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12/06/2015

Ennuis de circulation

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Mes visites quasi quotidiennes au supermarché IGA près de chez moi me permettent d'observer le comportement de mon prochain, et surtout de ma prochaine: entre respect et délinquance par rapport aux règles plus ou moins subtiles imposées par ce haut lieu du commerce.
Par exemple, tout est prévu pour que les caddies circulent avec fluidité, tout en effectuant un bref arrêt chaque fois que le consommateur prend un produit sur une étagère.
Mais les arrêts sont parfois plus longs, car la cliente souhaite voir avant de choisir. Et pour avoir une vue d'ensemble, elle se place souvent de l'autre côté de l'allée, plutôt que collée sur le rayon qu'elle veut observer. Régulièrement, donc, je dois passer avec mon chariot entre une Madame et ce qu'elle est en train de regarder, ce qui me cause un certain malaise: je m'excuse, comme je le fais chaque fois que je dois passer dans le champ de vision d'un inconnu...

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Ceux qui mettent le plus à mal la fluidité prévue, et j'en fais souvent partie, ce sont ceux qui s'attardent longtemps devant une série de produits. Par exemple les boîtes de thon. Elles sont petites et il y en a des centaines. Pour en choisir une, je veux lire l'étiquette, pour savoir voir s'il est à l'eau ou à l'huile, quels ingrédients ont été ajoutés, etc... Tout ça est bien long, et nous occupons beaucoup d'espace, mon caddie et moi. Les autres doivent faire le tour, ou attendre leur tour...
Par ailleurs la largeur des allées (semblable dans la plupart des supermarchés) est mesurée soigneusement, car l'espace coûte cher: elle permet tout juste à deux caddies de se croiser, comme sur la route.
Parfois, les chariots se croisent et... ils restent là: les deux chauffeur(e)s se connaissent, décident de pousser un petit brin de jasette et... bloquent la  circulation.
Que faire? Pousser doucement l'un des paniers, se dérhumer, dire "pardon" et attendre que les gens veuillent bien se déplacer? Ou encore rebrousser chemin et passer par une autre rangée? Je fais l'un ou l'autre, selon la situation et selon mon humeur du moment.
Parlant de rebrousser chemin, il y en a qui ont le virage facile et qui font des "u-turn" sans crier gare...

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Dans le stationnement
Je me suis toujours demandé pourquoi plusieurs clients, après avoir garé leur voiture dans un espace libre, décident d'avancer encore pour occuper la place qui se trouve devant eux, si elle est libre également.  Leur voiture a donc le nez vers l'avant: plus pratique quand vient le temps de sortir.

En revanche, l'auto qui prendra place dans l'espace laissé libre risque fort de s'avérer encombrante: il sera difficile de stationner son chariot et peut-être même d'accéder au coffre arrière.
"Illogical" tout ça, comme dirait le regretté Monsieur Spock.

10/05/2015

La fin d'une belle époque

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Mes recherches pour le billet précédent ont ramené à mon souvenir le nom de ces trois navires de la Canada Steamship Lines, qui suscitaient admiration et fascination quand ils voguaient gracieusement sur le Saguenay et sur le Saint-Laurent: le Richelieu, le St-Lawrence et le Tadoussac.

J'ai trouvé une superbe photo (ci-dessus) de ce dernier faisant son entrée dans la baie de Tadoussac, sur le site Flickr de Keith Clark.
La discussion (en anglais) affichée sous la photo est fort intéressante, entre autres parce que plusieurs intervenants qui ont travaillé sur ces bateaux racontent quelques anecdotes.

Cette discussion conduit aussi à cette autre photo, qui évoque le destin d'un de ces bateaux, après que la CSL eut mis fin (en 1965) au transport de passagers au Québec.

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Même si le nom inscrit sur la coque est St-Lawrence, il s'agit en réalité du Tadoussac, reconnaissable à ses trois ponts reliés par des escaliers à l'avant du navire.

