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29/09/2011

Gaston Talbot démultiplié

Dragonfly of Chicoutimi, Larry Tremblay, Claude Poissant, La Rubrique, PaP théâtre, théâtre, Jonquière, Gaston TalbotJ'ai trop aimé, je crois, la première version que j'ai vue de la pièce de Larry Tremblay The Dragonfly of Chicoutimi.

C'était en 1999, au Petit Théâtre (de l'Université du Québec à Chicoutimi), qui ne s'appelait pas encore ainsi: le Dragonfly était le premier spectacle joué dans cette salle récemment construite. Pièce magistrale, interprétation tout aussi magistrale du comédien Jean-Louis Millette, qui est mort une semaine après ce passage remarqué à Chicoutimi.

Pour moi: souvenir marquant, histoire exceptionnelle, textes dans Le Quotidien:

Ma critique de la pièce
La réaction de l'équipe au décès du comédien
Mon interview avec Larry Tremblay quelques années auparavant, au moment de la publication de sa pièce

Dans la mise en scène de Claude Poissant pour le Théâtre PàP, présentée à Jonquière mardi dernier, cinq comédiens incarnent Gaston Talbot. Ce n'est plus une voix unique, mais un choeur à voix multiples. Chaque choriste endosse un moment ou une facette de cet homme qui raconte son histoire au public, en anglais. Histoire à tiroirs qui passe du rêve à la réalité en bousculant la chronologie, figure démultipliée par ces cinq comédiens qui se tiennent dans des cubicules. À la fois isolés et inséparables.

Lecture pertinente, intéressante, éclairante même par moments pour ce texte fort et percutant.

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J'ai aimé ce que j'ai vu et entendu, tout en regrettant la diction impeccable de Jean-Louis Millette qui donnait à cet anglais une préciosité toute française, démontrant en réalité qu'il ne parlait ni anglais ni français, mais une langue propre à cette oeuvre, la création, l'invention  d'un langage étant un thème récurrent chez Larry Tremblay. Avec cinq interprètes, plus les effets sonores, c'était moins clair, de sorte que j'ai perdu je crois le passage le plus important (je ne l'ai pas entendu), et j'en ai éprouvé de la frustration.

Mon souvenir m'aveugle, peut-être, mais ce n'est pas grave.

Car rien n'est sacré et cette reprise possède ses qualités. D'autant plus bienvenue qu'elle contribue à la diffusion de cette oeuvre très forte d'un auteur d'ici qu'est The Dragonfly of Chicoutimi. L'an dernier, La Rubrique avait présenté dans la même salle, par la même compagnie et le même metteur en scène, une autre pièce de Larry Tremblay: l'extraordinaire Abraham Lincoln va au théâtre.

Mardi à la salle Pierrette-Gaudreault, les gens riaient aux éclats, du moins au début de la représentation. Voulaient-ils démontrer qu'ils comprenaient l'anglais, ou croyaient-ils avoir affaire à un spectacle d'humour? Je ne sais pas. Il y a certes de l'ironie et quelques effets comiques, mais c'est un drame et il n'y a pas de quoi s'esclaffer.

Autres opinions sur cette mouture du Dragonfly:

Daniel Côté dans Le Quotidien

Dario Larouche sur son blogue

27/09/2011

Pic, pic, pic... voici les pics!

pic bois, petit pic, arbre, oiseauLes pics bois fréquentent beaucoup nos ormes, ces temps-ci. Au début de l'été, les employés de la Ville ont coupé des ormes morts au même pic bois,petit pic,arbre,oiseauendroit, mais ils ont refusé de finir la job, laissant en place deux arbres, qui étaient pourtant manifestement attaqués par la même peste qui a détruit leurs semblables.

Résultat: les quelques feuilles saines qui leur restaient sont tombées, les arbres sont morts (ou presque), pour le plus grand bonheur de nos amis les pics, qui les écorcent avec leur bec pour trouver vers et insectes dont ils se délectent.

Alors au lieu des feuilles, ce qui tombe dans notre entrée, ce sont des morceaux d'écorce.

25/09/2011

Un chien dans la salle...

