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20/06/2011

Bleuetière en fête

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Victor Dallaire (photo Le Quotidien)

Samedi soir, l'Ordre du Bleuet a accueilli onze nouveaux membres au cours  de son deuxième gala annuel, tenu à la salle Pierrette-Gaudreault. Fondée par Jérémie Giles, développée par lui, Christiane Laforge et une équipe de bénévoles dévoués, la Société de l'Ordre du Bleuet a précisément pour but de rendre hommage à des personnes qui ont contribué au développpement et au rayonnement culturel du Saguenay Lac-Saint-Jean.

Je les connaissais tous, je connaissais une partie de leurs actions, mais de voir résumées comme ça, sur vidéo, toutes ces vies consacrées à la poursuite d'un idéal, c'était spécial, assez émouvant en fait.

ordre du bleuet,gala 2011,Mario PelchatIl y a chez nous des gens qui travaillent très fort, sans compter les heures, souvent mal ou peu payés, pour créer, communiquer leur passion pour une discipline, faire connaître un domaine, diffuser l'art et la culture sous diverses formes. Leur travail a été souligné, reconnu, mis en évidence, le temps d'une soirée devant leurs pairs, les bleuets qui remplissaient la salle.

Au-delà de cette brève cérémonie, tout un travail de recherche est accompli. Textes, liens, images, documentation demeurent disponibles sur le site de l'Ordre du Bleuet. (Ceux de 2010 y sont déjà, et ceux de 2011 y seront bientôt).

 

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Arthur Villeneuve

Ainsi Florence Munger, fondatrice de l'École Florence-Fourcaudot, une vraie pionnière qui a dû se battre dans les années 50 pour contourner l'imbécile condamnation de la danse par les curés. Elle a suivi des cours, dansé en public, fondé l'école de danse (Fourcaudot est le nom de son mari), que les jeunes filles devaient fréquenter en cachette, à cause du stupide interdit catholique. Les mots danse et ballet étant interdits, on disait qu'il s'agissait d'art chorégraphique. C'était vraiment touchant de voir cette vieille dame très digne, qui se déplace avec peine, autrefois jeune ballerine, recevoir sa récompense, et sourire en écoutant les applaudissement nourris qu'on lui a réservés.

 

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Guylaine Simard (photo Le Quotidien)

 

Le danseur étoile Guillaume Côté  était je crois le plus jeune des hommagés, et le seul qui n'était pas présent. Les images qu'on a montrées de lui, exécutant des sauts et entrechats hallucinants, vêtu de costumes  flamboyants, étaient fort belles. Il était l'un des deux récipiendaires dits de la diaspora, soit les gens d'ici qui rayonnent à l'extérieur de la région, l'autre étant Mario Pelchat, un authentique bleuet qui chante de par le monde; accompagné de ses parents, il était visiblement heureux de l'honneur amplement mérité que lui décernait sa région.

ordre du bleuet,gala 2011,jérémie giles,christiane laforge,cultureBel hommage aussi au cinéaste Alain Corneau, qui s'est battu toute sa vie pour faire exister le cinéma au Saguenay, qui a porté à bout de bras la maison de production La Chasse-galerie, qui a produit et monté des films de grande qualité et travaillé sur de nombreux longs métrages québécois.

Victor Dallaire, le sculpteur intègre, intense et sans compromis, Guylaine Simard, la vaillante et dynamique directrice du Musée du Fjord, Yvon Paré, mon ancien collègue journaliste, écrivain et passionné de littérature, de même que  le musicien Clément Tremblay, qui fut notamment à l'origine du Festival Jazz et Blues, et le photographe Michel Tremblay, fondateur Zoom photo festival de Saguenay, ont aussi été honorés.

Enfin à titre posthume, l'Ordre du Bleuet a reconnu le travail de l'abbé Raymond Tremblay, qui fut curé de la Cathédrale de Chicoutimi, chef de choeur et fondateur du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et celui d'Arthur Villeneuve, le peintre-barbier à la vocation tardive qui a su créer une oeuvre abondante, personnelle et remarquable.