Cette photo a été prise à... Copenhague au Danemark,  où le bateau avait été semble-il remorqué et transformé en un hôtel pas très luxueux.
Encore plus extraordinaire, la photo suivante (une carte postale, je crois) montre le même navire... enlisé dans le sable, près de Dubaï, aux Émirats arabes unis!

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Comment est-il arrivé là? Un projet pour en faire un hôtel de luxe fut, dit-on, abandonné, tout comme le fier vaisseau, qui a fini par se désagréger sur place. (Tout cela est également raconté dans les discussions sur Flickr).


Autre drame
Comme les Trois Mousquetaires, ces navires étaient en réalité quatre, car la flotte était à l'origine complétée par le SS Québec.

Cependant en 1950, peu après sa mise en service, ce dernier a été complètement détruit par un incendie, survenu alors qu'il  alors qu'il était au quai de Tadoussac.

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La vidéo ci-dessus offre des images saisissantes de ce sinistre, qui a fait sept morts.

De plus, en cliquant ici, on accède à  un récit très détaillé (en français), de l'événement et des enquêtes menées ensuite sur les circonstances de la catastrophe.

Inconcevables notamment, l'incurie et l'incompétence de certains intervenants, mises en lumière par l'auteur de ce texte, Pierre de La Ney du Vair.

18/04/2015

Aléas de la traduction

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J'aime bien jouer à Hidden Artifacts Agency sur mon iPad. Un jeu assez simple, visuellement très réussi, où il s'agit de trouver des objets et de résoudre des énigmes en différents endroits du monde, illustrés avec beaucoup de soin. Et en plus il est traduit en français.
Quelques bizarreries se sont cependant glissées dans cette traduction par ailleurs fort correcte.
Par exemple sur un des tableaux (illustré ci-dessous) je lis, parmi les noms des objets à trouver, le mot "boussole".
Après avoir vainement cherché quelque chose qui ressemble de près ou de loin à une boussole (cela peut être l'objet lui même, parfois un dessin le représentant, son ombre, ou encore un sens figuré du mot),  je me suis résolue à consulter un guide en ligne. Où j'ai appris qu'il fallait trouver... un compas!

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En anglais, le même mot, compass, désigne les deux objets: compas et boussole.  Sur l'image ci-dessus, on peut lire le mot boussole, et ce qu'il faut dénicher, c'est l'objet métallique qui épouse la fourche avant du vélo: un compas!!!

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En revanche dans un autre tableau (ci-dessus), l'expression boussole ancienne désigne vraiment une boussole, ronde avec une aiguille, assez facile à trouver.

Batte???

Mais dans ce même tableau, ce qui m'a vraiment donné du fil à retordre, c'est le mot "batte". J'ai cru qu'il fallait trouverhidden artifacts,traduction,batte,compass,boussole une batte de baseball, un bâton quelconque donc.

J'ai eu beau chercher, agrandir l'image, cliquer partout: rien!
Un peu au hasard, j'ai cliqué sur ce qui me semblait être une chauve-souris... et le mot batte s'est effacé! J'avais donc trouvé le bon objet. On peut distinguer le petit animal, la tête en bas, sur l'agrandissement à droite.

On a donc traduit le mot anglais "bat", qui signifie chauve-souris (songez à Batman), par batte, un mot bien français mais qui n'a en l'occurrence aucun rapport. Étrange, non? Il aurait suffi de chercher dans un dictionnaire.

Un secret

À propos, j'ai réussi à avancer jusqu'au bout du jeu, du moins des chapitres publiés à ce jour (il y en aura bientôt de nouveaux, nous promet-on).

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Mais je n'aurais pas pu y parvenir sans un truc trouvé sur la Toile, car la réserve d'énergie s'épuise rapidement, il faut attendre au lendemain pour refaire le plein, ce qui est vraiment frustrant.
Donc, j'aurais abandonné si je n'avais pas trouvé ce petit tour de passe-passe (certains considèrent cela comme de la tricherie...).