C'est la chose la plus étrange que j'ai vue dans une salle de concert. Cela se passait jeudi dernier à la salle Wilfrid-Pelletier, alors que j'étais déjà assise dans mon fauteuil avant la représentation des Noces de Figaro (mon compte rendu est ici).

chien,salle Wilfrid-Pelletier, Montréal
(photo: Jacques-B. Bouchard)

 

Trois dames s'avancent dans l'allée latérale: l'une d'elles tient le harnais d'un chien-guide (pour aveugles), un labrador noir assez massif, comme notre ami Bob sur la photo. Elles s'avancent jusqu'à la rangée G, devant moi, et font lever toutes les personnes assises pour se rendre quasiment au centre, où doivent se trouver leurs fauteuils. En se levant, les gens regardent, incrédules, le chien passer devant eux.

Problème: les trois dames (et le chien) constatent que d'autres dames occupent déjà les trois places qu'elles croient les leurs. Discussion (que je n'ai pas entendue), gesticulation, montrage de billets...

Résultat: les trois dames (et le chien) ne sont pas au bon endroit. Six jambes et quatre pattes repassent donc devant tout le monde, qui se lève à nouveau pour les laisser sortir de la rangée et aller vers l'arrière, je ne sais pas où, j'ai cessé de suivre leur périple.

Ma voisine me précise que le chien a assisté à la conférence de présentation avant l'opéra, et qu'il a été très sage. On ne l'a pas entendu non plus pendant la représentation: c'est un chien bien élevé, qui connaît son métier, un vrai professionnel.

Mais tout de même, c'était étrange...

 

Les toilettes: encore plus ratées

J'ai déjà parlé (ici) des toilettes de la salle Wilfrid-Pelletier, qui sont une véritable horreur.

Elles sont encore en rénovation. J'espère qu'elles seront améliorées. En attendant, c'est un cran plus loin dans l'horreur. Pendant les travaux, les hommes doivent aller d'un côté et les femmes de l'autre. Autrement dit, il y a moitié moins de cabine(t)s disponibles. Pour les dames, c'est un drame!

À l'entracte, la file de madames s'étendait jusqu'au centre du vestiaire. J'ai réalisé que je n'aurais jamais le temps de faire pipi avant la reprise du spectacle.

Je suis donc sortie de la salle pour aller dans le hall des pas perdus (maintenant appelé Espace culturel Georges-Émile-Lapalme) de la Place des Arts. Il y a des toilettes tout près de l'entrée de la Cinquième salle... C'est petit mais il n'y avait personne ou presque, ce fut très rapide.

Je me suis trouvée pas mal futée...

24/09/2011

Les Noces et le Feu

Je viens de passer cinq jours merveilleux à Montréal (d'où mon retard à ajouter de nouveaux billets sur ce blogue), chez fiston et sa douce, au cours desquels j'ai fait et vu des choses étonnantes, stimulantes, réconfortantes, spéciales.

J'en ai beaucoup à raconter, je vais procéder en reculant dans le temps, et donc commencer par ma dernière soirée, celle du jeudi 22 septembre.

Le Nozze di Figaro, Opéra de Montréal, Julie Boulianne, Arcade Fire

(Julie Boulianne, Phillip Addis et Hélène Guilmette. Photo: Yves Renaud)


Je suis allée voir Le Nozze di Figaro de l'Opéra de Montréal. Je me suis offert un bon billet  dans la rangée K, au centre,  salle Wilfrid-Pelletier. La dernière représentation, ce soir samedi, y était jouée à guichets fermés. J'ai beaucoup aimé. La mise en scène de Tom Diamond, dynamique et bien conduite, permet de se débrouiller (à peu près) dans ce tourbillon de quiproquos, de tromperies, de revirements amoureux à la faveur de lettres, billets et autres objets perdus ou retrouvés.

Côté musique, c'est le divin Mozart, léger, délicieux, joyeux... éblouissant. L'Orchestre Métropolitain, sous la direction de Paul Nadler, sonne bien et met en valeur la richesse de cette écriture. Une bonne équipe de chanteurs, assez homogène, d'où se détache Julie Boulianne, mezzo-soprano originaire de Dolbeau-Mistassini, qui vole littéralement le show en première partie. Sous les traits du jeune page Cherubino, elle fait rire le public avec ses pitreries, avant de l'émouvoir totalement avec son merveilleux Voi che sapete, longuement applaudi d'ailleurs.

Voici ce qu'a écrit Claude Gingras dans La Presse:

La minuscule mezzo Julie Boulianne projette assez de voix pour rejoindre la dernière rangée de la corbeille et son personnage de page Cherubino est l'un des joyaux du spectacle : elle adopte la parfaite allure d'un adolescent et elle fait rire toute la salle lorsqu'on l'habille en fille.

