiloteEt l'hommage ne s'arrête pas à une remise de prix:  chaque nouveau membre aura une page dédiée sur le site de l'ODB où on trouvera des textes, des liens, des photos et des vidéos. (Ce n'est pas encore fait pour 2012, mais tous les lauréats de 2010 et 2011 y sont).

C'est un beau et nécessaire devoir de mémoire dont s'acquitte à merveille la Société de l'Ordre du bleuet, fondée, rappelons-le, par le Bleuet d'adoption Jérémie Giles.

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J'ai évoqué les deux précédentes cérémonies ici pour 2010 et ici pour 2011.


22/08/2011

La route (loin) du Fjord

route du fjord,saguenay,étrange,loinDes panneaux comme celui du haut ou celui de droite (merci à Jack pour la photo) jalonnent la route entre Saint-Siméon et La Baie, que j'ai parcourue il y a quelques jours au retour d'un bref mais extraordinaire voyage à La Malbaie.

Chaque fois que je passe sur cette route, l'incongruité de ces affiches me frappe: route du Fjord, je veux bien, mais où est-il, le Fjord? route du fjord,saguenay,étrange,loinOù est la rivière représentée sur le pictogramme? On ne voit pas une seule fois le Saguenay tout au long des quelque 130 kilomètres qui vont de Saint-Siméon à La Baie, du moins si on roule sur la route 170.

Pour voir la rivière, et les hautes montagnes entre lesquelles elle est encaissée, il faut précisément quitter cette route (du fjord), afin d'accéder aux villages plantés sur les rives du Saguenay (Petit-Saguenay, Anse-St-Jean, Rivière-Éternité), ou encore bifurquer dans de petites routes de terre, mal indiquées par des écriteaux miniatures pour se rendre jusqu'aux sites consacrés aux activités en nature.

Je viens de décrire la route qui passe au sud du Saguenay, mais au nord, c'est encore pire.

Une route en forêt, de Tadoussac à Chicoutimi, route qu'il faut quitter pour voir le Saguenay à Sacré-Coeur et à Sainte-Rose du Nord. À partir de Saint-Fulgence cependant, on roule en grande partie le long du Saguenay.

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Ci-dessus, un plan d'ensemble, où le Saguenay est en bleu et la route en rouge.

Un touriste ne connaissant pas la région pourrait, au vu de cette expression route du Fjord, croire qu'il aura accès à des panoramas fabuleux en parcourant ce chemin, que ce soit au nord ou au sud du Saguenay. En réalité, il n'y verra, outre la route et les voitures, que forêts, arbres et fils électriques.

Je ne dis pas que la route devrait passer dans les villages, ni qu'elle devrait longer le Saguenay du début à la fin: ce serait gâcher la vie des habitants et le paysage lui-même que d'en construire une, ce serait totalement contraire à l'idée des grands espaces, à l'Esprit du Fjord.

Mais tout au moins offrir aux voyageurs quelques kilomètres le long du Saguenay, leur expliquer ce que signifie l'expression route du Fjord, et indiquer clairement où se trouvent ces paysages magnifiques (ils le sont bel et bien), pour dissiper la confusion que pourraient semer les pictogrammes bleu et blanc.