Quand on se trouve dans le plan général de Hidden Artifacts, ouvrir les réglages de la tablette en multitâche (en double-cliquant sur le bouton principal), aller dans général, date et heure. Choisir le réglage manuel (et non automatique), et avancer la date d'au moins une journée. Revenir au jeu en double-cliquant encore. La jauge d'énergie est remise au maximum!
Génial, non?

(Après avoir fini de jouer, il ne faut pas oublier de rétablir le réglage automatique de la date, sinon plusieurs applications risquent de ne pas fonctionner correctement.)

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Cliquer ci-dessus pour voir une courte vidéo (en anglais) qui donne une bonne idée du jeu Hidden Artifacts Agency.

12/04/2015

Un hôpital débaptisé

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Débaptisé pour cause d'eugénisme. C'est ce qui est arrivé à l'hôpital Charles Richet, situé dans la commune française de Villiers-le-Bel.

 Charles Richet, récipiendaire du Prix Nobel de médecine en 1913, croyait à la supériorité de la race blanche et prônait l'élimination des "enfant tarés et anormaux", ceci dans le but d'améliorer le patrimoine génétique de l'homme!

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Paola Charles-Manclé, d'origine martiniquaise, bénévole à l'hôpital Charles Richet, n'a pas mis longtemps à découvrir les idées racistes et eugénistes de ce savant. Il a notamment écrit, dans son livre L'Homme stupide:

"Voici à peu près trente mille ans qu'il y a des Noirs en Afrique, et pendant ces trente mille ans

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ils n'ont pu aboutir à rien qui les élève au-dessus des singes. [...] Les nègres n'ont rien d'analogue [aux Blancs]. Ils continuent, même au milieu des Blancs, à vivre une existence végétative, sans rien produire que de l'acide carbonique et de l'urée".


La dame a lancé une pétition en ligne pour faire retirer le nom de Charles Richet à l'hôpital et à la rue où il est situé. Elle a recueilli  30000 signatures et obtenu gain de cause. (1)

Fort bien. Et d'autant mieux que,  si les Français ont enlevé à l'hôpital Charles Richet son nom propre, ils ont eu la bonne idée de lui conserver son nom commun:

hôpital  !

Ils ne l'ont pas coiffé d'un sigle ou acronyme plein de C (centre), de S (services, sociaux) de R (régional) et de U (universitaire), comme on l'a fait au Québec où le mot hôpital a complètement disparu de la paperasse bureaucratique. Mais pas de la langue parlée par le vrai monde qui, heureusement, continue d'affirmer que quand on est malade, on va à l'hôpital.

_______________________

(1)Le biologiste français Alexis Carrel, également prix Nobel de médecine (en 1912) s'inscrit dans ce même courant qui voyait dans l’eugénisme une solution aux problèmes sociaux.

Plus célèbre (et plus radical encore) que Charles Richet, il a connu le même sort: les rues Alexis Carrel, à Paris et dans plusieurs autres villes de France ont été débaptisées il y a longtemps, de même que la faculté de médecine de l’université Lyon-I .
On peut voir là un juste retour des choses: les défenseurs de thèses  considérées aujourd'hui comme immondes sont remis à leur place, c'est-à-dire nulle part.
Mais tout ça est un peu troublant aussi. Car Richet et Carrel ont, dans leur domaine respectif, accompli des travaux fort valables et fait avancer la science.
Est-ce que leur dérive raciste et eugéniste leur enlève tout mérite?

Et jusqu'où devrait-on aller dans l'épuration toponymique? La question se pose aussi au Québec. Lire à ce sujet cet intéressant texte sur les rues Alexis Carrel et Philipp Lenard (prix Nobel lui aussi) à Gatineau.