 

En deuxième position: la soprano Nicole Cabell, en comtesse Almaviva: belle voix chaude et nuancée, remarquable dans l'air Dove sono... Les barytons: Robert Gleadow (Figaro) joue fortle nozze di figaro,opéra de montréal,julie boulianne,arcade fire bien et chante assez bien; Phillip Addis (le Comte Almaviva) s'en tire honorablement même s'il manque un peu de volume, et la soprano Hélène Guilmette (Susanna) joue mieux qu'elle ne chante. L'important finalement est que tout cela fonctionne, et ça fonctionne vraiment bien.

Pendant ce temps, à l'extérieur, près de 100,000 personnes avaient envahi l'esplanade de la Place des Arts pour se noyer dans les décibels du groupe Arcade Fire (et de Karkwa en première partie), qui leur offrait un spectacle gratuit.

Dès que l'on a ouvert les portes de la salle Wilfrid-Pelletier, à l'entracte, la vague sonore de l'extérieur nous a frappés de plein fouet. Et on pouvait voir, à travers les baies vitrées, les milliers de fans se trémousser devant les écrans géants. Les chanteurs des Noces devaient se concentrer au maximum pour oublier les vibrations du rock qu'ils sentaient sous leurs pieds.

Une soirée magique où il y en avait pour tous les goûts.

18/09/2011

Les chiens, la langue, la roche

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En faisant le ménage de mes vieux papiers, j'ai retrouvé ceci: La langue des chiens de roche. C'est le tapuscrit, et la première ébauche sans doute, du texte de Daniel Danis qui devait être publié en France et au Québec quelques années plus tard sous son titre définitif: Le Langue-à langue des chiens de roche.

Le document m'a été remis en 1999 par Alain Dassylva, professeur de français au Cégep de Chicoutimi. Il présentait à ses élèves une lecture publique de ce texte et m'avait idaniel danis,le langue à langue des chiens de roche,cégep de chicoutimi,théâtre,lecture publiquenvitée à y assister, à titre de journaliste, pour en faire un compte rendu dans Le Quotidien.

J'étais très intéressée car Cendres de Cailloux, une autre pièce de Daniel Danis que j'avais vue à Jonquière (présentation -et création si je me souviens bien- de La Rubrique) en 1994, dans une mise en scène fabuleuse qui plongeait le public et presque toute la scène dans une complète obscurité, m'avait totalement éblouie(!).

Et j'ai été également subjuguée par ce nouveau texte de Danis, décidément un auteur exceptionnel, toujours attaché au Saguenay même s'il est né en Outaouais. Ses pièces ont été jouées en France et dans plusieurs villes du monde. Il est encore actif, on peut avoir une idée de son théâtre sur ce site.

 

Voici ce que j'avais écrit dans Le Quotidien du 1er avril 1999:

 

«La langue des chiens de roche»
Un moment exceptionnel de théâtre à Chicoutimi

Pelletier, Denise

Un moment exceptionnel de théâtre s'est vécu hier midi à l'auditorium Dufour: la lecture publique du texte «La langue des chiens de roche», de Daniel Danis. Exceptionnel par la qualité de la pièce, et par le silence, à la fois attentif et tendu (et donc révélateur de son efficacité), dans lequel elle a été reçue par le public, formé en majorité d'étudiants du Cégep.
Les neuf comédiens, assis sur des chaises à l'avant du rideau, se levaient tour à tour pour aller à l'avant lire leurs scènes. Neuf personnages, c'est beaucoup, et pourtant, grâce au jeu des comédiens et à la structure du texte, ils sont vite devenus familiers au public: la jeune Djoukie quêtant l'amour de sa mère, la mère au coeur figé, Coyote l'organisateur de parties «rage», Léo le bon père, ses deux fils, Déesse et les autres.
Des personnages en quête d'amour, à la recherche d'eux-mêmes, du sens de la vie. La pièce, très forte, parle d'amour, de sexe, de haine, de guerre, d'oubli et de souvenir. Il y a des soirées orgiaques, des rencontres amoureuses, des révélations, des récits tendres ou atroces, sur une île isolée, dans une atmosphère rendue glauque et trouble par la présence de chiens innombrables, qu'on entend mais qu'on ne voit jamais. Des moments à la limite du supportable, quand Simon raconte un souvenir de guerre, par exemple d'autres qui sont plus légers, quelques-uns très drôles. On y retrouve le style unique de Daniel Danis, qui imbrique les passages poétiques, les descriptions réalistes, le langage cru, le français international et la langue populaire québécoise, les incantations récurrentes et les répliques du tac au tac.
Les comédiens, dirigés par Daniel Danis qui jouait le personnage du père, soit Dominick Bédard (Coyote), Nadia Simard (Déesse), Marie-Pascale Côté (Djoukie), Chantal Éric Dumais (Joëlle), Guillaume Simard (Niki), Simon Bouchard (Charles), Julie Morin (Murielle) et Stéfane Guignard (Simon) ont tous été excellents dans ce superbe texte, qu'ils connaissaient manifestement très bien, même s'ils avaient en main leur manuscrit. Quelques erreurs et hésitations, tout à fait acceptables dans le cadre d'une lecture publique, n'ont en rien empêché le courant de passer entre la scène et la salle.
Les comédiens, qui ont déjà présenté cette lecture de «La langue des chiens de roche» au Côté-Cour, se disaient prêts, à l'issue de la représentation d'hier, à recommencer n'importe quand.