Cette soirée à la fois simple et bien organisée avait de quoi nous remonter le bleuet.

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*Article et détails sur les lauréats ici, dans Le Quotidien

07/06/2011

Julie Boulianne et Karin Côté: complices et magistrales

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(Karin Côté et Julie Boulianne. Photo Rocket Lavoie, Le Quotidien)

Le concert donné dimanche après-midi à la salle François-Brassard par la mezzo-soprano Julie Boulianne et la soprano Karin Côté m'a procuré tant de plaisir que j'en fus moi-même étonnée. Même si la première a une carrière en pleine ascension tandis que la seconde s'est un peu éloignée (du moins l'ai-je cru) du chant classique au cours des dernières années, elles ont toutes deux brillé avec une force égale dans le répertoire qu'elles ont choisi, parfaitement adapté à leurs possibilités, à leur voix, à leurs goûts sans doute.

En duo, elles ont fait le premier air, Ah guarda sorella (Cosi fan tutte), entamant ainsi leur programme en joyeuse légèreté, et le dernier, Youkali, de Kurt Weill, terminant sur une note nostalgique et tendre. Atmosphère qui s'est étendue jusqu'au rappel, Le duo des Fleurs (Délibes, Lakmé). Bizarrement, deux personnes m'ont dit après le concert que cet air, "Sous un dôme épais", les fait pleurer chaque fois...

Dense et relativement court, le programme est bien conçu, original et parfaitement équilibré. En première partie, le grand répertoire, Mozart, Gounod, Rossini, surtout en français et italien. La deuxième partie plus contemporaine (mélodies de Ravel et Poulenc) s'est conclue par un volet Kurt Weill.

Julie Boulianne nous séduit par sa puissance vocale et son jeu hautement comique dans son air fétiche, Una voce poco fa (du Barbier de Séville, interprété par Joyce DiDonato dans la vidéo ci-dessous), et nous émeut jusqu'aux larmes avec Va laisse couler mes larmes, de Massenet. Karin Côté joue habilement l'ironie et l'humour noir dans Glitter and Be Gay de Bernstein, puis se révèle émouvante et vraie dans Je ne t'aime pas de Kurt Weill.

Les deux chanteuses font gracieusement alterner légèreté, gravité, humour, profondeur. Elles utilisent judicieusement leurs ressources dramatiques ou comiques pour faire comprendre les enjeux de ce qu'elles chantent, même dans une langue que le public ne comprend pas. Et cela sans parler de leurs timbres, magnifiques et complémentaires, de leur technique impeccable, de leur sens des nuances.

 

 

La pianiste Marie-Ève Scarfone, une jeune femme de grande expérience, surmonte avec grâce tous les pièges de ses énormes partitions (qui remplacent l'orchestre dans bien des cas), tout en accompagnant, soutenant et donnant la réplique à ses compagnes: c'est un vrai plaisir de l'entendre.

Au-delà des qualités énumérées ci-haut, il y avait ce petit plus, ce quelque chose qui circule entre les artistes et le public et qui donne une qualité particulière à l'atmosphère. Cette sorte de miracle, de grâce du moment, ne se produit pas toujours, mais cette fois, c'était bien là, dès le premier air et sans interruption jusqu'à la dernière note, grâce entre autres au professionnalisme de Julie Boulianne et de Karin Côté, à leur bonheur de chanter et de partager la scène, bref, à leur engagement total dans cette activité.

Ce magnifique événement présenté par la Société d'art lyrique du Royaume a attiré environ 250 personnes, soit un peu moins que le public habituel de l'opéra au Saguenay: il survient bien tard en saison et plusieurs mélomanes sont déjà sans doute en vacances ou en voyage. Les familles des deux jeunes femmes s'étaient cependant déplacées en grand nombre pour accueillir et fêter leurs vedettes.