 

 

01/04/2015

Pour qui ces belles images ?

savarCatRed.jpg

Dans une édition récente du journal Le Quotidien, il y avait cet encart publicitaire de la boutique Savard Chaussures (Saguenay). Papier, photo, graphisme: tout cela est fort beau, d'une rare qualité je dirais (à laquelle ma numérisation ne rend pas justice, je l'avoue).

Il comprend 20 pages en format (non standard) de 27 par 18 cm. Les photos sont travaillées et découpées, les arrière-plans savamment texturés. Il y a parfois contraste, parfois fusion entre le sujet et le décor.

Une jolie mannequin présente les chaussures pour dames. L'accent est mis davantage sur elle, corps, cheveux, maquillage, vêtements, que sur les chaussures qu'elle porte. Il y a aussi un mannequin masculin, qui apparaît une seule fois, sur la quatrième de couverture.

Au sujet des souliers eux-mêmes, outre les photos, on trouve bien peu d'information: la marque (Geox, Clarks, etc), le modèle. Mais aucun texte descriptif, aucun prix, rien sur les tailles et couleurs disponibles non plus.

Cette belle publication se démarque nettement, par sa qualité et son concept, des circulaires habituellement insérés dans les journaux ou livrés à ma porte par Publisac, tout juste bons pour la récupération.

Tout cela me laisse perplexe. Tiraillée entre d'une part mon envie de lever mon chapeau à l'audace et à la qualité de l'ouvrage, et d'autre part mon insatisfaction comme éventuelle cliente qui aimerait bien en savoir un peu plus sur les produits avant de se présenter à la boutique...

 

14/03/2015

Visages et mots d'une maladie

richardGl.jpg

Lu dans Le Devoir hier une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP) annonçant le décès de Richard Glatzer (à droite sur la photo, avec son conjoint Wash Westmoreland), réalisateur notamment du film Still Alice.

Il est mort, était-il écrit, des suites de la la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée maladie de Charcot.
J'ai été un peu étonnée car je venais justement de voir, au festival Regard sur le court, un film de François Jaros intitulé Maurice, dont le protagoniste est atteint de cette maladie.

mauriceAffiche.jpg

Et dans cet excellent court métrage québécois, cette affection est appelée maladie de Lou Gehrig. On y voit même à quelques reprises le court extrait vidéo où le légendaire joueur de baseball annonce sa retraite (en 1939, deux ans avant sa mort), mettant un terme à sa fabuleuse carrière avec les Yankees de New York.
Deux cultures, deux continents, deux noms, selon les célébrités qui ont en quelque sorte popularisé la maladie.

Le neurologue français Jean-Martin Charcot n'en était pas atteint, mais il a contribué à en compléter la description. C'est donc son nom qui est, en France (et peut-être ailleurs en Europe) associé à la SLA. Aux États-Unis et en Amérique du Nord, on a plutôt pris celui de Lou Gehrig, certes plus connu que Charcot de ce côté-ci de l'Atlantique.

L'an dernier, le phénomène mondial (québécois entre autres) du Ice Bucket Challenge a contribué à faire mieux connaître cette maladie du grand public. Les participants, parmi lesquels quelques célébrités, se vidaient un sceau rempli de glaçons ou d'eau glacée sur la tête, dans le but de recueillir des fonds pour soutenir la recherche et aider les personnes aux prises avec la SLA.

hawking.jpgL'une des plus célèbres victimes de la sclérose latérale amyotrohique est le physicien britannique Stephen Hawking. Le musicien québécois Luc Cousineau en est atteint. On peut citer aussi le musicien de jazz Charlie Mingus, l'acteur David Niven, le joueur de tennis Brad Drewett,  de même que la président chinois Mao Zedong.


Notes

1- Extrait de la dépêche publiée dans Le Devoir:  "Je suis dévasté. Richard était mon âme soeur, mon collaborateur, ma vie. Un vrai artiste et un homme brillant, a écrit sur son compte Twitter son époux Wash Westmoreland, coréalisateur du film."