 

Il est à noter que quelques-uns de ces comédiens d'alors sont, encore aujourd'hui, très actifs dans le domaine du théâtre.

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(Daniel Danis. Photo: Jocelyn Bernier, Le Soleil)

 

J'ai interviewé Daniel Danis à quelques reprises pour le journal. J'ai aussi vu (et critiqué)  favorablement sa pièce Celle-là, présentée aussi par La Rubrique, et plus récemment l'excellent Kiwi, qui met également en scène de jeunes marginaux, monté par le théâtre de la Tortue Noire dans une mise en scène de Guylaine Rivard. J'en ai parlé dans ce billet.

15/09/2011

King et junior

Ce midi, je me suis payé une petite folie. Je suis allée manger ...au Burger King du boulevard Talobot.

Ça faisait une éternité que je n'y avais pas mis les pied. J'y allais souvent quand je travaillais à la Maison de la Presse, située juste en face.

burgerking,chicoutimi,publicité,ketchupMon menu d'autrefois m'est revenu à la mémoire:

"trio whopper junior avec fromage sans ketchup".

L'employée qui me servait m'a certifié qu'il n'y avait pas de ketchup dans ce sandwich (tiens, les choses ont changé, me suis-je dit), elle n'a donc pas cru bon d'inscrire cette précision en passant ma commande.

Résultat: j'ai eu du ketchup! Je ne sais pas pourquoi je déteste autant le ketchup (je n'ai rien contre la moutarde ou la mayonnaise), mais disons que cela a un peu gâté la sauce. J'en ai enlevé autant que j'ai pu.

Je demandais aussi "sans oignon" et je m'en suis souvenue... un peu trop tard: j'en avais croqué un morceau et je pue de la gueule: n'approchez pas!!!

Je n'ai pas oublié de demander le supplément de mayo pour les frites, ainsi qu'un couteau et une fourchette de plastique. Ils me sont indispensables, car j'enlève la tranche de pain du dessus, superflue selon moi, après quoi je ne peux plus prendre le sandwich dans mes mains.

Comme je le faisais autrefois, j'ai mangé en parcourant le Journal de Québec, une publication que je lis très rarement.

Ce qui m'a le plus frappée, c'est que les avis de décès occupaient quinze pages (je les ai comptées)!

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Vous l'aurez deviné, mon whopper junior ressemblait à celui de droite sur la photo, pas à celui de gauche!

11/09/2011

Clowns en stock

clowns noirs,en attendant l'dégât d'eau,diogène,trac,saguenay,théâtre en régionEn reprenant un spectacle monté en 2006, le Théâtre du Faux-Coffre fait preuve d'audace et conclut avec panache le cycle de spectacles solos proposés par chacun des cinq Clowns noirs en 2010-2011. (J'ai vu quatre d'entre eux, tous excellents). Ils se mettent à cinq pour offrir au public un opus renouvelé, amusant et terrifiant: En attendant l'dégât d'eau (la dernière représentation avait lieu samedi).

 

Et voilà donc Diogène, Trac, Contrecoeur, Grossomodo et Piédestal (leurs portraits sont ici) aux prises avec leur éternelle bibitte: comment être artiste, et en vivre, surtout en région éloignée.

Subventions refusées: ils meurent de faim.

Seule solution: travailler pour des gens qui les paieront.