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Voir aussi l'excellente critique de Daniel Côté, parue dans Le Quotidien

29/05/2011

Art, hasard, beaux-arts

J'ai visité il y a quelques jours la Biennale de Montréal, un événement organisé par le CIAC, responsable autrefois des Cent jours d'art contemporain, que j'ai beaucoup fréquentés également. J'aime ce genre de manifestation qui nous met en contact avec des propositions d'artistes de tous horizons, dans des lieux inhabituels, hors des grands musées.

montréal,biennale,art contemporainCette fois, l'exposition principale se tient (jusqu'au 31 mai) à l'ancienne école des Beaux-Arts, rue Saint-Urbain, un lieu que je n'avais bien entendu jamais visité (plaque de fondation sur la photo ci-dessus). Sur cinq étages, des portes, des couloirs, des escaliers nous conduisent vers d'innombrables pièces où nous attendent les oeuvres: peintures, photos, sculptures, installations, dessins, montages, vidéos. (Un autre volet de la Biennale est consacré à Guido Molinari, j'en reparle bientôt).

Étant donné la nature du bâtiment, il y a des racoins partout, des placards, des armoires qui abritent des éviers, des prises électriques, des objets à usage inconnu. De plus, certaines oeuvres numériques sont présentées dans le noir: il faut pousser un rideau pour entrer dans une pièce où on ne voit rien à prime abord. Donc, on se demande parfois si on peut avancer, ou si ce que l'on voit est une oeuvre ou un élément de l'ancien décor: c'est là un des grands plaisirs de la visite, que de parcourir ce labyrinthe qui dévoile ses trésors à chaque détour.

Une trentaine d'artistes québécois, canadiens, français, américains et autres ont travaillé sur le thème de cette annnée, la tentation du hasard, plus précisément formulé dans le poème Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, de Stéphane Mallarmé.

montréal,biennale,art contemporainAu mur: Ian Wallace, "Les pages répandues". Par terre: sculptures, installation "L'esprit de l'escalier" de David Armstrong.

Parmi les oeuvres qui m'ont particulièrement séduite (analyse plus complète de l'exposition ici dans Le Devoir): celle de  Sylvie Cotton, qui a réduit en confettis ses notes de cours et tous les documents qu'elle a consultés pendant ses études universitaires (plus de détails sur son travail ici). Avec cesmontréal,biennale,art contemporain confettis, elle a construit des oeuvres (on en voit une sur la photo de gauche), posées sur des socles ou par terre: la pièce devient chapelle, chacun des éléments un autel érigé à la connaissance et à ce qu'elle finit par devenir: poussière... J'ai aimé aussi le travail d'Ian Wallace: photos laminées où le coup de dés de Mallarmé est mis en évidence au milieu de papiers et documents divers, encadrées par un canevas travaillé à l'acrylique (on en voit quelques-unes au mur sur la photo ci-dessous, qui donne une bonne idée de l'exposition). Intiulé "Les pages répandues", l'ensemble paraît à prime abord simpliste, mais la netteté des images, qui saute littéralement aux yeux, incite à un examen plus montréal,biennale,art contemporainattentif qui permet de saisir toute la richesse de l'oeuvre: le hasard est dans le texte photographié, et non pas dans le travail, minutieux et élaboré, de l'artiste.

Intéressantes également les sculptures en bronze de l'artiste roumain Daniel Spoerri (un exemple ci-contre): créatures imaginaires à la fois étranges et comiques tenant de l'humain, de l'animal, de l'objet fabriqué, ces personnages improbables aux sexes biscornus amusent beaucoup les jeunes visiteurs.

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 J'ai beaucoup aimé aussi le travail de Lois Andison, Nadia MyreJean Dubois et  Werner Reiterer ("où Dieu habite", dans la fenêtre à gauche, c'est lui).

Quelques oeuvres m'ont laissée perplexe et, je l'avoue, dubitative quant à leur réel intérêt: les travaux sur les dés de Jean-Pierre Bertrand et de Gilles Barbier, les montages avec colis de Walead Beshty.