2 - L'actrice Julianne Moore a reçu l'Oscar de la meilleure actrice (2015) pour son rôle dans Still Alice. Elle y incarne une linguiste qui éprouve les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer. 

25/01/2015

Glisser à Montréal

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(crédit photo: Jacques B Bouchard)

Trois semaines plus tard, les médias québécois (autrement dit: montréalais!) parlent encore de la pluie verglaçante tombée sur Montréal le 4 janvier dernier. Les services municipaux n'ont pas tout à fait réussi à effacer toutes les traces de cette mini-catastrophe.
Or il se trouve que j'étais à Montréal ce jour-là.
La veille, le samedi 3 janvier, il avait fait froid, très froid même. Mais le mercure a grimpé pendant la soirée. La météo prévoyait de la pluie et du temps gris.
Effectivement, le lendemain matin, vu de notre chambre d'hôtel (ITHQ), le spectacle était désolant: pluie, pluie, pluie.
Nous avons décidé malgré tout d'aller au Musée des beaux-arts pour voir l'exposition De Van Gogh à Kandisky, qui se termine d'ailleurs aujourd'hui dimanche 25 janvier. Je l'avais déjà visitée en décembre, mais pas mon conjoint. Il y a tellement d'oeuvres exposées, dont certaines formidables, que cela me faisait plaisir d'y retourner, avec lui.
Aucun problème pour monter dans l'autobus 24: comme la station Sherbrooke (autobus et métro) est dans le même bâtiment que l'hôtel, le petit bout de trottoir qui y conduit est couvert, donc nous n'avons vu ni neige ni glace sur ce bref parcours.
Une fois descendus du bus, nous devions faire quelques dizaines de pas sur Sherbrooke: l'horreur! Il fallait avancer très lentement, car on risquait de tomber à chaque mouvement sur ce trottoir à la fois mouillé et glacé. Et il pleuvait à boire debout.

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(crédit photo: Jacques B Bouchard)


Par les baies vitrées du Musée, nous pouvions voir que la pluie tombait de plus belle et que c'était l'anarchie totale dans la circulation des piétons et des autos.
Après quelques heures agréables et enrichissantes passées à l'abri, il a bien fallu nous résoudre à sortir: la catastrophe! Un court parcours fort périlleux pour nous rendre à l'arrêt du bus. Heureusement, en attendant notre carrosse, nous avons, avec d'autres usagers, trouvé refuge sous l'élégante marquise du chic Ritz Carlton.
Impossible d'enjamber la névasse accumulée entre le trottoir et la rue: le chauffeur a dû avancer l'autobus jusqu'à l'intersection pour nous permettre de monter à bord.


Métro:boulot!
Après le bus, le métro, pour aller chez notre fils. Le trajet entre la station Jarry et sa maison, à quelques coins de rue, a été épique: fallait faire des pas minuscules, tête baissée pour voir où nous mettions les pieds, agrippant au passage tout ce qui était à notre portée, rampes, clôtures, branches, pour éviter de tomber. Cela nous a pris trois fois plus de temps qu'à l'habitude (15 minutes au lieu de cinq!).

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(L'avenue Mont-Royal ce jour-là. Crédit photo: Canoe.ca)


En fin de soirée, la pluie avait cessé... et le mercure avait plongé. C'était encore plus glissant. Nous aurions eu besoin de nos crampons antidérapants.
Une chenillette avait un peu dégagé le trottoir de la rue Jarry, mais autrement, je n'ai vu, de toute la journée, aucune déneigeuse, sableuse ou autre équipement de la voirie à l'oeuvre.
Il n'y en avait guère plus le lendemain matin. Au petit déjeuner, en regardant les autos déraper, les piétons glisser (et tomber pour quelques-uns) sur la rue Saint-Denis transformée en patinoire, j'ai pensé qu'il faudrait beaucoup de temps pour tout dégager, et qu'il y avait certainement eu de l'incurie ou de l'incohérence dans la gestion de ce cocktail météo.
Comme nous partions ce matin-là, nous avons parcouru encore une fois notre petit bout de trottoir couvert pour prendre le métro, et nous rendre ensuite, sans mettre le nez dehors, à la Gare d'autocars pour prendre l'autobus vers Saguenay.