Clown dans un hôpital, dans un cirque clowns noirs,en attendant l'dégât d'eau,diogène,trac,saguenay,théâtre en régiondes horreurs, clown sans frontière: ils essaiment dans une multitude de décors, bar, rodéo, cirque, le tout figuré par quelques draps, un grand coffre en planches, une boîte de carton et quelques accessoires. Seul Piédestal n'a pas trouvé d'emploi: ayant simulé une grippe aviaire pour éviter d'être mangé par ses amis affamés(!), il doit aller se faire soigner à l'hôpital. Mais il voyagera, lui aussi...

Chacun des cinq comédiens incarne plusieurs des personnages de cette galerie extravagante et hilarante, montrant sa polyvalence et les multiples facettes de son talent. Ils savent chanter, mimer, crier, parler sur tous les tons, chuchoter, grimacer, courir, sous les traits d'un vieux malcommode, d'un médecin incompétent, d'un douanier qui a des problèmes personnels, d'un cowboy dépressif, d'une femme (bravo Trac!), d'un avion...

Ils expriment tout: angoisse, espoir, colère, tristesse, générosité, lâcheté, courage, selon ce qui leur arrive. Ce sont des clowns humains, nos frères.

L'intrigue se développe aussi: traqués, ils doivent échapper aux agents de la brigade anticultures.

C'est vivant et rigolo, un peu brouillon à l'occasion, mais tout de même, les clowns noirs

naviguent avec bonheur entre parodie, imitation, citation et texte original.

Sans oublier le tissage du récit, les réminiscences (par exemple aux spectacles solos), les rappels d'une scène à l'autre. On déclame du Shakespeare, Tchaïkovsky signe la musique, on émaille le tout d'allusions à l'actualité régionale et internationale.

Même Tintin est de la partie: l'affiche évoque l'album Coke en Stock, une scène de la pièce reproduit celle où Tintin découvre des esclaves enfermés dans la cale d'un bateau, et le reporter belge joue un rôle dans le dénouement de l'intrigue.

Le tout tendu sur la fiction, établie dès le départ en complicité avec le public, d'un déluge imminent, dont les clowns noirs veulent sauver les gens, du moins ceux qui sont assis devant eux.

Vendredi, la salle Murdock était comble et le public a eu pour son argent... le prix d'entrée étant fixé à 137$ pour les adultes (voyez le billet que Diogène a confectionné pour moi, pour ma collection). Cependant, si on apportait une boîte de conserve (article de survie en cas de déluge) on ne payait que 20$.

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Enfin, bref, c'était une bien agréable soirée.

Roger Blackburn écrivait dans Le Quotidien (article complet ici):

"Trahison, coup de théâtre, la brigade anticulture se cache dans tous les coins de l'aventure afin de prendre au piège ces artistes qui osent faire du théâtre dans une région éloignée. Chaque clown de la troupe campe bien son caractère, qu'il soit naïf, tendre, joyeux, paresseux, intello, cartésien, sensible, colérique, chacun fait avancer l'histoire. Patrice Leblanc, dans le rôle de Trac, avec son bâton de baseball comme accessoire de théâtre, se retrouve dans la peau de plusieurs personnages avec toujours autant d'intensité. Même les clowns sans éclat, triste et ternes arrivent à réveiller des graines de héros en eux."

On ne saurait mieux dire.

Bravo aux Clowns noirs!

09/09/2011

Amélie Nothomb: une forme de livre

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J'aime bien Amélie Nothomb. J'ai lu presque tous ses romans, et chacun d'eux m'a étonnée, charmée et amusée.
Je ne sais pas si l'histoire littéraire la retiendra comme une grande auteure, et au fond peu m'importe: je la trouve spéciale comme personne, elle m'est fort sympathique et j'aime lire ses livres. Dans le dernier en date, intitulé Une forme de vie, elle se met elle-même en scène, à la fois comme narratrice et comme personnage portant son vrai nom.
Un soldat américain basé en Irak lui écrit des lettres qui piquent sa curiosité. Elle apprend qu'il est obèse, comme beaucoup de ses camarades. C'est un mal qui ronge l'armée américaine: manger est l'équivalent de prendre de la drogue, lui avoue-t-il, ça fait oublier toute l'horreur  et le stress de la guerre. Je ne révèle rien sur l'histoire en disant cela, car ce n'est pas ça l'histoire.amélie nothomb,une forme de vie,roman,lecture
Amélie Nothomb se prend au jeu, répond à ses lettres et finit par accepter de rencontrer son gros correspondant.
J'ai adoré. C'est fin, zesté d'allusions et de références, la critique sociale affleure sans s'imposer. Ses considérations sur les relations humaines et sur l'écriture sont à la fois féroces et délicieuses.