C'est normal, ça fait partie du jeu et n'enlève absolument rien (bien au contraire) au plaisir que j'ai pris à cette  visite fascinante.

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13/05/2011

Des femmes remarquables

irina markova,babe didrikson

En mars dernier, la journaliste Catherine Delisle (bonjour chère ex-collègue!) publiait dans Progrès-Dimanche un texte que j'ai particulièrement apprécié. Elle y évoquait Ces femmes oubliées par l'histoire, des femmes de la région qui ont fait oeuvre de pionnières comme Anne-Marie Dionne, Marthe Vaillancourt, soeur Marie-Joseph: si leurs noms sont connus dans quelques cercles, ils ne seront sans doutes pas cités par les spécialistes qui écriront la grande histoire du Québec.

J'ai récemment découvert, pour ma part, deux autres femmes, que j'ai trouvées extraordinaires, pour des raisons très différentes. Elles n'ont cependant rien à voir avec l'histoire régionale.

Irina Markova

Le fascinant documentaire The Poodle Trainer, que j'ai pu voir au festival Regard sur le court métrage au Saguenay, présente une entraîneuse de caniches qui se produit dans des cirques avec ses animaux. Originaire de Russie, Irina Markova vit maintenant aux États-Unis.

Ce n'est pas une héroïne, loin de là. Blonde et coiffée un peu comme ses chiens (voir la vidéo),

 

 

son regard triste et ses propos quelque peu désabusés laissent entrevoir, sous des dehors aux couleurs criardes et voyantes (celles du cirque), un être humain qui a souffert, qui essaie de s'en sortir.

Elle apprécie davantage la compagnie de ses chiens, qu'elle semble aimer sincièrement, que celle des humains. On sent les blessures, les difficultés, les rejets qui l'ont poussée sans doute à adopter ce style. En même temps elle est digne et fière, elle se tient debout et s'autorise à s'estimer. Un très beau portrait.

 

Babe Didrikson

Mildred Didrikson Zaharias, surnommée Babe Didrikson, a vécu de 1911 à 1956 aux États-Unis. Elle s'est fait remarquer dans le domaine du sport, où elle a accompli des exploits phénoménaux. C'est l'animateur Jacques Bertrand qui en a parlé à sa formidable émission radiophonique La tête airina markova,babe didriksonilleurs, présentée le samedi après-midi à la Première chaîne.

Elle a excellé dans tous les sports qu'elle a pratiqués: basket-ball, golf, tennis, gymnastique, baseball, (d'où son surnom, Babe, en hommage à Babe Ruth), football, boxe. Elle a d'ailleurs épousé un lutteur, George Zaharias.

Et quand je dis excellé, le mot est faible. Aux Jeux Olympiques de 1932, elle a remporté deux médailles d'or et une d'argent, tout en établissant un record du monde dans chacune des trois disciplines:  80 mètres haies, javelot et saut en hauteur. Elle en aurait peut-être remporté davantage si on l'avait autorisée à se présenter dans toutes les disciplines pour lesquelles elle s'était qualifiée.

 Partout où elle est passée, il a fallu modifier les règlements ou les méthodes de calcul pour s'adapter à ses capacités hors du commun. Et quand elle s'est mise au golf, elle a tout raflé, remportant tous les tournois majeurs. Elle a ouvert ce sport aux femmes et contribué à fonder la LPGA.

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Babe Didrikson était une femme déterminée, sinon obstinée, qui ne se laissait pas arrêter par les règles et règlements officiels, et encore moins par les jugements sévères que l'on portait sur elle et son apparence. Comme elle était grande et forte, d'allure peu féminine, on l'a même soupçonnée d'être un homme!

Atteinte d'un cancer du côlon, elle a subi une intervention chirurgicale et est revenue au golf un mois plus tard pour remporter à nouveau le US Open. Mais la maladie l'a tout de même emportée, à l'âge de 45 ans.irina markova,babe didrikson

En 1999, l'Associated Press la désignait Woman Athlete of the 20th Century. La même année, le magazine sportif américain Sports Illustrated l'a choisie comme Athlète féminine du siècle.