Le reste du trajet fut sans histoire, de même que l'arrivée à Arvida: il faisait froid, il y avait eu beaucoup de neige, mais ni pluie, ni verglas.

20/12/2014

Triste Palais

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Ce joli arbre de Noël tente malgré tout d'égayer un peu le triste décor du Terminus d'autobus de Québec, pompeusement appelé Gare du Palais, nom qui désigne en réalité le monumental édifice construit en 1915 pour abriter la gare ferroviaire, et qui a conservé sa beauté architecturale:

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Mais du côté du terminus routier, ajouté plus tard, c'est la désolation. Propre et moderne (style années 60), mais désert et sans vie, sauf quand il y a un départ et qu'une longue file est formée (souvent à l'extérieur, sur le quai) par les voyageurs qui vont monter à bord de l'autocar.
Les restos changent régulièrement de bannière, peu fréquentés par les voyageurs qui n'ont que le temps d'acheter un sandwich ou des friandises au dépanneur-marchand de journaux qui, lui, a l'air de bien rouler.
Un autre qui tient bon, c'est le café (peut-être un Van Houtte, je ne sais pas). Et pourtant, je n'y ai jamais bien mangé. Je me souviens entre autres d'une infecte quiche lorraine, dix fois trop salée, remplie d'oeufs cuits et recuits au micro-ondes... et de plusieurs expressos imbuvables.

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La consigne offre des espaces à peine assez grands pour accueillir une grosse valise, qui coûtent 4$ chacun en jetons... et la machine à jetons ne fonctionne presque jamais. On y voit toujours des usagers désespérés quêter de la monnaie à tous les passants. C'est minuscule et étouffant.

Quelle piètre image de Québec pour les voyageurs qui y arrivent par autobus!



gare du palais,québec,autobus,triste,noël"Amusements Gare du Palais", annonce bravement la petite enseigne sous laquelle se trouvent quelques appareils où on met des sous pour obtenir des bébelles innommables. Les enfants s'y laissent prendre encore parfois... Il y avait là autrefois une grande salle de jeux vidéo..

 

 

Le terminus de Québec est un endroit où on passe le moins de temps possible, et quand on doit y attendre, vaut mieux avoir avec soi de la lecture ou de la musique, car il n'y a absolument rien à faire...
Sauf, si on en a le temps, aller se promener du côté de la gare des trains...

30/11/2014

Compagnon de mes nuits

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Quand je m'éveille la nuit, j'aime bien regarder par ma fenêtre.

Quand il n'y a pas de nuages, j'y aperçois Orion, qui brille sur le fond noir de la voûte céleste. La constellation d'Orion se reconnaît facilement grâce aux trois étoiles alignées qui dessinent la ceinture du géant. Je peux alors repérer la supergéante rouge Bételgeuse sur son épaule droite, et, sur son pied gauche,  l'ultrabrillante Rigel.

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Quand l'air de la nuit est particulièrement pur, je peux même distinguer, sous sa ceinture, la nébuleuse d'Orion, et devant lui, quelques-unes des étoiles qui évoquent son bouclier, formé d'une peau d'animal.

Orion est en effet, selon la mythologie grecque, un archer habile qui fut rendu aveugle par le roi Oenopion. Il recouvra la vue mais fut plus tard tué par une flèche que lui lança involontairement Artémis.

orion,constellation,nuit,blaise cendrarsOrion est presque la seule constellation que je puis voir de mes deux fenêtres: celle du sud au début de la nuit, celle de l'est au petit matin, avant le lever du soleil.