Le style léger gratte délicatement les apparences anodines ou ridicules pour révéler la détresse tapie au fond de l'âme.

Ce n'est pas ce qu'on pense au début... c'est encore mieux.
C'est court, impertinent... pertinent.

06/09/2011

Moment charmant

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(Le MS Maasdam à Québec)


Le MS Maasdam a fait escale à La Baie la semaine dernière: cet imposant navire de croisière ne devait pas venir à Saguenay à ce moment-là, mais il a changé d'itinéraire à cause de l'ouragan Irène.

Nous avions vu ce même Maasdam à Québec, quand nous sommes passés le long des quais en juillet dernier.

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Derrière un hublot, j'ai aperçu un petit garçon blond, je lui ai fait bonjour de la main, il m'a répondu...

Voyez-le de plus près:

maasdam,québec,saguenay,la baie,croisièreRencontre improbable, le charme d'un instant...

04/09/2011

Souvenirs volcaniques

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(L'Etna: autour du cratère)

Dans Le Soleil récemment, un reportage sur le Stromboli, ce volcan situé sur une île de la mer Tyrrhénienne, au large de l'Italie et de la Sicile.

Nous aperçu le Stromboli, rapidement et de loin, par les vitres d'un autocar alors que nous roulions le long de la côte calabraise en direction de Naples, il y a quelques années.

En revanche, nous avons vu de très près un autre volcan sicilien, l'Etna: nous l'avons gravi et avons marché sur et dans un de ses cratères. Mon conjoint était réticent à faire cette excursion, car on lui avait raconté des bobards, par exemple que l'on risquait de voir fondre nos chaussures en marchant dans la cendre encore chaude. Mais il n'avait pas trop le choix, il a suivi le groupe.

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Moi je n'aurais manqué ça pour rien au monde, et c'était tout simplement extraordinaire. Une lente ascension en autobus vers le sommet d'où s'échappaient quelques fumerolles.

L'Etna, comme le Stromboli, est toujours en activité et a connu plusieurs éruptions avant et après notre passage, dont une très importante en mai dernier (photo ci-dessus).

Le bus s'arrêtait toutefois bien avant le sommet, près d'un grand cratère sur le flanc nord du volcan. Pour se rendre jusqu'au sommet, il aurait fallu prendre le téléphérique, mais bien entendu, nous n'en avions pas le temps.

Peu importe, nous avons marché autour du cratère. Il ventait extraordinairement fort là-haut, et nous marchions dans plusieurs couches d'une espèce de poussière noire très fine (et tiède), qui nous entrait partout dans les vêtements et les yeux à cause du vent. Avec les plus braves du groupe, je suis descendue au fond de la cuvette!

Un paysage fabuleux, hors du temps, tout noir sous le ciel bleu, j'ai trippé très fort. Jack n'a jamais voulu l'avouer, mais je crois qu'il a aimé ça finalement: après s'être fait venter, il peut aujourd'hui se vanter (de l'avoir fait).

 

Le Vésuve et Pompéi

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Nous avons aussi vu de près un troisième volcan sicilien: le Vésuve, que nous apercevions du balcon de notre chambre, à Naples. Je ne sais pas si on peut l'escalader, mais l'intérêt, dans ce cas, c'est de visiter les ruines de  Pompéi (il y a aussi eu un texte récent dans la Presse ici), ville figée dans le temps (comme sa voisine Herculanum) après l'éruption du Vésuve survenue en l'ansicile,etna,pompéi,vésuve,stromboli,volcans 79.

Un guide compétent (prof d'université: ce sont les meilleurs!) nous a conduits dans les rues où nous avons vu des (reconstitutions de) corps figés. Nous avons marché dans les pas mêmes de ces hommes, femmes, enfants, animaux qui furent littéralement momifiés dans le dernier geste de leur vie: courir, manger, dormir...

Le long des rues, les vestiges bien conservés (restaurés dans certains cas) des maisons, restaurants, échoppes, bordels (très intéressants, ceux-là: les clients choisissaient leur traitement en pointant du doigt de petites fresques fort explicites, ancêtres de nos pictogrammes).

La visite de l'Etna étonne et fascine, tandis que celle de Pompéi aboli par le Vésuve a quelque chose de prenant et de bouleversant, car elle nous fait réfléchir au passé, à la mort, à la fragilité de toute vie.