Un véritable phénomène, une force de la nature, un tempérament certes pas facile, mais très fort. Si cela vous intéresse, listez sa courte biographie sur Wikipedia, et si vous pouvez lire l'anglais, allez consulter cet article sur ESPN.com, qui donne des détails sur cette femme totalement hors du commun. Je suis très heureuse d'avoir fait sa connaissance, grâce à Jacques Bertrand. 

29/04/2011

Le Palais de Chaillot: un secret bien gardé

palais de chaillot,cité de l'architercture,paris,carrouselParis, dimanche, 3 octobre 2010: une belle journée ensoleillée s'annonce. Le moment idéal pour une visite de la tour Eiffel et une excursion sur la Seine en bateau-mouche.

Pour nous rendre dans les jardins du Trocadéro et nous diriger vers la tour, nous aurions pu passer sur l'esplanade extérieure qui divise en deux parties identiques le Palais de Chaillot. Un magnifique édifice, de style à la fois classique et art déco épuré, édifié sur l'emplacement de l'ancien Palais du Trocadéro. Sur un fronton de la façade, cette inscription, que j'ai prise en photo: 

palais de chaillot,cité de l'architercture,paris,carrousel"Tout homme crée sans le savoir
comme il respire mais l'artiste se sent créer
son acte engage tout son être
sa peine bien aimée le fortifie"
(Ce sont des vers de Paul Valéry:, et j'ai appris depuis que trois autres citations du poète sont gravées en différents points de la façade).

Nous étions pressés et n'avions guère de temps. Mais nous avons tout de même décidé, par curiosité, de passer par l'intérieurde l'aile gauche, croyant que nous aurions simplement à

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Portail de la cathédrale de Chartres

traverser rapidement quelques salles ou couloirs. Mais, tentés par les affiches qui nous invitaient à visiter gratuitement la Cité de l'architecture et du Patrimoine, nous nous y sommes dirigés, sans trop savoir à quoi nous attendre.

Jack et moi sommes donc entrés dans la section dite du Musée des monument français: nous y avons découvert un endroit magique, plein de merveilles.palais de chaillot,cité de l'architercture,paris,carrousel Des moulages et reproductions de monuments historiques comme la cathédrale de Chartres et l'abbaye de Cluny. En me promenant dans ces salles en enfilade dont chacune semblait plus intéressante que la précédente, j'avais accès d'un seul coup aux trésors du patrimoine dispersés dans plusieurs régions de France.

Tout est reproduit à l'échelle, fidèlement et dans les moindres détails: portails, porches, frises, colonnes, fresques, bas-reliefs. Art roman, art gothique, art moderne, dans un cadre architectural d'une grande beauté.

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(Reproduction de la chapelle des moines de Berzé-la-Ville, du XIe siècle)

Nous sommes restés là bien plus longtemps que prévu, et nous aurions souhaité nous y attarder davantage. Nous nous sommes promis d'y retourner passer une journée complète si d'aventure nous séjournons à nouveau à Paris.

Car la Cité de l'architecture n'est qu'une partie du Palais de Chaillot, qui comprend aussi, outre les scultpures à l'extérieur, une salle de concert et plusieurs autres sections que j'aimerais bien découvrir.

Les touristes n'en ont que pour la Tour Eiffel, qui est certes digne d'intérêt. Mais la Dame de Fer fait ombrage au Palais de Chaillot, un lieu unique, immense en étendue plutôt qu'en  hauteur,  rempli de fabuleux trésors qui nous ont totalement éblouis.

Voici pour terminer une vue aérienne du Palais et des jardins (prise du haut de la tour Eiffel, mais pas par moi, contrairement aux autres photos qui illustrent cette note!):

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23/04/2011

Vive les femmes!

psychoDeneuve.jpg"La mixité est un plus pour l'entreprise", peut-on lire dans le numéro de mars du magazine français  Psychologies. (À la une: Catherine Deneuve, qui trouve "ennuyeux de vieillir". Elle aura 69 ans le 23 octobre prochain...)