Bien sûr sa position varie, et il y a peut-être des périodes où je ne puis l'apercevoir. Il me semble pourtant qu'il est toujours là, par temps clair, me tenant compagnie, veillant sur mes insomnies.

Cette contemplation nocturne me réjouit toujours et, quand la lune s'invite aussi, en quart, en demie ou tout entière, le tableau est encore plus beau.

Et je termine par ce très court poème de Blaise Cendrars, dans lequel il parle de sa main coupée, car il avait subi une amputation, conséquence d'une blessure de guerre:

 

Orion
C'est mon étoile
Elle a la forme d'une main
C'est ma main montée au ciel
Durant toute la guerre je voyais Orion par un créneau
Quand les Zeppelins venaient bombarder Paris ils
venaient toujours d'Orion
Aujourd'hui je l'ai au-dessus de ma tête
Le grand mât perce la paume de cette main qui doit
souffrir
Comme ma main coupée me fait souffrir percée qu'elle
est par un dard continuel

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(Paysage avec Orion aveugle cherchant le soleil (1658), huile sur toile de Nicolas Poussin. Metropolitan Museum of Art, New York)

08/11/2014

Chinoiseries...

Acheter au Dollarama... Tout le monde le fait. Je le fais aussi, tout en étant bien consciente (?) que ces produits peuvent provenir de Chine et manquer de fiabilité (c'est un euphémisme), ou encore d'autres pays où les ouvriers et ouvrières ne sont pas très bien traités (un autre euphémisme)!

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Donc l'autre jour dans un Dollarama j'achète deux brosses à dents de marque Colgate, qui m'ont d'ailleurs coûté plus de 1$.
Puis je m'interroge: est-ce que cette marque étatsunienne signifie que les produits ont été fabriqués aux États-Unis? Bien sûr que non. Je me mets alors à lire les textes sur l'emballage, lecture qui s'avère fort instructive.
D'abord ces informations sont présentées en quatre langues: anglais, français, portugais et arabe.
Et pas en chinois, même si ces produits ont été fabriqués en Chine. Au moins ce n'est pas de la nourriture... Je me méfie, avec toutes ces histoires de denrées alimentaires frelatées ou carrément empoisonnés provenant de l'Empire du Milieu, dont les médias nous font part régulièrement.
Par ailleurs, ce lieu de fabrication des brosses à dents n'est indiqué que dans le texte en portugais (peut-être aussi dans le texte arabe, mais je n'ai pas la connaissance nécessaire pour le vérifier). Voyez:

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À noter la mention du bas: "fabriqué par Colgate-Palmolive (Vietnam)". Il y a sans doute là une division de la multinationale.

Respect
Et l'étui à verres de contact de marque Personnelle acheté dans une pharmacie Jean-Coutu? Fabriqué en Chine lui aussi. Pour me rassurer, on a aussi inscrit sur l'emballage: "testé en labo", et "qualité garantie".

En deux langues seulement, le français d'abord, conformément à la Charte de la langue française, et ensuite l'anglais.

Pâtes enrichies
Puis en faisant cuire des spaghettis, j'ai lu sur ma boîte de pâtes Barilla la mention "qualité italienne" ainsi qu'une longue tartine sur la tradition de la famille Barilla à Parme.

Et je me suis demandé si ces pâtes étaient fabriquées en Italie? Pas du tout. Mais elles ne sont pas chinoises non plus.
Elles ont été fabriquées aux États-Unis (et sans doute emballées au Canada).

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Au passage, nos voisins du Sud ont ajouté à la semoule de blé (seul élément essentiel avec l'eau), les incontournables merdes nord-américaines: farine, niacine, fer, thiamine, riboflavine, acide folique...

Et je ne peux m'empêcher de penser que ces suppléments, nullement nécessaires, altèrent légèrement le goût des pâtes.