Je cite:

"C'est le secret le mieux gardé de l'économie: plus les femmes sont représentées dans les équipes dirigeantes, plus les résultats des entreprises sont élevés", (Élisabeth Laville, fondatrice du cabinet Utopies. Au bout de ce lien, un texte qu'elle a publié à l'occasion du 8 mars 2011)

Selon l'enquête Féminisation et performances économiques des entreprises, conduite par Michel Ferrary pour Ceram Business School (un institut français, comme son nom ne l'indique pas!) en 2009:

Lorsque le taux d'encadrement féminin est supérieur à 35%:

- la rentabilité de l'entreprise augmente de 96%

- sa productivité de 34%

- et les emplois générés par elle de 157%

Un secret trop bien gardé en effet. Ces chiffres sont valables en France, mais parions que l'on pourrait obtenir des résultats semblables ailleurs dans le monde, notamment au Québec.

On espère surtout que ces chiffres puissent faire réfléchir et contribuer a améliorer le sort des femmes dans les pays où elles sont encore considérées comme des sous-tapis...

21/04/2011

Stress parisien

Du travail stressant, des employés malheureux, il y en a partout. Pour illustrer cela, voici une histoire vécue.

Paris,travail, agence de voyage, stressParis, octobre 2010. La veille de notre retour au Québec, inquiets pour notre transfert vers l'aéroport, nous nous sommes rendus aux bureaux de Cityrama pour avoir des informations. Il y avait foule dans les petits locaux de l'agence, rue des Pyramides: une queue comme on en voit souvent à Paris, et une seule employée. Les gens voulaient faire des "tours": tour de ville, excursion à Versailles, soirée au Moulin Rouge, Châteaux de la Loire, que sais-je. Chacun arrivait avec ses exigences, ses questions, quelques-uns se paignaient du prix élevé des excursions, on aurait dit une ruche pleine d'abeilles bourdonnantes.

Quand ce fut notre tour de nous présenter au comptoir, l'employée, une dame d'un certain âge, bien mise et tout, semblait au bout du rouleau.

"Excusez-moi m'sieu dame,  je suis seule pour répondre à tous ces gens, c'est pas possible, je n'en peux plus", nous a-t-elle dit, manifestement au bord de la crise de nerfs. Les autres employés étaient partis déjeuner... aucun n'était revenu... il était 14 heures!paris,travail,agence de voyage,stress

Nous nous sommes montrés compréhensifs, qu'avions-nous à perdre?

"On vous comprend, ils vous ont laissée seule ici, ce n'est pas drôle, etc..." avons-nous compati tour à tour, Jack et moi.

Bizarrement, ce petit échange a semblé la réconforter. Elle a répondu à nos questions, fait un appel téléphonique pour nous: nous allions recevoir un fax avec tous les détails. Tout fut réglé en quelques minutes, et le lendemain, tout s'est passé comme prévu... ou presque (le chauffeur du minibus... enfin c'est une autre histoire).

Merci ma bonne dame. J'espère que la meute de clients ne vous a pas dévorée, et que le reste de la journée a été moins terrible pour vous!

27/03/2011

Antigone, aujourd'hui

Un groupe de comédiens et de gens de théâtre. Des créateurs qui veulent créer. Ils ont monté Antigone, de Sophocle. (Cinq représentations, c'est déjà terminé).
Un choix audacieux. Le théâtre grec, aujourd'hui?  Vraiment??? Eh bien croyez-le ou non, c'est plus que pertinent. En écoutant les propos de Créon, le roi de Thèbes, fort bien joué par un Éric Rénald vêtu d'un pantalon de camouflage et tenant un bâton de golf en guise de sceptre, on jurerait entendre Kadhafi. Aujourd'hui. Ou d'autres dictateurs, à d'autres moments de l'histoire:  Hitler,  Ceaucescu, Pinochet... Nommez-les.
antigone,sophocle,100 masques,natas,maude cournoyerLe pouvoir les aveugle tous. "Ils empiètent sur le rôle des dieux", et finissent par croire que ce pouvoir est le leur. Qu'ils sont le pouvoir. Et que cela leur donne tous les droits sur tous ceux qui les entourent.
Donc le roi de Thèbes, aujourd'hui, nous parle de nous et de notre monde.
Et à entendre Antigone, la fille d'Oedipe, la rebelle qui ose défier son autorité, comment ne pas penser aux femmes, celles d'ici et d'ailleurs, dominées, humiliées, contraintes se soumettre à des lois iniques sous peine de mort. De mourir avant de mourir, comme le dit Antigone.

Le collectif N.A.T.A.S. (Notre Association Théâtrale Au Saguenay) a donc relevé le défi du laboratoire annuel de création du Théâtre 100 Masques. Et pas n'importe quels comédiens. Pour les trois rôles principaux (et quelques rôles secondaires): Maude Cournoyer (Antigone), Mélanie Potvin (Ismène) et Éric Renald (Créon), se montrent intenses et brûlants tout en conservant un ton égal et posé. antigone,sophocle,100 masques,natas,maude cournoyer

François-Matthieu Hotte, jeune cinéaste créatif et rebelle, signe sa première mise en scène pour le théâtre... et rien n'y paraît. Contraint à la sobriété par des moyens financiers plus que modestes, il a finalement fait de cette sobriété un élément essentiel de son travail (il explique sa démarche ici). Optant pour une réjouissante scénographie de récupération truffée d'anachronismes, vieilles tables, feuilles de papier, costumes minimalistes, et pour un fond sonore savamment mixé (musique, bruitages, sons déformés et stridents), il a consacré la plus grande partie de ses efforts au travail du texte avec les comédiens.
Maude Cournoyer est formidable dans le rôle de la jeune et pure Antigone, toute préoccupée de donner une sépulture à son frère Polynice, défiant les ordres de son oncle Créon. La comédienne, qui est d'ailleurs à l'origine de ce projet, a concocté sa propre adaptation du texte de Sophocle. Puisée à plusieurs traductions et sources (j'ai cru y déceler un zeste de l'Antigone d'Anouilh, mais je peux me tromper), sa version-adaptation parle une langue directe et simple, qui confère au propos une clarté troublante. Surtout que tous, comédiens et  coryphées, affichent une diction et un phrasé impeccables.

antigone,sophocle,100 masques,natas,maude cournoyerÀ cette équipe allumée et compétente, ajoutez un vieil auditorium au charme suranné (celui de l'ancien couvent du Bon Conseil, rue Racine),  une trentaine de personnes vendredi après-midi, et voilà: c'est magique, Antigone vit sous nos yeux, s'interroge, se révolte, et meurt, comme tous les autres protagonistes de cette tragédie.

Les grands thèmes qui préoccupent encore aujourd'hui l'humanité pensante, vie, mort, honneur, fidélité, soumission, courage, rébellion, loi, morale, cupidité, amour (bien peu celui-là), sont ici abordés. Les enjeux sont clairs... les solutions le sont un peu moins...

Je me rappelle mes années de collège et je me démêle une fois de plus (avec l'aide de mon voisin) dans la tragédie et la mythologie grecques, entre Eschyle, Euripide, Sophocle, entre les cycles de Thèbes (celui-ci), de Mycènes, d'Athènes. Mélangées aux récits de la Bible et de l'Évangile, ce sont les sources de ma culture.
Et je regrette que cette production n'ait pu, pour des raisons diverses, être présentée à ceux, justement, que notre système d'éducation secondaire et collégial prive chaque jour de cette culture...

Bonne fête à vous tous, gens de théâtre

Aujourd'hui, dimanche 27 mars, c'est la JOURNÉE MONDIALE DU THÉÂTRE. Elle est célébrée par des activités, des spectacles, des messages. Le message québécois est ici.

Pour ma part (avant de parler justement d'une autre remarquable création), je veux souhaiter tout spécialement BONNE FÊTE  à tous les comédiens, créateurs, techniciens, à tous les artisans du théâtre au Saguenay-Lac-Saint-Jean (on en voit plusieurs dans la vidéo ci-dessus), qui accomplissent un travail formidable avec peu de moyens, qui persistent et signent malgré les obstacles, et qui, bon an mal an, créent, montent, et diffusent des oeuvres en tous genres, pour le plus grand plaisir d'un public certes peu nombreux, mais fidèle et ravi. Et je n'ai qu'un seul mot, en forme de souhait:

CONTINUEZ!!!

11/03/2011

Femmes, phrases et phrasés

Jocelyne Roy, flûte, Jeunesses musicalesJocelyne Roy (ci-contre) et Michelle Yelin Nam avaient de bien belles choses à dire aux nombreuses personnes qui ont bravé la neige et le froid pour aller les entendre dimanche dernier (6 mars) à la salle Pierrette-Gaudreault. En tournée avec les Jeunesses musicales du Canada, elles se sont bien sûr exprimées par leurs instruments, la flûte et le piano, mais aussi par la parole, sachant établir un contact très fort avec leur public.

La flûtiste est québécoise et s'exprime fort bien. Sa compagne, d'origine coréenne, fait d'immenses efforts pour parler français. Avec un fort accent, le souffle court, elle cherche ses mots, se trompe parfois, donne trop ou trop peu de détails à l'occasion, mais peu importe, elle se lance, son message passe malgré tout, et on sent que d'ici quelque temps, sa persévérance lui permettra de parler beaucoup mieux cette langue difficile pour ellejocelyne roy,michelle yelin nam,flûte,piano,eunesses musicales,jonquière

Ce discours des deux jeunes musiciennes, tout en offrant des détails importants sur les oeuvres au programme, parle surtout de leur amour de la musique, du rôle joué dans leur vie par telle oeuvre ou tel compositeur. À les entendre, on ne doute pas un instant qu'elles aiment ce qu'elles font et que quand elles jouent, elles sont là, totalement présentes, totalement concentrées, habitant complètement cette bulle d'espace/temps qui s'appelle un concert.

Ce plaidoyer, c'est un plus qui s'ajoute au plaisir de les entendre jouer. Elles ont  25 et 29 ans, déjà beaucoup d'expérience de la scène (concerts, concours, prix) et une immense compétence technique et expressive, acquise à force de temps et de travail.

Leur programme est riche, plein de beaux noms qui m'ont pour ma part incitée à me déplacer.

Saverio Mercadante n'est pas le plus connu d'entre eux, mais j'ai un faible pour ce compositeur: depuis une vingtaine d'années, j'écoute régulièrement dans mon auto ses merveilleux concertos pour flûte. Jocelyne Roy a interprété ses variations sur La ci darem la mano (air du Don Giovanni de Mozart), qui demandent beaucoup d'agilité et de virtuosité, comme à peu près tout ce qu'elle a joué. Des pièces de Bach, Boehm, Debussy, Chopin Schubert, Mendelssohn, jouées en duo ou en solo, peuplaient ce programme bien garni.

Et quelque chose de très spécial, Chant de Linos du compositeur français André Jolivet: elles ont parlé de la pièce avec une telle ferveur, et l'ont jouée avec tant de compétence et d'engagement qu'elles ont su faire apprécier au public cette musique exigeante, puissante et déstabilisante.

L'oeuvre est jouée sur cette vidéo:

C'est le genre de concert qui me laisse une extraordinaire impression de satisfaction, d'accomplissement: heureuse d'avoir vaincu ma paresse naturelle, ma tendance à rester tranquille à la maison, d'avoir saisi cette occasion unique d'un partage, d'une rencontre, avec l'art, avec les artistes et avec un groupe de personnes qui ont vécu cela en même temps que moi, je me sens quelque peu euphorique, comme un athlète qui aurait réussi une épreuve difficile.